ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Titre de la review :

Définition des EEE : les écologues devraient-ils adopter leurs propres définitions ? Non, si nous voulons être utiles !


Résumé de la review :

Cet article est un bon témoin de la controverse qui existe au sein de la communauté scientifique au sujet des différents termes employés pour parler des EEE. En effet, les auteurs de ce papier répondent à une publication de Daehler [1] où il avance que le premier critère pour déterminer si une espèce introduite est envahissante ou non se base sur sa diffusion (spreading) dans le nouveau milieu. De plus, Daehler ajoute que la définition d’une EEE ne devrait pas prendre en compte le fait qu’elle ait un impact ou non (environnemental ou économique), contrairement à ce que préconisaient les deux auteurs de l’article, dans une précédente publication [2]. Afin de contredire leur collègue, Davis et Thompson mettent en avant un argument pratique et un argument conceptuel. L’argument pratique est qu'une EEE est explicitement définie par une notion d'impacts en dehors de la discipline de l’écologie. Cette notion d'impacts est illustrée par le discours de Clinton en 1999 (“invasive species' means an alien species whose introduction does or is likely to cause economic or environmental harm or harm to human health." ). C’est aussi le cas du US fish and wildlife service qui prend en compte ces effets dans sa définition. Etant donné que les écologues sont amenés à échanger avec ces services, agences et organisations publiques, il est primordial d’être d’accord sur les termes à employer et sur la définition de chaque terme, afin de ne pas engendrer de confusion aux dépens d'une gestion efficace. La généralisation du qualificatif "envahisseur" à l'ensemble des nouvelles espèces intégrant un système a entraîné une certaine incompréhension des processus d'invasions. En effet, cette généralisation place l'invasion comme un processus écologique unique. De plus, il est difficile (et ingrat) de différencier les traits des espèces invasives et des espèces natives et c’est peut-être plus évident de distinguer les traits des espèces invasives ayant des impacts. Daehler reproche la subjectivité du terme “impact”. Il est vrai selon Davis et Thompson qu’il n’a jamais été clairement défini bien que ce terme pourrait être défini de manière objective. Pour conclure, les deux auteurs de ce papier trouvent contre-productif la proposition de Daehler visant à définir séparément les espèces “invasives” et “envahissantes” et à faire fi des impacts dans ces définitions.

[1] Davis, M. A., & Thompson, K. (2001). Invasion terminology: should ecologists define their terms differently than others? No, not if we want to be of any help!. Bulletin-Ecological Society of America, 82(3), 206-206.
[2] Davis, M. A., Grime, J. P., & Thompson, K. (2000). Fluctuating resources in plant communities: a general theory of invasibility. Journal of ecology, 88(3), 528-534.

Publiée il y a plus de 8 ans par N. Ait kaci et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 8 ans.