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Titre de l'article :

Analyse quantitative de la date d'origine et de la diversification des ordres de placentaires existants


Figure :

Visisons alternatives de la diversification ordinale des Placentaires. En gras (x, y et z) représente la diversification intra-ordinale du groupe couronne. (A) Modèle explosif : origine et diversification début Tertiaire, (B) Modèle long fusible : origine inter-ordinale dans le Crétacé et diversification intra-ordinale début Tertaire, (C) Modèle court fusible : origine et diversification au Crétacé. Abbréviation : Eutheriens; Placentaire

Source : cet article

Introduction à l'article :

De nombreuses études moléculaires soutiennent que les clades majeurs des organismes, comme les ordres des oiseaux, des mammifères et l’embranchement des métazoaires prennent leurs origines bien plus tôt que le témoigne le registre fossile. De même plusieurs études utilisant le registre fossile ont démenties que ses estimations étaient fondamentalement correctes pour l'origine de plusieurs clades. Une méta-analyse de Benton et al (2000), affirme qu’il y’a une bonne congruence entre la statigraphie et la phylogénie et relève une distinction entre « exhaustivité » et « adéquation » des archives fossiles. Les registres fossiles les plus antérieurs seraient certes incomplets mais adéquats pour examiner les grandes tendances de l’histoire de la vie. Cette étude apporte une analyse quantitative des archives fossiles couplée à plusieurs tests de Monte Carlo pour examiner l’origine et la diversification des ordres de placentaires existants.

Expériences de l'article :

Une compilation d’une nouvelle tabulation globale des aires géochronologiques des 18 ordres existants de mammifères placentaires reconnus a été effectuée, comprenant 4672 genres placentaires reconnus dans la classification des mammifères. Plusieurs variables sont prise en compte telle que les localités (3358), les plus récents âges estimés et les possibles biais biogéographiques (car l'Amérique du Nord et l'Asie sont mieux représentées).
Des tests de permutations de Monte Carlo pour les apparitions des ordres sont effectués afin de savoir si celles-ci sont bien estimées ou si ce n'est qu'un artefact d'un registre fossile incomplet. Deux modèles nuls sont utilisés : taux constant d’apparition des ordres ou évolution des ordres décrit comme un processus de branchement aléatoire. Deux jeux de simulations : les ordres peuvent apparaître tout le long du registre (105 MA) ou seulement entre l'approximation de la première et de la dernière apparition (60 MA).

Résultats de l'article :

Les résultats confortent le patron d’apparition et de radiation intra-ordinale des placentaires existants dans les premiers 16 MA du Paléogène pour 15 des 18 ordres. L'apparition des Macroscelidea et des Tubulidentata aurait eu lieu plus tard (milieu Paléogène) et seuls les Lipotyphlas à la fin Crétacé. La radiation inter-ordinale aurait commencé plus tôt, dans la fin Crétacé.

Le nombre d’ordre montre un saut prononcé à la limité K-Pg alors que le nombre de genre augmente de façon linéaire. L'évaluation quantitative et les tests de Monte Carlo confirment que cette augmentation rapide entre 65 et 49 MA ne peut être expliquée par un biais d’échantillonnage ou biogéographique.

L'ensemble du registre fossile connu est en accord avec une radiation intra-ordrinale après la crise K-Pg pour la majorité des ordres de placentaires existants. De plus, les résultats confirment l'adéquation des données fossiles avec la phylogénie.

Ce que cet article apporte au débat :

Trois modèles d'apparition et de diversification sont proposés pour la première fois :

  • Modèle explosif, origine (= inter-ordinal) et diversification (= intra-ordinal) après la crise
  • Modèle long fusible, origine avant et diversification après
  • Modèle court fusible, origine et diversification avant

Le modèle long fusible serait correct pour certains clades (Ongulés et relatifs), mais le registre fossile ne peut trancher entre modèle explosif ou long fusible . Il contredit cependant les données moléculaires qui font remonter les clades superordinaux des placentaires dans le Crétacé (modèle court fusible).

Cette discordance pourrait provenir d’une trop forte hypothèse d’horloge moléculaire (accumulation constante de différences dans les séquences de certains gènes). Il y’aurait d’avantage de variation dans les taux de changements entre gènes et entre taxons en lien avec les fortes réorganisations biotiques qui ont suivi la crise K-Pg.

Remarques sur l'article :

Article qui apporte de précieux éclaircissements sur les connaissances de son époque sur la controverse. Dans un contexte où les analyses moléculaires récentes s'opposaient complètement au registre fossile et où un manque de cohérence des données fossiles était à combler.

Publiée il y a plus de 8 ans par A. Laverré et E. Zarzoso.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.