ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Les espèces envahissantes sont-elles les moteurs du changement écologique?
Résumé de la review :
Dans cet article les auteurs insistent sur le fait que les politiques publiques actuelles placent les Espèces Exotiques Envahissantes (EEE) comme responsables du déclin voir de la perte de certaines espèces. En effet, ils constatent que de nombreux auteurs placent les multiples introductions volontaires ou involontaires de ces espèces comme l’une des causes du déclin des espèces indigènes. Selon les auteurs, cette littérature très fournie donne lieu à des généralisations non critiquées sur lesquelles il faudrait prendre du recul.
Les EEE sont des espèces opportunistes et fortement compétitrices ce qui perturbent dans certains cas l’habitat d’une population indigène. Cependant, sont-elles le moteurs des changements observés au sein des populations d’espèces natives ?
Ils citent une étude en particulier celle de Macdougall et Turkington (2005) qui traite de l’effet potentiel des EEE comme étant à l’origine des changements écologiques généralisés et met en parallèle la perturbation actuelle de l’habitat liée à l’activité anthropique pouvant être la source de ces changements écologiques.
Ainsi, selon les auteurs, l’environnement dans lequel s’installe une EEE est un système constitué de facteurs multiples complexes. Il devient alors difficile d’identifier l’agent principal du déclin de certaines populations.
Les auteurs présentent les trois modèles de Macdougall et Turkington (2005) décrivant les facteurs responsables du changement écologique dans des écosystèmes perturbés [1]. Le premier modèle présente la dominance des EEE suite à une invasion. Du fait de leur forte interaction avec les espèces indigènes, ces dernières se retrouvent confrontées à de l’exclusion compétitive face aux nouveaux arrivants. D’après ce modèle, l’élimination de ces espèces entraîne un retour à la normale de l’écosystème et des populations d’espèces natives.
Le deuxième modèle est le modèle de passager où la perturbation de l’habitat par les activités anthropiques a de fortes conséquences négatives sur les espèces natives. De plus, les interactions entre les natifs et les EEE sont faibles. Il n’y aura dans ce cas pas d’exclusion compétitive mais les envahissantes domineront l’écosystème en s’installant dans les niches écologiques vides. Les espèces natives se retrouvent alors limitées par les processus non-interactifs, dont résultent la dispersion faible des natifs, et par leur sensibilité aux perturbations de l’habitat.
Le troisième modèle généralise les effets des deux premiers modèles en donnant une importance égale à la perturbation de l’habitat et à l’invasion dans la détermination de la dominance exotique sachant qu’elle sont plus susceptibles d’être inégales en conditions naturelles.
Ces modèles sont illustrés par des données expérimentales sur l’élimination complète de deux graminées exotiques responsables de 50 à 80 % de la couverture végétale totale au regard de la richesse des plantes indigènes et de leur abondance relative. Il est montré que le modèle de rétablissement des espèces indigènes ne semble pas s’être appliqué. En effet, les espèces présentes à l’origine n’ont montré aucun changement dans leur abondance relative et ont même diminué dans certains cas. Ainsi, la limitation de l’abondance relative et de la richesse spécifique des espèces indigènes semble s’expliquer d’avantage par la dominance exotique dans des systèmes dégradés que par l’exclusion compétitive.
Il a quand même été montré que l’abondance relative de certaines espèces indigènes augmente avec l’élimination des deux graminées. Les EEE semblent donc limiter l’accès à la lumière, aux ressources et à une aire de distribution plus large. La solution de gestion idéale proposée par ces deux auteurs serait de faire du fauchage en automne afin de réduire la biomasse en surface et de faciliter la survie des espèces indigènes. Sachant que ces graminées semblent maintenir la savane ouverte en inhibant la succession de bois exotiques.
Rigueur de la review :
L’auteur ajoute que la limite de ce genre de données expérimentales serait la non prise en compte du contexte historique de la zone d’étude où les altérations peuvent être irréversibles.
Ce que cette review apporte au débat :
D’après Didham et al. (2005), ces modèles restent très controversés dans la littérature scientifique.
Cette étude témoigne des difficultés de la présence de deux facteurs écologiques intervenant en même temps et pouvant potentiellement être responsable du déclin des espèces. Il devient important de prendre en compte l’ensemble des relations de cause à effets qui découlent de la machinerie humaine.
L’étude de Macdougall et Turkington (2005) nous fait prendre conscience de la complexité de l’écosystème au sein duquel les Espèces Exotiques Envahissantes s’installent et insiste sur une prise de recul sur l’ensemble des mécanismes et des interactions entre les facteurs responsables du déclin de certaines populations afin de ne pas généraliser les conclusions.
