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Les perturbations humaines impactent les réponses hormonales et immunitaires des iguanes marins des Galapagos (Amblyrhynchus cristatus)
Figure :
Taux de corticostérone dans les populations d'iguanes marins aux sites sous pressions touristiques (ronds et triangles blancs), et aux sites sans pression touristique (ronds et triangles noirs) hors saison de reproduction (haut, A) et durant la saison de reproduction (bas, B). Les valeurs "baseline" correspondent au taux de corticostérone directement après la capture des animaux et les valeurs "30 min.", 30 minutes après la capture.
Aucune différence significative n'a été détectée dans le taux de corticostérone entre les sites touristiques et les sites non touristiques sauf hors saison de reproduction 30 minutes après la capture.
Introduction à l'article :
De nombreuses études ont étudiées le lien entre le stress et le fonctionnement du système immunitaire chez les vertébrés. Le stress provoque la synthèse de glucocorticoïdes, molécules qui peuvent interagir avec le système immunitaire. Cependant ces interactions sont très variables et peuvent fluctuer en fonction du sexe, de la saison, de l'espèce étudiée, de la cause du stress ou encore de la durée du stress. Le stress peut causer une augmentation ou une diminution de l'efficacité du système immunitaire en fonction de ces différentes conditions.
L' iguane marin des Galapagos (Amblyrhynchus cristatus) est une espèce endémique de l'archipel des Galapagos, vivant sur les côtes. De nombreux touristes viennent chaque jour à proximité des colonies dans un cadre d'écotourisme : l'étude vise ici à déterminer si ces interactions humaines prolongées induisent des changements de stress chez les iguanes et si ces éventuelles changements induisent des effets sur la survie de ces populations.
Expériences de l'article :
Deux paires de populations d'iguane ont été choisies sur la plus grande île de l'archipel (Santa Cruz) correspondant à deux niveaux de tourisme : élevé et faible.
Des échantillons de sang, la taille, la masse et le taux de parasitisme ont été récoltés chez 10 individus de taille à peu près égale en Juillet (saison de non reproduction) et en décembre (saison de reproduction) 2008 : l'échantillon ne se composait que des mâles dans le premier cas et mâle et femelle dans le second.
Les taux de glucocorticoïdes (testostérone, corticosterone) ont été mesurés. De plus la capacité de soigner une plaie suite à une coupure artificielle réalisée sur ces iguanes à été mesuré ainsi que l'observation de la capacité et la vitesse de suture de ces plaies. Des analyses en laboratoire ont été réalisées afin de déterminer l'effet bactériocide (la capacité de tuer les bactéries) du plasma de chaque individu.
Résultats de l'article :
Le taux de corticostérone est plus élevé chez les iguanes sous forte pression touristique hors saison de reproduction. Cependant aucune différence n'à été trouvées durant la saison de reproduction. De manière intéressante, le taux de corticostérone, synonyme de stress, est beaucoup plus élevé chez les iguanes de la population à fort écotourisme au moment de la manipulation durant le temps de l'expérience.
Aucun effet du tourisme sur la taille des individus n'a été détecté.
En ce qui concerne le système immunitaire, moins de tiques ont été trouvées chez les individus de la zone à fort écotourisme ; cependant la capacité de suture des plaies étaient plus longues dans cette zone. Toutefois aucune différence dans la capacité bactériocide du sang a été observée, même si le taux de protéines du plasma des individus de la zone à fort écotourisme était plus faible.
Rigueur de l'article :
Très peu d'individus ont été sélectionnés ce qui diminue la puissance statistique des résultats. De plus, l'introduction de l'article met l'emphase sur la grande variabilité des réponses immunitaires des individus : l'étude ne s'intéresse qu'à ces réponses sur une période de 6 mois et aucun résultat sur plusieurs années n'est disponible.
Deux réplicats pour chaque niveau d'écotourisme ont été sélectionnés, ce qui confère à l'étude une faible puissance statistique.
Ce que cet article apporte au débat :
L'article met l'emphase sur le fait que les interactions homme-animaux peuvent induire du stress chez les individus et ainsi diminuer l'immunité donc la survie et la fitness de ces derniers.
Toutefois, ces différences sont assez faibles : on note un plus grand taux de corticostérone chez les individus dans les zones à fort écotourisme ce qui induirait un plus grand stress. D'autre part, ce stress semble avoir peu de conséquences sur l'immunité des individus. Les iguanes des populations à fort écotourisme semblent avoir une efficacité de suture des plaies moins grandes, mais ceci ne nous dit pas si cette différence a un impact sur la fitness ou la survie. De plus, ces iguanes ont moins de tiques et une capacité bactériocide identique que les iguanes des zones non perturbés.
