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Titre de l'article :

Démographie, développement humain, et déforestation dans les hotspots de biodiversité


Introduction à l'article :

Les hotspots de biodiversité abritent de nombreuses espèces animales et végétales, dont la survie est menacée par les activités humaines, et notamment par la déforestation. De nombreuses études ont mis en avant le rôle de la croissance démographique et du développement humain dans la déforestation. Néanmoins, seuls des profils spatiaux ont été mis en évidence, sans que l'évolution temporelle de la déforestation n'ait encore été comprise. Par exemple, entre les années 1980 et 1990, le taux de déforestation annuel est passé de 0.57% à 0.8% en Argentine, tandis qu'il est passé de 2.6% à 0.8% au Costa Rica. Pour autant, connaître les facteurs qui favorisent la déforestation pourrait aider à orienter les politiques de développement durable. Aussi, cette étude tente d'élucider les relations temporelles entre démographie, développement humain, et activités de déforestation au sein de différents hotspots de biodiversité durant les années 1980 et 1990.

Expériences de l'article :

Les auteurs se sont intéressé à 30 pays d'Asie (9 pays), d'Afrique (7 pays) et d'Amérique latine (14 pays) situés au niveau de hotspots de biodiversité. Chaque pays a été considéré comme une unité dans l'analyse. Les données utilisées pour chaque pays proviennent des sources suivantes :

  • la Banque Mondiale pour les données démographiques
  • le Programme des Nations Unies pour le Développement pour les données d'Indice de Développement Humain (IDH)
  • le World Resources Institute et la Banque Mondiale pour les données de déforestation

Les auteurs ont testé l'évolution de ces variables entre les années 1980 et 1990, et recherché des corrélations entre différentes variables. Ils ont également tracé les données d'IDH et de déforestation, afin de déterminer si leur répartition correspond à la courbe environnementale de Kuznets (Grossman & Krueger 1995).

Résultats de l'article :

Pour les données mesurées dans les années 1990, le taux de déforestation est négativement corrélé à l'IDH, mais positivement corrélé avec la croissance démographique. Entre les années 1980 et 1990, la déforestation a augmenté dans 11 pays dont l'IDH est relativement faible : dans ces pays, l'IDH est négativement corrélé avec la croissance démographique. Dans les 19 pays où la déforestation a diminué, l'IDH est plus élevé, mais non corrélé à la croissance démographique.
La relation entre IDH et taux de déforestation ne suit pas la courbe environnementale de Kuznets, ni dans les années 1980 ni dans les années 1990 : l'évolution du taux de déforestation ne correspond pas à un U inversé.

Rigueur de l'article :

Les auteurs reconnaissent que l'utilisation du taux de déforestation comme un indicateur de l'état des forêts d'un pays doit être envisagée avec beaucoup de précautions. En effet, si le taux de déforestation est faible, cela peut être : soit comme le résultat de politiques de développement, soit du fait de l'épuisement des ressources forestières.

Ce que cet article apporte au débat :

Cette étude démontre le rôle positif du développement humain dans la conservation de la biodiversité. De manière similaire aux travaux de Grossman et Krueger (Grossman & Krueger 1995), cette étude confirme que les pays développés tendent à avoir un impact moindre sur l'environnement. En revanche, elle démontre également qu'un faible développement humain peut être néfaste à la conservation des hotspots de biodiversité, puisque les pays les moins développés tendent à davantage pratiquer la déforestation.

Publiée il y a plus de 8 ans par L. Pradier.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.