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Où est la biodiversité des pollinisateurs du Royaume-Unis? L'importance des zones urbaines pour les insectes pollinisateurs.
Introduction à l'article :
La pollinisation est un service-écosystémique à forte valeur économique au Royaume-Unis. Cependant, tous les groupes d'insectes pollinisateurs semblent décliner, en partie à cause de l'urbanisation. L'importance des zones urbaines pour les pollinisateurs n'a pas encore été beaucoup étudiée. Certaines études montrent un déclin de la richesse spécifique des pollinisateurs avec l'urbanisation, d'autres un effet positif sur certains taxons.
Les auteurs proposent la première surveillance systématique des pollinisateurs sur les 3 principaux paysages du Royaume-Unis (zones urbaines, rurales et réserves naturelles). Ils quantifient la visite des fleurs par les pollinisateurs des 3 paysages pour y comparer:
les abondances, richesses spécifiques et diversité (hypothèse: plus faibles en ville)
la composition des communautés de pollinisateurs (hypothèse: moins de spécialistes et d'espèces rares en ville)
les patrons de visite des fleurs (hypothèse: visitent davantage d'espèces en ville).
Expériences de l'article :
1. Sélection des sites d'étude
12 villes
3 sites de 100 ha (sauf 3 à 75 ha) / ville: un urbain, un rural et une réserve naturelle proche
2. Echantillonnage des fleurs, des pollinisateurs et de leurs interactions
4 fois / site en 1 été: transect de 2m x 1km
Fleurs: tous les 10 m / transect, quadrats 0.5x0.5m , nombre d'unité florale pour chaque espèce
Interactions: 2 fois / transect, collecte de tous les insectes posés sur des fleurs, jusqu'à 1m hors du transect et 2m de haut, identification (insecte + plante associée)
3. Analyses
Objectif 1: GLMs, test effets du site sur richesse spécifique, abondance des insectes
Objectif 2: Taxons classés de “rares” à “abondants” pour chaque site, GLMs, 3 mesures de similarité de composition spécifique des pollinisateurs
Objectif 3: Réseaux pour chaque site, variations de spécialisation plante/pollinisateur, GLMs, comparaison richesse floristique et nombre de visites aux fleurs
Résultats de l'article :
1. Comparer abondance et richesse spécifique (RS) des insectes entre zones urbaines (URB), rurales (AGR) et réserves naturelles (NAT)
Insectes: Pas de différence de RS et d'abondance entre paysages.
Abeilles: abondances similaires, mais RS plus grande dans URB que dans AGR.
Diptères: moins abondants en URB mais RS similaires.
2. Comparer les communautés de visiteurs entre paysages
Niveau national: taxons rares plus présents en NAT qu'en URB..
Local: autant de taxons rares entre paysages.
URBs: communautés d'insectes plus homogènes.
3. Comparer la spécialisation des insectes et des plantes entre paysages
Insectes: généralisation et spécialisation plus grandes en URB.
Plantes: moins généralistes en URB, spécialisations similaires. RS supérieure.en URB, pas pour les plantes natives. Il y a plus d'espèces non-natives en URB, mais elles ont autant de visites que les natives. En AGR et en NAT, presque toutes les visites sont sur les natives.
Interactions plus spécialisées en AGR qu'en URB.
Rigueur de l'article :
Les biais méthodologiques sont bien pris en compte par les auteurs qui consacrent une partie de leur travail aux limites de leurs méthodes d'échantillonnage (période, transects, échantillonnage d'insectes...). Aussi, ils positionnent bien leur étude dans le contexte scientifique actuel (qu'est-ce qui coincide avec le reste? qu'est-ce qui est différent?...). Les auteurs proviennent de plusieurs laboratoires de recherche différents et les financements de l'étude proviennent de différents organismes privés ou publiques, sans conflit d'intérêt. Aussi, les données sont disponibles à tous, ce qui montre la transparence des auteurs.