Les espèces envahissantes sont-elles les moteurs du changement écologique?
Résumé de la review :
Dans cet article les auteurs insistent sur le fait que les politiques publiques actuelles placent les Espèces Exotiques Envahissantes (EEE) comme responsables du déclin voir de la perte de certaines espèces. En effet, ils constatent que de nombreux auteurs placent les multiples introductions volontaires ou involontaires de ces espèces comme l’une des causes du déclin des espèces indigènes. Selon les auteurs, cette littérature très fournie donne lieu à des généralisations non critiquées sur lesquelles il faudrait prendre du recul.
Les EEE sont des espèces opportunistes et fortement compétitrices ce qui perturbent dans certains cas l’habitat d’une population indigène. Cependant, sont-elles le moteurs des changements observés au sein des populations d’espèces natives ?
Ils citent une étude en particulier celle de Macdougall et Turkington (2005) qui traite de l’effet potentiel des EEE comme étant à l’origine des changements écologiques généralisés et met en parallèle la perturbation actuelle de l’habitat liée à l’activité anthropique pouvant être la source de ces changements écologiques.
Ainsi, selon les auteurs, l’environnement dans lequel s’installe une EEE est un système constitué de facteurs multiples complexes. Il devient alors difficile d’identifier l’agent principal du déclin de certaines populations.
Les auteurs présentent les trois modèles de Macdougall et Turkington (2005) décrivant les facteurs responsables du changement écologique dans des écosystèmes perturbés [1]. Le premier modèle présente la dominance des EEE suite à une invasion. Du fait de leur forte interaction avec les espèces indigènes, ces dernières se retrouvent confrontées à de l’exclusion compétitive face aux nouveaux arrivants. D’après ce modèle, l’élimination de ces espèces entraîne un retour à la normale de l’écosystème et des populations d’espèces natives.
Le deuxième modèle est le modèle de passager où la perturbation de l’habitat par les activités anthropiques a de fortes conséquences négatives sur les espèces natives. De plus, les interactions entre les natifs et les EEE sont faibles. Il n’y aura dans ce cas pas d’exclusion compétitive mais les envahissantes domineront l’écosystème en s’installant dans les niches écologiques vides. Les espèces natives se retrouvent alors limitées par les processus non-interactifs, dont résultent la dispersion faible des natifs, et par leur sensibilité aux perturbations de l’habitat.
Le troisième modèle généralise les effets des deux premiers modèles en donnant une importance égale à la perturbation de l’habitat et à l’invasion dans la détermination de la dominance exotique sachant qu’elle sont plus susceptibles d’être inégales en conditions naturelles.
Ces modèles sont illustrés par des données expérimentales sur l’élimination complète de deux graminées exotiques responsables de 50 à 80 % de la couverture végétale totale au regard de la richesse des plantes indigènes et de leur abondance relative. Il est montré que le modèle de rétablissement des espèces indigènes ne semble pas s’être appliqué. En effet, les espèces présentes à l’origine n’ont montré aucun changement dans leur abondance relative et ont même diminué dans certains cas. Ainsi, la limitation de l’abondance relative et de la richesse spécifique des espèces indigènes semble s’expliquer d’avantage par la dominance exotique dans des systèmes dégradés que par l’exclusion compétitive.
Il a quand même été montré que l’abondance relative de certaines espèces indigènes augmente avec l’élimination des deux graminées. Les EEE semblent donc limiter l’accès à la lumière, aux ressources et à une aire de distribution plus large. La solution de gestion idéale proposée par ces deux auteurs serait de faire du fauchage en automne afin de réduire la biomasse en surface et de faciliter la survie des espèces indigènes. Sachant que ces graminées semblent maintenir la savane ouverte en inhibant la succession de bois exotiques.
L’auteur ajoute que la limite de ce genre de données expérimentales serait la non prise en compte du contexte historique de la zone d’étude où les altérations peuvent être irréversibles.
D’après Didham et al. (2005), ces modèles restent très controversés dans la littérature scientifique.
Cette étude témoigne des difficultés de la présence de deux facteurs écologiques intervenant en même temps et pouvant potentiellement être responsable du déclin des espèces. Il devient important de prendre en compte l’ensemble des relations de cause à effets qui découlent de la machinerie humaine.
L’étude de Macdougall et Turkington (2005) nous fait prendre conscience de la complexité de l’écosystème au sein duquel les Espèces Exotiques Envahissantes s’installent et insiste sur une prise de recul sur l’ensemble des mécanismes et des interactions entre les facteurs responsables du déclin de certaines populations afin de ne pas généraliser les conclusions.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.