En somme, cet article montre un effet du tourisme, négatif sur le stress et neutre sur la survie des iguanes.
Les perturbations humaines impactent les réponses hormonales et immunitaires des iguanes marins des Galapagos (Amblyrhynchus cristatus)
Taux de corticostérone dans les populations d'iguanes marins aux sites sous pressions touristiques (ronds et triangles blancs), et aux sites sans pression touristique (ronds et triangles noirs) hors saison de reproduction (haut, A) et durant la saison de reproduction (bas, B). Les valeurs "baseline" correspondent au taux de corticostérone directement après la capture des animaux et les valeurs "30 min.", 30 minutes après la capture.
Aucune différence significative n'a été détectée dans le taux de corticostérone entre les sites touristiques et les sites non touristiques sauf hors saison de reproduction 30 minutes après la capture.
De nombreuses études ont étudiées le lien entre le stress et le fonctionnement du système immunitaire chez les vertébrés. Le stress provoque la synthèse de glucocorticoïdes, molécules qui peuvent interagir avec le système immunitaire. Cependant ces interactions sont très variables et peuvent fluctuer en fonction du sexe, de la saison, de l'espèce étudiée, de la cause du stress ou encore de la durée du stress. Le stress peut causer une augmentation ou une diminution de l'efficacité du système immunitaire en fonction de ces différentes conditions.
L' iguane marin des Galapagos (Amblyrhynchus cristatus) est une espèce endémique de l'archipel des Galapagos, vivant sur les côtes. De nombreux touristes viennent chaque jour à proximité des colonies dans un cadre d'écotourisme : l'étude vise ici à déterminer si ces interactions humaines prolongées induisent des changements de stress chez les iguanes et si ces éventuelles changements induisent des effets sur la survie de ces populations.
Deux paires de populations d'iguane ont été choisies sur la plus grande île de l'archipel (Santa Cruz) correspondant à deux niveaux de tourisme : élevé et faible.
Des échantillons de sang, la taille, la masse et le taux de parasitisme ont été récoltés chez 10 individus de taille à peu près égale en Juillet (saison de non reproduction) et en décembre (saison de reproduction) 2008 : l'échantillon ne se composait que des mâles dans le premier cas et mâle et femelle dans le second.
Les taux de glucocorticoïdes (testostérone, corticosterone) ont été mesurés. De plus la capacité de soigner une plaie suite à une coupure artificielle réalisée sur ces iguanes à été mesuré ainsi que l'observation de la capacité et la vitesse de suture de ces plaies. Des analyses en laboratoire ont été réalisées afin de déterminer l'effet bactériocide (la capacité de tuer les bactéries) du plasma de chaque individu.
Le taux de corticostérone est plus élevé chez les iguanes sous forte pression touristique hors saison de reproduction. Cependant aucune différence n'à été trouvées durant la saison de reproduction. De manière intéressante, le taux de corticostérone, synonyme de stress, est beaucoup plus élevé chez les iguanes de la population à fort écotourisme au moment de la manipulation durant le temps de l'expérience.
Aucun effet du tourisme sur la taille des individus n'a été détecté.
En ce qui concerne le système immunitaire, moins de tiques ont été trouvées chez les individus de la zone à fort écotourisme ; cependant la capacité de suture des plaies étaient plus longues dans cette zone. Toutefois aucune différence dans la capacité bactériocide du sang a été observée, même si le taux de protéines du plasma des individus de la zone à fort écotourisme était plus faible.
Très peu d'individus ont été sélectionnés ce qui diminue la puissance statistique des résultats. De plus, l'introduction de l'article met l'emphase sur la grande variabilité des réponses immunitaires des individus : l'étude ne s'intéresse qu'à ces réponses sur une période de 6 mois et aucun résultat sur plusieurs années n'est disponible.
Deux réplicats pour chaque niveau d'écotourisme ont été sélectionnés, ce qui confère à l'étude une faible puissance statistique.
L'article met l'emphase sur le fait que les interactions homme-animaux peuvent induire du stress chez les individus et ainsi diminuer l'immunité donc la survie et la fitness de ces derniers.
Toutefois, ces différences sont assez faibles : on note un plus grand taux de corticostérone chez les individus dans les zones à fort écotourisme ce qui induirait un plus grand stress. D'autre part, ce stress semble avoir peu de conséquences sur l'immunité des individus. Les iguanes des populations à fort écotourisme semblent avoir une efficacité de suture des plaies moins grandes, mais ceci ne nous dit pas si cette différence a un impact sur la fitness ou la survie. De plus, ces iguanes ont moins de tiques et une capacité bactériocide identique que les iguanes des zones non perturbés.
En somme, cet article montre un effet du tourisme, négatif sur le stress et neutre sur la survie des iguanes.
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