ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
La conservation basée sur les communautés entraînent le rétablissement des groupements de poissons de récifs au moment de la reproduction dans le Triangle de Corail
Introduction à l'article :
Les aires marines protégées (AMPs) communautaires peuvent bénéficier de gestion au niveau de la pêche et de la conservation de la biodiversité, mais elles sont généralement de petite superficie (<0,5 km²), ce qui limite la protection des grands poissons mobiles. Une exception à cette limite peut exister lorsque ces zones sont établies pour protéger des processus vitaux ou des stades de vie d'espèces vulnérables, comme les groupements de poissons au moment de la reproduction (FSAs). Cet article étudie trois espèces de mérous vulnérables à la surexploitation par la pêche dans la province de la Nouvelle Irlande en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Les objectifs sont de comprendre si les petites AMPs communautaires fournissent une gestion efficace des FSAs, de documenter les tendances temporelles et spatiales des FSAs et de déterminer si des protocoles de surveillance simples fournissent suffisamment d'informations pour renseigner sur les efforts de conservation et les stratégies de gestion de la pêche.
Expériences de l'article :
Deux AMPs communautaires, sites 1 et 10 d’une superficie de 0,2 et 0,1 km² respectivement, dans lesquelles la pêche est interdite depuis 2005 et un site témoin, site 2, sont étudiés. Dans les AMPs, des transects permanents, d’une longueur variant de 50 à 100 m, sont établis à différents endroits. Ils sont surveillés mensuellement avant chaque nouvelle lune, entre janvier 2005 et novembre 2009, puis quotidiennement pour le site 1 entre mai et juillet 2009. Des plongeurs ont estimé la densité de trois espèces de mérous, le mérou brun (Epinephelus fuscoguttatus), le mérou camouflage (Epinephelus polyphekadion) et le coralligère carré (Plectropomus areolatus). Les densités de ces espèces sont aussi estimées dans les FSAs, avec des marqueurs permanents placés aux limites, et hors des FSAs, avec des transects, aux mois de mai ou de juillet. Pour le site témoin, les relevés sont moins fréquents et aucun transect permanent n’a été établi.
Résultats de l'article :
Sur le long terme, les densités de poissons montrent une variabilité entre espèces et sites. Sur le site 1, les densités d’E. fuscoguttatus et d’E. polyphekadion ont augmenté, sur le site 10 celles d’E. polyphekadion et pour le site 2 aucune espèce n’a montré de tendance significative. Les densités des trois espèces étaient plus élevées dans les FSAs qu’en dehors. Des variations dans la saison et la durée de reproduction sont notables. Au site 1, les FSAs ont augmenté en superficie, ils se sont formés entre mars et juillet pour E. fuscoguttatus et entre mai et juillet pour E. polyphekadion. Pour cette espèce, la durée des FSAs de 3 mois est passée à 5 mois en 2009. Au site 10, la taille des FSAs n’a pas varié, ils se sont formés entre juillet et novembre pour E. fuscoguttatus et entre juillet et octobre pour E. polyphekadion. Sur les trois sites, P. areolatus a montré des FSAs de taille variable toute l’année, avec des densités maximales correspondantes aux frais des deux autres espèces.
Rigueur de l'article :
En raison d’un échantillonnage moins rigoureux sur le site 2 (site témoin), il n’est parfois pas possible d’en ressortir des tendances. La comparaison entre les AMPs communautaires et le site témoin n’a ainsi pas toujours été possible. Ensuite, aucune information n’a été enregistrée concernant les facteurs environnementaux tels que la température, les courants ou la photopériode au niveau des FSAs. Il n’a donc pas été possible de déterminer si les variations intra-régionales au niveau de la saisonnalité de ces espèces résultaient de facteurs environnementaux variables. Enfin l’étude se base sur trois espèces de mérous vulnérables, il faudrait compléter l’étude avec d’autres espèces mais aussi d’autres sites pour confirmer des tendances générales au sein des AMPs communautaires.
Ce que cet article apporte au débat :
Cette étude montre que les AMPs communautaires de petites superficies peuvent permettre d’augmenter les densités de populations reproductrices vulnérables et la superficie de leurs FSAs. Les populations de mérous étudiées ont élargi leur habitat en utilisant des récifs peu profonds, où la pêche était probablement pratiquée avant la fermeture de la zone. L’absence de changement pour P. areolatus est certainement due au braconnage pratiqué la nuit. Cette espèce, contrairement aux deux autres, reste dans des eaux peu profondes la nuit et n’est pas facilement perturbée par l’éclairage des lampes, ce qui favorise des prises de pêche élevées. Une interdiction des ventes saisonnières pourrait permettre de diminuer le braconnage. Des variations intra-régionales au niveau de la saisonnalité de ces espèces sont aussi visibles et sont peut-être liées à des variations environnementales et des différences de pressions de pêche entre les sites.
