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Titre de la review :

Le stress : une composante inévitable de la translocation animale


Résumé de la review :

Cette revue discute des causes d'échecs de la translocation lié au stress chronique causé lors de la mise en place de cette dernière, et propose des solutions pour augmenter les taux de réussites des translocation à venir.

Face aux besoins croissants d'optimiser les méthodes de conservation afin de préserver les espèces menacées d'extinction, la prise en compte de la physiologie et de l'état des espèces est essentiel, notamment lors d'une procédure de translocation.
Bien que le stress soit une composante inévitable de la translocation (à travers la capture, la captivité, les transports et le relâchement des animaux dans un lieu nouveau), la réduction de l'impact et du temps du stress chronique sur la physiologie et le comportement des animaux transférés, augmentera la probabilité de succès de la translocation. Succès qui repose sur 4 facteurs :
- le nombre de fondateurs
- le taux de reproduction
- le taux de survie
- la variabilité génétique.

Actuellement, la littérature est limitée à quelques études en laboratoire pour décrire la corrélation entre les indicateurs physiologiques du stress chronique induit par la translocation et les effets de ce stress sur l'organisme vivant. Si une population nouvellement introduite présente une augmentation de la mortalité, une incapacité à se reproduire ou une dispersion loin du site de lâcher, la capacité de cette population à persister est réduite et donc la translocation échoue. Or les stress générés ont un rôle dans ces évènements.

D'autres facteurs comme la présence des prédateurs ou d'agents pathogènes, la famine sont également responsables de l'échec des translocations.

Le stress peut être un facteur prévisible menaçant le succès et l'utilisation de la translocation pour sauver les espèces animales en déclin. Le stress induit lors de la translocation ne condamne pas un animal ou n'empêche pas la translocation comme un outil de conservation. Au contraire, le stress chronique doit être reconnu comme une composante de la translocation et, devrait être pris en compte afin d'optimiser ou d'élaborer des procédures ajustées pour tenir compte de la vulnérabilité des individus transférés à succomber aux conditions environnementales.

Solutions proposées :
• Réduire l'exposition globale aux facteurs de stress pendant et après la translocation afin de réduire les effets et la durée du stress résultant des procédures de translocation.
• Pour les méthodes de captures : utiliser des méthodes anesthésiques, ou tranquillisantes, prendre en compte un cycle de temps préférentiel sont des solutions qui minimiseraient les risques d'expositions au stress.
• Pour les méthodes de captivité : Eviter le surpeuplement et l'isolement social
• Pour les méthodes de transports : Conception de véhicules ventilés, larges, ouverts
• Pour les méthodes de mises en liberté : Utilisation de stratégie de libération douce, dans laquelle les animaux s'adaptent à la zone dans une cage spécialement conçue avant d'être relâchés peut diminuer la nouveauté du site de libération, car les animaux auront le temps de s'adapter à leur nouvel environnement

Rigueur de la review :

Cette revue est rigoureuse et s'appuie sur de nombreux exemples. Une grande étude bibliographique apporte de nombreux exemples et cas concrets au sujet.

Ce que cette review apporte au débat :

Le nombre et la diversité des espèces animales méritant une intervention de conservation augmentent. La translocation représente une intervention de conservation d'urgence. Cependant, le stress chronique généré ne conduit pas nécessairement à l'échec de la translocation. La présence de stress dans la translocation est un facteur à prendre en compte dans la planification et la conception de la translocation plutôt qu'un facteur préemptif empêchant la translocation.

Le stress rend les animaux transloqués plus vulnérables à d'autres facteurs environnementaux, amplifiant ainsi les problèmes potentiels rencontrés lors de leur libération, tels que la maladie ou la prédation.

Publiée il y a plus de 8 ans par P. Garand.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.