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Effets nets de l'écotourisme sur la survie d'espèces menacées
Figure :
Trois exemples d'évolution des tailles de population pour 3 des 9 espèces étudiées : le macaque du Costa Rica (gauche), l'orange-outan à Sumatra (centre), le lion de mer à Nouvelle-Zélande (droite). Les courbes pleines représentent des résultats de simulation pour quatre niveaux d'écotourisme : fort (vert), moyen (bleu), faible (rouge), et nul (noir).
Pour le macaque, la population atteint un équilibre et la valeur de cet équilibre est corrélé positivement au niveau d'écotourisme. Pour le lion de mer, la taille de population est corrélée négativement à l'écotourisme, atteignant même l'extinction à fort écotourisme. Enfin pour l'orang-outan, la population s'éteint avec un écotourisme faible et nul, alors que la population augmente avec un écotourisme moyen ou fort.
Introduction à l'article :
Les parcs nationaux constituent un cadre efficace pour protéger les espèces menacées en protégeant l'habitat et en réalisant des suivis fréquents des populations. Ces parcs nationaux constituent également des zones importantes pour l'écotourisme : une augmentation des populations d'espèces charismatiques entraînent une attraction de touristes venus observer ces espèces dans leurs milieux naturels.
Ainsi, il peut-être intéressant d'étudier l'effet de l'écotourisme dans les parcs naturels sur la viabilité des populations.
Expériences de l'article :
Les auteurs ont procédé par une méthode de simulation de dynamique écologique pour prédire l'évolution de plusieurs populations animales charismatiques situées dans des parcs nationaux (guépard, vautour, tamarin, macaque, gibbon, manchot, orang-outan, lions de mers, lycaon) sur plusieurs continents.
Ces espèces ont été choisies pour 4 critères :
i) ces espèces ont été soumises à des études de simulation depuis plus de 15 ans ;
ii) elles sont attractives pour les touristes ;
iii) ils existent des résultats et des analyses sur les effets du tourisme sur ces populations ;
iv) ces données peuvent être converties en données démographiques pour pouvoir réaliser des simulations de dynamique écologique.
A partir des données écologiques existantes recueillies pour ces 9 populations, plusieurs niveaux d'écotourisme ont été simulés, et la dynamique des populations a été étudiée jusqu'à l'année 2050.
Résultats de l'article :
De manière globale, pour 7 espèces (macaque, gibbon, lycaon, guépard, tamarin, vautour, manchot), l'effet de l'écotourisme est positif ou neutre : la taille de la population est supérieure ou non significativement différente d'une situation sans écotourisme à l'année 2050.
Toutefois, pour une espèce (le lion de mer), l'effet de l'écotourisme est négatif : sous fortes pressions touristiques, la population tend à diminuer de taille, il est même prédit qu'elle puisse disparaître.
Pour l'orang-outan, le cas est plus complexe : la population diminue et disparaît au bout d'une trentaine d'années sous faible pression touristique. Par contre, sous forte pression touristique, la taille de la population augmente très rapidement.
Ce que cet article apporte au débat :
L'article montre que l'écotourisme pourrait avoir un effet bénéfique sur les populations des espèces charismatiques c'est à dire, les espèces susceptibles d'attirer les touristes. Cela permet à travers des effets directs de protection des habitats de ces populations de pérenniser l'écotourisme en gardant ces populations viables.
Dans certains cas, l'écotourisme permettrait même de compenser certaines perturbations anthropiques : ainsi un fort écotourisme serait nécessaire pour compenser l'intense déforestation pour permettre aux populations d'orang-outans indonésiennes d'être viables.
Toutefois, il est nécessaire de ne pas faire de généralités sur l'effet de l'écotourisme sur les espèces charismatiques. Ces analyses doivent ainsi prendre en compte : i) les paramètres écologiques des populations et ii) de l'intensité de l'écotourisme pour pouvoir prédire de manière réaliste l'impact de l'écotourisme sur les populations.
