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Une échelle de temps revisitée pour l'évolution humaine basée sur les génomes mitochondriaux anciens
Figure :
*Arbre phylogénétique de 54 Hommes modernes actuels, 10 Hommes modernes anciens, et sept Hommes archaïques *
Ce qui nous intéresse ici est
Les dates de divergence des Hommes modernes
Les dates de divergences Hommes modernes non-africains / Homme moderne subsaharien
Origine géographique des Hommes modernes actuels qui permet de replacer l'origine africaine du clade de l'Homme moderne
Introduction à l'article :
Pour retracer la séparation de deux entités biologiques, l'étude de la vitesse d'accumulation des différences dans les séquences d'ADN est une démarche très informative. Pour estimer le taux de substitution, le registre fossile est souvent utilisé. Pourtant, le caractère discontinu de ce dernier ne permet pas la datation de toute les séparations de lignées. Estimer le taux de substitution d'un groupe biologique, et de la lignée humaine en particulier, est donc un enjeu majeur pour comprendre son évolution et reste sujet à débat.
De nouvelles méthodes permettent de calculer le taux de substitution directement, en se passant du registre fossile. De manière intéressante, les taux de substitution estimés sont moitié moins importants que ceux proposés avec la calibration fossile. Cette diminution du taux de substitution estimé a des conséquences majeurs sur l'inférence des événements clés de l'évolution humaine et dans notre compréhension de l'origine géographique de l'Homme moderne
Expériences de l'article :
Utilisation des génomes mitochondriaux complets de 10 hommes archaïques datés solidement. Ils permettent la reconstitution d'une phylogénie incorporant aussi 63 ADN mitochondriaux d'Hommes modernes.
Estimation du taux de substitution en utilisant les taxons datés par radiocarbone (par régression linéaire).
Utilisation de ce taux de substitution pour inférer l'âge du plus récent ancêtre commun des Hommes modernes, ainsi que celui des lignées non-africaine et subsaharienne.
Résultats de l'article :
Le taux de substitution estimé est de l'ordre de 1.6 fois plus élevé que celui obtenu par calibration fossile
Cela permet d'inférer une divergence de la lignée des Hommes modernes (par le proxy de la coalescence des ADN mitochondriaux) à 120-197 mille ans. De même, la séparation de la lignée non-africaine est estimée à 62-95 mille ans.
Rigueur de l'article :
Une zone d'ombre à soulever est l'incongruence des résultats obtenus par l'estimation du taux de substitution par l'utilisation de l'ADN nucléaire (et non pas mitochondrial). Le auteurs proposent donc d'utiliser leur méthode (inférence en utilisant de l'ADN ancien)
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article livre un scénario clair et bien argumenté sur l'origine géographique de l'Homme moderne. En effet, l'obtention de cet arbre phylogénétique daté, permet de reconstruire l'événement de dispersion des Hommes modernes hors d'Afrique. Cet événement aurait eu lieu entre 62 et 95 mille ans et aurait donné lieu à la divergence des lignées subsahariennes et non-africaines. Ces résultats vont à l'encontre de l'hypothèse multi-régionale de l'Homme moderne.
Publiée il y a plus de 8 ans
par
S. Julien.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Une échelle de temps revisitée pour l'évolution humaine basée sur les génomes mitochondriaux anciens
*Arbre phylogénétique de 54 Hommes modernes actuels, 10 Hommes modernes anciens, et sept Hommes archaïques *
Ce qui nous intéresse ici est
Pour retracer la séparation de deux entités biologiques, l'étude de la vitesse d'accumulation des différences dans les séquences d'ADN est une démarche très informative. Pour estimer le taux de substitution, le registre fossile est souvent utilisé. Pourtant, le caractère discontinu de ce dernier ne permet pas la datation de toute les séparations de lignées. Estimer le taux de substitution d'un groupe biologique, et de la lignée humaine en particulier, est donc un enjeu majeur pour comprendre son évolution et reste sujet à débat.
De nouvelles méthodes permettent de calculer le taux de substitution directement, en se passant du registre fossile. De manière intéressante, les taux de substitution estimés sont moitié moins importants que ceux proposés avec la calibration fossile. Cette diminution du taux de substitution estimé a des conséquences majeurs sur l'inférence des événements clés de l'évolution humaine et dans notre compréhension de l'origine géographique de l'Homme moderne
Utilisation des génomes mitochondriaux complets de 10 hommes archaïques datés solidement. Ils permettent la reconstitution d'une phylogénie incorporant aussi 63 ADN mitochondriaux d'Hommes modernes.
Estimation du taux de substitution en utilisant les taxons datés par radiocarbone (par régression linéaire).
Utilisation de ce taux de substitution pour inférer l'âge du plus récent ancêtre commun des Hommes modernes, ainsi que celui des lignées non-africaine et subsaharienne.
Le taux de substitution estimé est de l'ordre de 1.6 fois plus élevé que celui obtenu par calibration fossile
Cela permet d'inférer une divergence de la lignée des Hommes modernes (par le proxy de la coalescence des ADN mitochondriaux) à 120-197 mille ans. De même, la séparation de la lignée non-africaine est estimée à 62-95 mille ans.
Une zone d'ombre à soulever est l'incongruence des résultats obtenus par l'estimation du taux de substitution par l'utilisation de l'ADN nucléaire (et non pas mitochondrial). Le auteurs proposent donc d'utiliser leur méthode (inférence en utilisant de l'ADN ancien)
Cet article livre un scénario clair et bien argumenté sur l'origine géographique de l'Homme moderne. En effet, l'obtention de cet arbre phylogénétique daté, permet de reconstruire l'événement de dispersion des Hommes modernes hors d'Afrique. Cet événement aurait eu lieu entre 62 et 95 mille ans et aurait donné lieu à la divergence des lignées subsahariennes et non-africaines. Ces résultats vont à l'encontre de l'hypothèse multi-régionale de l'Homme moderne.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.