Ce que cet article apporte au débat :
Première étude comparant les communautés de pollinisateurs avec des réplicats d'habitats urbains et non-urbains. Pas de différence d'abondance entre paysages, mais patrons variables entre taxons.
Abeilles: plus grande RS en ville (lié à hétérogénéité des habitats et à la grande RS et abondance végétale en ville).
Généralement: RS de pollinisateurs plus faible en ville, et communautés plus homogènes. La différence de proportions d'espèces rares entre paysages semble ne pas si important que ce qui était pensé jusqu'ici.
Contraste généralisation/spécialisation (nombre de plantes visités / proportion de plantes visitées parmis les espèces disponibles). Ceci reflète la forte RS végétale en ville. Il est possible que la généralisation des pollinisateurs en ville les rendent moins efficaces.
Conclusion
Les zones urbaines de bonne qualité pourraient jouer un rôle de corridors d'habitats favorables pour les pollinisateurs au milieux d'habitats hostiles comme les paysages agricoles.
Remarques sur l'article :
Les figures et les tableaux sont assez simples à comprendre et appuient bien les résultats.
Publiée il y a plus de 8 ans
par
C. Plancher.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Où est la biodiversité des pollinisateurs du Royaume-Unis? L'importance des zones urbaines pour les insectes pollinisateurs.
Introduction à l'article :
La pollinisation est un service-écosystémique à forte valeur économique au Royaume-Unis. Cependant, tous les groupes d'insectes pollinisateurs semblent décliner, en partie à cause de l'urbanisation. L'importance des zones urbaines pour les pollinisateurs n'a pas encore été beaucoup étudiée. Certaines études montrent un déclin de la richesse spécifique des pollinisateurs avec l'urbanisation, d'autres un effet positif sur certains taxons.
Les auteurs proposent la première surveillance systématique des pollinisateurs sur les 3 principaux paysages du Royaume-Unis (zones urbaines, rurales et réserves naturelles). Ils quantifient la visite des fleurs par les pollinisateurs des 3 paysages pour y comparer:
1. Sélection des sites d'étude
2. Echantillonnage des fleurs, des pollinisateurs et de leurs interactions
3. Analyses
1. Comparer abondance et richesse spécifique (RS) des insectes entre zones urbaines (URB), rurales (AGR) et réserves naturelles (NAT)
2. Comparer les communautés de visiteurs entre paysages
3. Comparer la spécialisation des insectes et des plantes entre paysages
Les biais méthodologiques sont bien pris en compte par les auteurs qui consacrent une partie de leur travail aux limites de leurs méthodes d'échantillonnage (période, transects, échantillonnage d'insectes...). Aussi, ils positionnent bien leur étude dans le contexte scientifique actuel (qu'est-ce qui coincide avec le reste? qu'est-ce qui est différent?...). Les auteurs proviennent de plusieurs laboratoires de recherche différents et les financements de l'étude proviennent de différents organismes privés ou publiques, sans conflit d'intérêt. Aussi, les données sont disponibles à tous, ce qui montre la transparence des auteurs.
Première étude comparant les communautés de pollinisateurs avec des réplicats d'habitats urbains et non-urbains. Pas de différence d'abondance entre paysages, mais patrons variables entre taxons.
Abeilles: plus grande RS en ville (lié à hétérogénéité des habitats et à la grande RS et abondance végétale en ville).
Généralement: RS de pollinisateurs plus faible en ville, et communautés plus homogènes. La différence de proportions d'espèces rares entre paysages semble ne pas si important que ce qui était pensé jusqu'ici.
Contraste généralisation/spécialisation (nombre de plantes visités / proportion de plantes visitées parmis les espèces disponibles). Ceci reflète la forte RS végétale en ville. Il est possible que la généralisation des pollinisateurs en ville les rendent moins efficaces.
Conclusion
Les zones urbaines de bonne qualité pourraient jouer un rôle de corridors d'habitats favorables pour les pollinisateurs au milieux d'habitats hostiles comme les paysages agricoles.
Les figures et les tableaux sont assez simples à comprendre et appuient bien les résultats.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.