Effets nets de l'écotourisme sur la survie d'espèces menacées
Trois exemples d'évolution des tailles de population pour 3 des 9 espèces étudiées : le macaque du Costa Rica (gauche), l'orange-outan à Sumatra (centre), le lion de mer à Nouvelle-Zélande (droite). Les courbes pleines représentent des résultats de simulation pour quatre niveaux d'écotourisme : fort (vert), moyen (bleu), faible (rouge), et nul (noir).
Pour le macaque, la population atteint un équilibre et la valeur de cet équilibre est corrélé positivement au niveau d'écotourisme. Pour le lion de mer, la taille de population est corrélée négativement à l'écotourisme, atteignant même l'extinction à fort écotourisme. Enfin pour l'orang-outan, la population s'éteint avec un écotourisme faible et nul, alors que la population augmente avec un écotourisme moyen ou fort.
Les parcs nationaux constituent un cadre efficace pour protéger les espèces menacées en protégeant l'habitat et en réalisant des suivis fréquents des populations. Ces parcs nationaux constituent également des zones importantes pour l'écotourisme : une augmentation des populations d'espèces charismatiques entraînent une attraction de touristes venus observer ces espèces dans leurs milieux naturels.
Ainsi, il peut-être intéressant d'étudier l'effet de l'écotourisme dans les parcs naturels sur la viabilité des populations.
Les auteurs ont procédé par une méthode de simulation de dynamique écologique pour prédire l'évolution de plusieurs populations animales charismatiques situées dans des parcs nationaux (guépard, vautour, tamarin, macaque, gibbon, manchot, orang-outan, lions de mers, lycaon) sur plusieurs continents.
Ces espèces ont été choisies pour 4 critères :
i) ces espèces ont été soumises à des études de simulation depuis plus de 15 ans ;
ii) elles sont attractives pour les touristes ;
iii) ils existent des résultats et des analyses sur les effets du tourisme sur ces populations ;
iv) ces données peuvent être converties en données démographiques pour pouvoir réaliser des simulations de dynamique écologique.
A partir des données écologiques existantes recueillies pour ces 9 populations, plusieurs niveaux d'écotourisme ont été simulés, et la dynamique des populations a été étudiée jusqu'à l'année 2050.
De manière globale, pour 7 espèces (macaque, gibbon, lycaon, guépard, tamarin, vautour, manchot), l'effet de l'écotourisme est positif ou neutre : la taille de la population est supérieure ou non significativement différente d'une situation sans écotourisme à l'année 2050.
Toutefois, pour une espèce (le lion de mer), l'effet de l'écotourisme est négatif : sous fortes pressions touristiques, la population tend à diminuer de taille, il est même prédit qu'elle puisse disparaître.
Pour l'orang-outan, le cas est plus complexe : la population diminue et disparaît au bout d'une trentaine d'années sous faible pression touristique. Par contre, sous forte pression touristique, la taille de la population augmente très rapidement.
L'article montre que l'écotourisme pourrait avoir un effet bénéfique sur les populations des espèces charismatiques c'est à dire, les espèces susceptibles d'attirer les touristes. Cela permet à travers des effets directs de protection des habitats de ces populations de pérenniser l'écotourisme en gardant ces populations viables.
Dans certains cas, l'écotourisme permettrait même de compenser certaines perturbations anthropiques : ainsi un fort écotourisme serait nécessaire pour compenser l'intense déforestation pour permettre aux populations d'orang-outans indonésiennes d'être viables.
Toutefois, il est nécessaire de ne pas faire de généralités sur l'effet de l'écotourisme sur les espèces charismatiques. Ces analyses doivent ainsi prendre en compte : i) les paramètres écologiques des populations et ii) de l'intensité de l'écotourisme pour pouvoir prédire de manière réaliste l'impact de l'écotourisme sur les populations.
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