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Est-ce que les effets négatifs de l'écotourisme sur la faune sauvage sont sur-représentés ? Une revue des méthodes d'évaluation et des résultats empiriques.
Introduction à la méta-analyse :
Actuellement, beaucoup d'études ont essayé de déterminer l'impact de l'écotourisme sur la biodiversité, et un grand nombre d'entre elles ont soulevé l'aspect négatif des activités touristiques sur la faune sauvage : ainsi 88% des études portant sur l'effet de l'écotourisme sur les populations d'oiseaux ont montré un lien négatif entre l'écotourisme et la viabilité des populations.
Pourtant, une grande majorité de ces études se sont seulement intéressées à donner une réponse qualitative (existe t-il un impact ? positif ou négatif ?) et rarement à quantifier cet impact. Cette méta analyse vise à quantifier l'impact de l'écotourisme sur la faune sauvage, en différenciant les différentes méthodes utilisées pour évaluer l'impact de l'écotourisme sur les différents taxons principalement étudiés (oiseaux, mammifères...).
Expériences de la méta-analyse :
Les articles utilisés dans la méta-analyse ont été sélectionnés sur plusieurs critères :
i) les études ayant comparées des réponses dans des populations soumises et non soumises à l'écotourisme ;
ii) les études portant sur des populations animales ;
iii) les études qui ont mesurée des réponses d'évitement (fuite, augmentation de la vigilance), d'allocation du temps aux différentes activités (repos, recherche de nourriture, locomotion, agression) ou de réponses physiologiques ou immunitaires (stress..).
102 articles représentant 99 espèces animales différentes ont été sélectionnées pour cette méta-analyse.
Un indice, d pour chaque réponse écologique et pour chaque étude a été calculé . Cet indice a été développé pour être compris entre -1 et 1 ; si d < 0, l'impact de l'écotourisme est négatif, si d > 0, il est positif. De plus si d est compris entre 0 et 0.3, l'impact est faible, s'il est compris entre 0.3 et 0.8, l'impact est moyen, et enfin s'il est supérieure à 0.8 l'impact est fort.
Résultats de la méta-analyse :
La grande majorité des études sont sur des oiseaux (48%) ou sur des mammifères (37%), 9% de poissons, 5% de reptiles et 1% d'invertébrés.
En ce qui concerne les réponses de fuite face aux touristes, il existe des différences entre taxons : les oiseaux montrent globalement une réponse positive (ils acceptent une proximité plus importante avec les touristes) alors que les mammifères ont une réponse négative (ils fuient plus facilement en présence de touristes). Pour ce qui est des réponses physiologiques et des réponses d'allocation des activités, aucune différence de réponse à l'écotourisme n'a été détectée entre taxons.
Les résultats montrent une grande variabilité des impacts en fonction de l'espèce, du taxon et des réponses écologiques. Pour chaque réponse écologique, les valeurs de d sont réparties de part et d'autre de 0, de telle sorte qu'il existe approximativement autant de situations où l'écotourisme est positif et où il est négatif.
Ce que cette méta-analyse apporte au débat :
Cette étude montre que beaucoup d'effets négatifs de l'écotourisme seraient surestimés. La principale raison invoquée est le manque de données quantitatives : beaucoup d'auteurs concluent sur un impact négatif du tourisme sur la biodiversité à partir de différences entre populations impactées par l'écotourisme et celles non impactées. Une quantification de cette différence montrerait, globalement, une réponse faible.
L'étude montre que de nombreux facteurs confondant peuvent expliquer ces différences : l'effet de la saison, de l'habitat, etc. Les réponses des individus face aux perturbations anthropiques sont complexes et il est difficile de définir des tendances générales par rapport à la réponse écologique étudiée (stress, fuite) ou du taxon étudié (oiseau, mammifère..). Les réponses sont spécifiques à l'espèce, au paramètre écologique, voire même à la zone géographique étudiée. Il est important de considérer chacun de ses éléments afin de conclure sur l'impact de l'écotourisme.
