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La translocation des carnivores comme méthode de gestion des animaux à problème
Résumé de la review :
1) Etat des lieux
La translocation est un outil qui a souvent été utilisé pour réguler les conflits avec les carnivores, notamment en Amérique du Nord et en Afrique. Dans ces régions la translocation a été utilisée pour retirer et déplacer des individus « à problème » depuis des zones avec conflits, comme les attaque sur le bétail. Cette technique a été largement utilisée car à l’inverse d’une méthode létale, celle-ci est bien acceptée par le public. Comme le nombre de carnivores tend à augmenter en Europe, cette review fait le point sur les résultats de différentes translocations de carnivores, en vue d’utiliser cette technique pour régler les conflits à venir entre les carnivores en Europe et les activités humaines, comme le problème de coexistence entre le loup et le pastoralisme dans les Alpes. Il existe deux types de translocation : la translocation « dure », où l’animal est tout de suite transféré et relâché dans son nouvel environnement, et la translocation « douce » où il y a une phase d’acclimatation entre la période de capture et le lâché.
2) Réponses de différents carnivores à la translocation
Cette review présente les différentes réponses de différentes familles et groupes de carnivores à la translocation. Dans un souci de synthèse et comme les différentes familles et groupes présentent globalement les mêmes réponses à la translocation, nous ne détaillerons pas ces réponses pour chaque famille et groupe. Les familles et groupes de carnivores présentés par cette review sont les suivants : Ursidés, Félidés, Loups, Mustélidés et Rapaces.
Réponses des carnivores et risques dus à la translocation :
-Les individus déplacés retournent dans leur habitat d’origine, et prédatent ou non à nouveau les mêmes troupeaux. Les mâles sont les plus aptes à retourner dans la zone de capture, les jeunes se déplacent moins que les adultes.
-Les individus ne retournent pas dans leur habitat d’origine mais ne restent pas non plus dans leur zone de lâché.
-Les individus qui se déplacent rentrent dans de nouvelles zones de conflits.
-Les animaux déplacés plusieurs fois montrent un instinct de retour encore plus fort.
-Augmentation du risque de mortalité lorsqu’un individu se déplace sur une grande distance (accidents de la route, accidents de train, chasse, etc.). Les résultats montrent que la forte mortalité est souvent due aux Hommes et non aux éléments naturels. Les animaux déplacés survivent au processus de translocation jusqu’à ce qu’ils se retrouvent de nouveau dans des zones à risque ou à conflit.
-La présence d’obstacles d’origine naturelle ou anthropique ne réduit pas l’instinct des animaux à retourner dans leur environnement d’origine.
-Les femelles ont un taux de fécondité plus faible l’hiver qui suit une translocation.
-Pas de différence entre les taux de survie d’animaux transloqué et non transloqué, sauf pour les oursons lorsqu’ils le sont avec la mère. Cependant il peut y avoir une mortalité supérieure due à la capture ou au transport, et aux conflits avec les individus résidents dans la zone de translocation.
-Les individus relâchés dans des zones de conflits font encore plus de dégâts que dans la zone initiale.
-Des différences apparaissent entre translocation « dure » et translocation « douce » : les individus ayant passé quelques mois dans des parcs ont tendance à rester groupés après le lâché, à l’inverse de ceux directement libérés après captures qui se dispersent rapidement.
-Le déplacement d’individus, même en grand nombre, ne permet pas dans tous les cas de réduire les conflits.
Rigueur de la review :
Cette review est très rigoureuse, notamment parce qu'elle ne porte aucun jugement de valeur au sujet de la translocation, elle pointe seulement du doigt la nécessité de conduire plus de recherches sur cette technique.
Ce que cette review apporte au débat :
Une meilleure compréhension du processus de translocation est primordiale pour envisager d’autres solutions aux conflits. Les translocations peuvent être positives, dans le cas où l’animal reste dans la zone de lâché et ne rentre plus en conflit, ou négatives, quand l’animal se déplace après translocation pour retourner dans la zone de capture ou rentrer en conflit de nouveau. Cette review met l’accent sur le manque de suivi des animaux transloqués et montre qu’il n’est pas possible de faire des généralités sur les résultats et les réponses des animaux à la translocation. Chaque espèce et chaque individu répond différemment à la translocation. Cette review ouvre également le débat sur les différents types de translocation, « dure » ou « douce », qui ont une influence sur la réussite ou non de la translocation. Finalement, la review insiste aussi sur le fait qu’une translocation est chère et requière des équipements spéciaux, du personnel qualifié et du temps.