Publiée il y a plus de 8 ans
par
M. Robles et R. Burlot.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
La conservation basée sur les communautés entraînent le rétablissement des groupements de poissons de récifs au moment de la reproduction dans le Triangle de Corail
Introduction à l'article :
Les aires marines protégées (AMPs) communautaires peuvent bénéficier de gestion au niveau de la pêche et de la conservation de la biodiversité, mais elles sont généralement de petite superficie (<0,5 km²), ce qui limite la protection des grands poissons mobiles. Une exception à cette limite peut exister lorsque ces zones sont établies pour protéger des processus vitaux ou des stades de vie d'espèces vulnérables, comme les groupements de poissons au moment de la reproduction (FSAs). Cet article étudie trois espèces de mérous vulnérables à la surexploitation par la pêche dans la province de la Nouvelle Irlande en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Les objectifs sont de comprendre si les petites AMPs communautaires fournissent une gestion efficace des FSAs, de documenter les tendances temporelles et spatiales des FSAs et de déterminer si des protocoles de surveillance simples fournissent suffisamment d'informations pour renseigner sur les efforts de conservation et les stratégies de gestion de la pêche.
Deux AMPs communautaires, sites 1 et 10 d’une superficie de 0,2 et 0,1 km² respectivement, dans lesquelles la pêche est interdite depuis 2005 et un site témoin, site 2, sont étudiés. Dans les AMPs, des transects permanents, d’une longueur variant de 50 à 100 m, sont établis à différents endroits. Ils sont surveillés mensuellement avant chaque nouvelle lune, entre janvier 2005 et novembre 2009, puis quotidiennement pour le site 1 entre mai et juillet 2009. Des plongeurs ont estimé la densité de trois espèces de mérous, le mérou brun (Epinephelus fuscoguttatus), le mérou camouflage (Epinephelus polyphekadion) et le coralligère carré (Plectropomus areolatus). Les densités de ces espèces sont aussi estimées dans les FSAs, avec des marqueurs permanents placés aux limites, et hors des FSAs, avec des transects, aux mois de mai ou de juillet. Pour le site témoin, les relevés sont moins fréquents et aucun transect permanent n’a été établi.
Sur le long terme, les densités de poissons montrent une variabilité entre espèces et sites. Sur le site 1, les densités d’E. fuscoguttatus et d’E. polyphekadion ont augmenté, sur le site 10 celles d’E. polyphekadion et pour le site 2 aucune espèce n’a montré de tendance significative. Les densités des trois espèces étaient plus élevées dans les FSAs qu’en dehors. Des variations dans la saison et la durée de reproduction sont notables. Au site 1, les FSAs ont augmenté en superficie, ils se sont formés entre mars et juillet pour E. fuscoguttatus et entre mai et juillet pour E. polyphekadion. Pour cette espèce, la durée des FSAs de 3 mois est passée à 5 mois en 2009. Au site 10, la taille des FSAs n’a pas varié, ils se sont formés entre juillet et novembre pour E. fuscoguttatus et entre juillet et octobre pour E. polyphekadion. Sur les trois sites, P. areolatus a montré des FSAs de taille variable toute l’année, avec des densités maximales correspondantes aux frais des deux autres espèces.
En raison d’un échantillonnage moins rigoureux sur le site 2 (site témoin), il n’est parfois pas possible d’en ressortir des tendances. La comparaison entre les AMPs communautaires et le site témoin n’a ainsi pas toujours été possible. Ensuite, aucune information n’a été enregistrée concernant les facteurs environnementaux tels que la température, les courants ou la photopériode au niveau des FSAs. Il n’a donc pas été possible de déterminer si les variations intra-régionales au niveau de la saisonnalité de ces espèces résultaient de facteurs environnementaux variables. Enfin l’étude se base sur trois espèces de mérous vulnérables, il faudrait compléter l’étude avec d’autres espèces mais aussi d’autres sites pour confirmer des tendances générales au sein des AMPs communautaires.
Cette étude montre que les AMPs communautaires de petites superficies peuvent permettre d’augmenter les densités de populations reproductrices vulnérables et la superficie de leurs FSAs. Les populations de mérous étudiées ont élargi leur habitat en utilisant des récifs peu profonds, où la pêche était probablement pratiquée avant la fermeture de la zone. L’absence de changement pour P. areolatus est certainement due au braconnage pratiqué la nuit. Cette espèce, contrairement aux deux autres, reste dans des eaux peu profondes la nuit et n’est pas facilement perturbée par l’éclairage des lampes, ce qui favorise des prises de pêche élevées. Une interdiction des ventes saisonnières pourrait permettre de diminuer le braconnage. Des variations intra-régionales au niveau de la saisonnalité de ces espèces sont aussi visibles et sont peut-être liées à des variations environnementales et des différences de pressions de pêche entre les sites.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.