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Le destin d'une introduction intentionnelle de Formica lugubris d'Europe en Amérique du Nord
Introduction à l'article :
Les fourmis rouges des bois sont communes dans les forêts de conifères en Europe et en Asie mais leur présence est faible en Amérique du Nord. Elles sont considérées comme des prédateurs d'insectes défoliants (qui font tomber les feuilles).
Depuis 40 ans, de nombreuses introductions de fourmis ont été tentées afin de réduire l'impact négatif des insectes défoliants. Dans les années 70, Formica lugubris a été introduite au Canada depuis l"Italie. Un an après leur réintroduction, cinq grands nids étaient en place.
Le but de cet article est de revisiter les nids 34 ans après pour :
déterminer si les nids ont survécu
déterminer la population de fourmis
comparer la densité des nids entre le Canada et l'Europe
déterminer si la distribution des nids est aléatoire ou regroupé en tant que supercolonie
Expériences de l'article :
Les nids sont situés dans une aire forestière de 3.8 ha. Chaque nid est positionné par GPS et la taille et le périmètre ont été mesurés. Les nids ont été notés actifs ou abandonnés. Le volume de chaque nid a aussi été calculé.
Les nids des années 70 avaient été protégés par du grillage et du bois. Si des nids sont retrouvés avec ces protections, les auteurs suggèrent qu'ils ont persisté jusqu'à maintenant.
Résultats de l'article :
Le nombre de nids et le nombre d'individus ont augmenté. Les auteurs ont retrouvé 114 nids dont 21 abandonnés. Leur taille était comprise entre 2 et 105 cm pour une moyenne de 64.6 cm et leur périmètre était compris entre 5 et 192 cm pour une moyenne de 33.7 cm. Les nids ont un volume moyen de 0.404 mètres cube. Ces nids sont ainsi plus grands que ceux retrouvés en Irlande et en Angleterre.
La densité des nids sur le site est de 24.5 nids/ha ce qui correspond à une densité supérieure que celles retrouvées en Europe. Le site est dominé par les petits nids.
Dans les 9 nids protégés dans les années 70, seuls 2 ont été abandonnés. Dans les années 80, 17 nids avaient été protégés et les auteurs en ont retrouvés en 12 actifs.
La plupart des nids feraient parties d'un ensemble. Ainsi, il y aurait une supercolonie qui résiderait dans de nombreux nids.
Rigueur de l'article :
Cet article a l'air rigoureux. Cependant, l'introduction en 1971 et l'étude réalisée en 2005 ont l'air d'avoir été fait par la même équipe. Ainsi, on pourrait se poser des questions s'il y a eu une volonté de montrer le succès de leur introduction. Néanmoins, l'augmentation est si forte que le succès pourrait ne pas être remis en cause.
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article nous montre une introduction ayant fonctionné avec une population viable dans son nouvel environnement 34 ans après l'introduction. Cependant, il n'y a eu aucune mesure de l'impact sur l'écosystème. On ne sait ainsi donc pas si les fourmis sont bénéfiques ou pas à l'environnement dans lequel elles ont été relâchées. Cette variable pourrait remettre en question le bien-fondé de cette opération.
Publiée il y a plus de 8 ans
par
B. Dubourguier.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Le destin d'une introduction intentionnelle de Formica lugubris d'Europe en Amérique du Nord
Introduction à l'article :
Les fourmis rouges des bois sont communes dans les forêts de conifères en Europe et en Asie mais leur présence est faible en Amérique du Nord. Elles sont considérées comme des prédateurs d'insectes défoliants (qui font tomber les feuilles).
Depuis 40 ans, de nombreuses introductions de fourmis ont été tentées afin de réduire l'impact négatif des insectes défoliants. Dans les années 70, Formica lugubris a été introduite au Canada depuis l"Italie. Un an après leur réintroduction, cinq grands nids étaient en place.
Le but de cet article est de revisiter les nids 34 ans après pour :
Les nids sont situés dans une aire forestière de 3.8 ha. Chaque nid est positionné par GPS et la taille et le périmètre ont été mesurés. Les nids ont été notés actifs ou abandonnés. Le volume de chaque nid a aussi été calculé.
Les nids des années 70 avaient été protégés par du grillage et du bois. Si des nids sont retrouvés avec ces protections, les auteurs suggèrent qu'ils ont persisté jusqu'à maintenant.
Le nombre de nids et le nombre d'individus ont augmenté. Les auteurs ont retrouvé 114 nids dont 21 abandonnés. Leur taille était comprise entre 2 et 105 cm pour une moyenne de 64.6 cm et leur périmètre était compris entre 5 et 192 cm pour une moyenne de 33.7 cm. Les nids ont un volume moyen de 0.404 mètres cube. Ces nids sont ainsi plus grands que ceux retrouvés en Irlande et en Angleterre.
La densité des nids sur le site est de 24.5 nids/ha ce qui correspond à une densité supérieure que celles retrouvées en Europe. Le site est dominé par les petits nids.
Dans les 9 nids protégés dans les années 70, seuls 2 ont été abandonnés. Dans les années 80, 17 nids avaient été protégés et les auteurs en ont retrouvés en 12 actifs.
La plupart des nids feraient parties d'un ensemble. Ainsi, il y aurait une supercolonie qui résiderait dans de nombreux nids.
Cet article a l'air rigoureux. Cependant, l'introduction en 1971 et l'étude réalisée en 2005 ont l'air d'avoir été fait par la même équipe. Ainsi, on pourrait se poser des questions s'il y a eu une volonté de montrer le succès de leur introduction. Néanmoins, l'augmentation est si forte que le succès pourrait ne pas être remis en cause.
Cet article nous montre une introduction ayant fonctionné avec une population viable dans son nouvel environnement 34 ans après l'introduction. Cependant, il n'y a eu aucune mesure de l'impact sur l'écosystème. On ne sait ainsi donc pas si les fourmis sont bénéfiques ou pas à l'environnement dans lequel elles ont été relâchées. Cette variable pourrait remettre en question le bien-fondé de cette opération.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.