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Titre de l'article :

Diagnostiquer les mécanismes de déclin et planifier le rétablissement d'une population d'ours bruns en voie de disparition (Ursus arctos).


Introduction à l'article :

Des études préliminaires ont montré qu’il est essentiel de considérer la génétique, la démographie, le comportement, la santé et l’habitat des animaux pour permettre le succès d’une translocation. Il est important d’identifier les facteurs et les causes du déclin de la population, et de les éliminer. Il ne devrait pas y avoir de déplacement d’animaux pour sauvegarder une population tant que l’on n’a pas identifié les causes du déclin de celle-ci. Cette approche est intuitive mais ne peut pas être appliquée lorsque le déclin de la population est dû à des facteurs comportementaux ou démographiques qui pourraient être inversés par la translocation elle-même. L’article se concentre sur les populations centrale et occidentale d’ours brun des Pyrénées qui sont en déclin à cause : d’une mortalité anthropique, d’un biais de sexe-ratio en faveur des mâles, d’un infanticide par les mâles, d’une ségrégation sexuelle, d’isolation des individus et de la consanguinité.

Expériences de l'article :

Les données utilisées sont les données de démographie et de reproduction de 1993 à 2005 des populations d’ours brun centrale et occidentale. Il n’y a pas de données après 2005 car la population occidentale est considérée comme fonctionnellement éteinte car il n’y a plus de femelle. Les auteurs ont calculé les paramètres démographiques : taux de reproduction, nombre d’oursons par portée, intervalle des naissances, taux de survie, en fonction de l’âge et du sexe. Ils ont utilisé un modèle stochastique avec une population structurée en quatre classes d’âge pour simuler les résultats de translocations et calculer la probabilité d’extinction des populations à chaque fois.

Résultats de l'article :

Les résultats montrent qu’il y a une augmentation de la population centrale alors que la population occidentale disparaît. Ils montrent également une corrélation négative entre le taux de maternité et le biais de sexe-ratio en faveur des mâles.
Les simulations des translocations montrent qu’il faut relâcher 3 mâles et une femelle dans la population centrale et 7 femelles et 3 mâles dans la population occidentale pour avoir des populations viables à long terme. Relâcher des femelles à un fort effet sur la probabilité d’extinction de la population en l’abaissant. Relâcher des mâles a un faible effet sur cette probabilité si beaucoup de femelles sont relâchées. Dans le cas où il y a beaucoup de consanguinité, relâcher des femelles a un effet positif alors que des mâles a un effet négatif. L’apport de mâles est positif en faisant baisser la probabilité d’extinction seulement si beaucoup de femelles sont relâchées.

Rigueur de l'article :

L’article semble rigoureux compte tenu des modèles (modèles stochastiques) choisis pour simuler l'évolution des populations.

Ce que cet article apporte au débat :

L’article montre que la disparition des ours dans les Pyrénées n’est pas due à une forte mortalité mais a un faible taux de reproduction ; les taux de survie pour les différentes classes d’ours des Pyrénées sont les mêmes que ceux des autres populations d’ours à travers le monde. Dans les Pyrénées, la translocation semble être une bonne solution pour éviter la disparition des populations d’ours bruns car celle-ci permet de réduire le faible taux de reproduction. Cependant il est nécessaire de réduire en parallèle la mortalité des ours due à l’Homme.

Publiée il y a plus de 8 ans par theo.chateaugiron.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.