ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Titre de la review :

Biodiversité urbaine: schémas et mécanismes


Figure :

Figure 1. Modèle conceptuel de la façon dont l'abondance et la diversité des plantes sont directement contrôlées par les individus, les institutions et l'économie, tandis que d'autres composants biologiques ne sont contrôlés qu'indirectement par les humains. Les contrôles plus faibles sont indiqués en flèches pointillées; les contrôles plus forts sont indiqués par des flèches pleines.

Résumé de la review :

Introduction
La biodiversité est altérée par l'urbanisation (composition (CS), abondance, richesse spécifiques (RS) et équitabilité). La review étudie les variations de biodiversité de différents taxons entre villes, sous différents climats et les causes de ces changements.

1. Patrons de biodiversité animale des villes
La plupart des études analysées concernent les régions tempérées, les arthropodes et les oiseaux. Elles indique généralement une baisse de diversité, d'abondance et de RS avec l'urbanisation, et des variations entre taxons (ex. des oiseaux et des arthropodes). Les effets de l'urbanisation sur la biodiversité semblent varier selon le climat considéré.

2. Contrôle humain de la biodiversité végétale
Les humains contrôlent directement la diversité et l'abondance de la végétation en ville, selon le contexte socio-économique (ex. quartiers riches, métro). La végétation fournit habitats et ressources aux autres organismes, dictant leur abondance et leur diversité spécifique (ex. plantes exotiques et arthropodes).
A grande échelle, la RS et l'équitabilité végétales augmentent en ville. A petite échelle, les espèces natives déclinent. La ville est enfait une mosaïque allant d'une absence de végétation à des reliques d'habitats naturels.
Il faut beaucoup d'énergie et de ressources pour maintenir la végétation urbaine, qu'il s'agisse d'écosystèmes natifs préservés ou de conversions (parcs, jardins...). Ces conversions modifient la CS et l'abondance de la faune et des micro-organismes et les fonctions écosystémiques.
L'homme contrôle la végétation, mais a peu de contrôle sur les autres organismes.

3. Mécanismes des changements de biodiversité en ville
La fragmentation des habitats altère la RS, la CS et l'équitabilité des vertébrés, invertébrés et micro-organismes. La migration et l'extinction sont expliquées par la théorie de la biogéographie insulaire, mais d'autres mécanismes (écologiques, comportementaux) influencent la biodiversité (ex. oiseaux de Seattle). Généralement, il y a un déclin de la RS avec l'urbanisation, sauf exceptions (ex. oiseaux et théorie des perturbations intermédiaires). L'impact des perturbations varie selon le taxon et les caractéristiques de la ville. Des modèles montrent une augmentation puis une diminution de la richesse spécifique avec l'augmentation de la productivité en ville (cf théorie des perturbations intermédiaires). Comprendre comment l'urbanisation affecte les réseaux trophiques et les interactions est primordial pour étudier l'impact de l'urbanisation sur la biodiversité.

4. Les villes sont-elles des habitats uniques?
Les facteurs abiotiques influencent la biodiversité. Comme certains de ces facteurs sont restreints aux villes (routes, lumière...), on les considère souvent comme de nouveaux habitats. Or presque tous les habitats urbains auraient des équivalents naturels (exemples). Enfait, les villes diffèreraient des habitats naturels par l'intensité, l'échelle, l'étendue et la combinaison des pressions de sélection, ce qui forme des populations urbaines distinctes des populations sauvages. La végétation est contrôlée par l'homme mais les processus écologiques et évolutifs dominent, comme sur les autres écosystèmes.

5. Prescriptions pour la conservation et la gestion de la biodiversité urbaine
Mettre en place des mesures de conservation pertinentes passe par l'éducation.
Des mesures de protection, de restauration ou de reconstruction des habitats sont souvent adoptées. Or, ces mesures sont limitées à la végétation et il faut approfondir nos connaissances sur les autres taxons pour une conservation à long terme.

Résumé et conclusions
Les patrons de biodiversité urbaine sont partiellement bien documentés. L'homme contrôle directement la végétation et indirectement les autres taxons. L'altération de la biodiversité est liée à la fragmentation et aux facteurs abiotiques. Les villes diffèrent des zones périurbaines par la façon dont sont associés ces facteurs.

Rigueur de la review :

La review prend en compte les biais géographiques et méthodologiques présents dans la littérature. Elle répond à la problématique en s'appuyant sur plusieurs exemples, sans conflit d'intérêt perceptible.

Ce que cette review apporte au débat :

La review permet de bien faire le discernement entre le patrons de biodiversité végétale et des autres taxons, ainsi que les différentes façons dont la biodiversité est impactée par l'homme et ses activités. Elle insiste sur le manque de connaissances actuelles concernant une grande proportion de taxons. De plus, elle donne des tendances générales mais aussi des contre-exemples.

Publiée il y a plus de 8 ans par C. Plancher et C. Blot.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.