Publiée il y a plus de 8 ans
par
theo.chateaugiron.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
La translocation des carnivores comme méthode de gestion des animaux à problème
Résumé de la review :
1) Etat des lieux
La translocation est un outil qui a souvent été utilisé pour réguler les conflits avec les carnivores, notamment en Amérique du Nord et en Afrique. Dans ces régions la translocation a été utilisée pour retirer et déplacer des individus « à problème » depuis des zones avec conflits, comme les attaque sur le bétail. Cette technique a été largement utilisée car à l’inverse d’une méthode létale, celle-ci est bien acceptée par le public. Comme le nombre de carnivores tend à augmenter en Europe, cette review fait le point sur les résultats de différentes translocations de carnivores, en vue d’utiliser cette technique pour régler les conflits à venir entre les carnivores en Europe et les activités humaines, comme le problème de coexistence entre le loup et le pastoralisme dans les Alpes. Il existe deux types de translocation : la translocation « dure », où l’animal est tout de suite transféré et relâché dans son nouvel environnement, et la translocation « douce » où il y a une phase d’acclimatation entre la période de capture et le lâché.
2) Réponses de différents carnivores à la translocation
Cette review présente les différentes réponses de différentes familles et groupes de carnivores à la translocation. Dans un souci de synthèse et comme les différentes familles et groupes présentent globalement les mêmes réponses à la translocation, nous ne détaillerons pas ces réponses pour chaque famille et groupe. Les familles et groupes de carnivores présentés par cette review sont les suivants : Ursidés, Félidés, Loups, Mustélidés et Rapaces.
Réponses des carnivores et risques dus à la translocation :
-Les individus déplacés retournent dans leur habitat d’origine, et prédatent ou non à nouveau les mêmes troupeaux. Les mâles sont les plus aptes à retourner dans la zone de capture, les jeunes se déplacent moins que les adultes.
-Les individus ne retournent pas dans leur habitat d’origine mais ne restent pas non plus dans leur zone de lâché.
-Les individus qui se déplacent rentrent dans de nouvelles zones de conflits.
-Les animaux déplacés plusieurs fois montrent un instinct de retour encore plus fort.
-Augmentation du risque de mortalité lorsqu’un individu se déplace sur une grande distance (accidents de la route, accidents de train, chasse, etc.). Les résultats montrent que la forte mortalité est souvent due aux Hommes et non aux éléments naturels. Les animaux déplacés survivent au processus de translocation jusqu’à ce qu’ils se retrouvent de nouveau dans des zones à risque ou à conflit.
-La présence d’obstacles d’origine naturelle ou anthropique ne réduit pas l’instinct des animaux à retourner dans leur environnement d’origine.
-Les femelles ont un taux de fécondité plus faible l’hiver qui suit une translocation.
-Pas de différence entre les taux de survie d’animaux transloqué et non transloqué, sauf pour les oursons lorsqu’ils le sont avec la mère. Cependant il peut y avoir une mortalité supérieure due à la capture ou au transport, et aux conflits avec les individus résidents dans la zone de translocation.
-Les individus relâchés dans des zones de conflits font encore plus de dégâts que dans la zone initiale.
-Des différences apparaissent entre translocation « dure » et translocation « douce » : les individus ayant passé quelques mois dans des parcs ont tendance à rester groupés après le lâché, à l’inverse de ceux directement libérés après captures qui se dispersent rapidement.
-Le déplacement d’individus, même en grand nombre, ne permet pas dans tous les cas de réduire les conflits.
Cette review est très rigoureuse, notamment parce qu'elle ne porte aucun jugement de valeur au sujet de la translocation, elle pointe seulement du doigt la nécessité de conduire plus de recherches sur cette technique.
Une meilleure compréhension du processus de translocation est primordiale pour envisager d’autres solutions aux conflits. Les translocations peuvent être positives, dans le cas où l’animal reste dans la zone de lâché et ne rentre plus en conflit, ou négatives, quand l’animal se déplace après translocation pour retourner dans la zone de capture ou rentrer en conflit de nouveau. Cette review met l’accent sur le manque de suivi des animaux transloqués et montre qu’il n’est pas possible de faire des généralités sur les résultats et les réponses des animaux à la translocation. Chaque espèce et chaque individu répond différemment à la translocation. Cette review ouvre également le débat sur les différents types de translocation, « dure » ou « douce », qui ont une influence sur la réussite ou non de la translocation. Finalement, la review insiste aussi sur le fait qu’une translocation est chère et requière des équipements spéciaux, du personnel qualifié et du temps.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.