Est-ce que les effets négatifs de l'écotourisme sur la faune sauvage sont sur-représentés ? Une revue des méthodes d'évaluation et des résultats empiriques.
Introduction à la méta-analyse :
Actuellement, beaucoup d'études ont essayé de déterminer l'impact de l'écotourisme sur la biodiversité, et un grand nombre d'entre elles ont soulevé l'aspect négatif des activités touristiques sur la faune sauvage : ainsi 88% des études portant sur l'effet de l'écotourisme sur les populations d'oiseaux ont montré un lien négatif entre l'écotourisme et la viabilité des populations.
Pourtant, une grande majorité de ces études se sont seulement intéressées à donner une réponse qualitative (existe t-il un impact ? positif ou négatif ?) et rarement à quantifier cet impact. Cette méta analyse vise à quantifier l'impact de l'écotourisme sur la faune sauvage, en différenciant les différentes méthodes utilisées pour évaluer l'impact de l'écotourisme sur les différents taxons principalement étudiés (oiseaux, mammifères...).
Les articles utilisés dans la méta-analyse ont été sélectionnés sur plusieurs critères :
i) les études ayant comparées des réponses dans des populations soumises et non soumises à l'écotourisme ;
ii) les études portant sur des populations animales ;
iii) les études qui ont mesurée des réponses d'évitement (fuite, augmentation de la vigilance), d'allocation du temps aux différentes activités (repos, recherche de nourriture, locomotion, agression) ou de réponses physiologiques ou immunitaires (stress..).
102 articles représentant 99 espèces animales différentes ont été sélectionnées pour cette méta-analyse.
Un indice, d pour chaque réponse écologique et pour chaque étude a été calculé . Cet indice a été développé pour être compris entre -1 et 1 ; si d < 0, l'impact de l'écotourisme est négatif, si d > 0, il est positif. De plus si d est compris entre 0 et 0.3, l'impact est faible, s'il est compris entre 0.3 et 0.8, l'impact est moyen, et enfin s'il est supérieure à 0.8 l'impact est fort.
La grande majorité des études sont sur des oiseaux (48%) ou sur des mammifères (37%), 9% de poissons, 5% de reptiles et 1% d'invertébrés.
En ce qui concerne les réponses de fuite face aux touristes, il existe des différences entre taxons : les oiseaux montrent globalement une réponse positive (ils acceptent une proximité plus importante avec les touristes) alors que les mammifères ont une réponse négative (ils fuient plus facilement en présence de touristes). Pour ce qui est des réponses physiologiques et des réponses d'allocation des activités, aucune différence de réponse à l'écotourisme n'a été détectée entre taxons.
Les résultats montrent une grande variabilité des impacts en fonction de l'espèce, du taxon et des réponses écologiques. Pour chaque réponse écologique, les valeurs de d sont réparties de part et d'autre de 0, de telle sorte qu'il existe approximativement autant de situations où l'écotourisme est positif et où il est négatif.
Cette étude montre que beaucoup d'effets négatifs de l'écotourisme seraient surestimés. La principale raison invoquée est le manque de données quantitatives : beaucoup d'auteurs concluent sur un impact négatif du tourisme sur la biodiversité à partir de différences entre populations impactées par l'écotourisme et celles non impactées. Une quantification de cette différence montrerait, globalement, une réponse faible.
L'étude montre que de nombreux facteurs confondant peuvent expliquer ces différences : l'effet de la saison, de l'habitat, etc. Les réponses des individus face aux perturbations anthropiques sont complexes et il est difficile de définir des tendances générales par rapport à la réponse écologique étudiée (stress, fuite) ou du taxon étudié (oiseau, mammifère..). Les réponses sont spécifiques à l'espèce, au paramètre écologique, voire même à la zone géographique étudiée. Il est important de considérer chacun de ses éléments afin de conclure sur l'impact de l'écotourisme.
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