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Des aires protégées sont-elles nécessaires pour maintenir la diversité fonctionnelle dans les paysages modifiés par l'homme ?
Introduction à l'article :
Les terres cultivables empiètent sur les forêts tropicales (déforestation), la diminution de la biodiversité y est souvent observée, les oiseaux frugivores n'y sont par exemple plus retrouvés. Ces oiseaux sont pourtant importants dans ces zones, ils sont responsables de la pollinisation ou de la dispersion des graines. Ils peuvent nicher dans différents arbres, tels que le Ficus, un acteur écologique important, même dans des zones préservées. Ces arbres sont une ressource clé pour ces oiseaux frugivores. De plus, ils peuvent persister dans des zones très modifiées par l'homme. Il est donc légitime de se demander si le Ficus est plus efficace pour attirer et préserver les espèces d'oiseaux frugivores dans les zones modifiées par l'homme par rapport à d'autres types d'arbres. Pour y répondre, le nombre d'espèces frugivores dans les Ficus de zones préservées a été comparé avec celles d'autres types d'arbres. Ensuite, la composition en espèces frugivores d'un Ficus isolé a été étudiée.
Expériences de l'article :
L'étude a été réalisée dans le district de Golaghat, dans le nord-est de l'Inde, une région à l'origine subtropicale mais qui a été largement modifiée par l'homme. 1857 Ficus ont été recensés, principalement F. religiosa et F. benghalensis, situés plus ou moins proches de zones modifiées par l'homme ou de zones protégées. Leur taille et celle des fruits qu'ils produisent ont été mesurées. Lors de la période où ces fruits sont mûrs (3-7 jours), les oiseaux frugivores présents sur les Ficus ou les autres types d'arbres (fruitiers ou non) ont été comptés et caractérisés phylogénétiquement. La fonction de tout ces oiseaux frugivores dans l'écosystème (notamment la capacité de pollinisation) a ensuite été déterminée, pour cela la taille, la capacité de dispersion et le comportement de déplacement des oiseaux ont été analysés. Ensuite, afin d'avoir une idée de la redondance des fonctions, le rôle de chaque espèce frugivore a été analysé, cela en suivant les mêmes paramètres que précédemment.
Résultats de l'article :
Durant les 366 heures de surveillance 98 espèces d'oiseaux ont été observées, dont 33 consommant les fruits des Ficus, représentant en tout 30084 oiseaux. La comparaison des Ficus avec les autres arbres (fruitiers ou non) montre que les Ficus attirent davantage de frugivores. En effet les autres arbres fruitiers attirent en moyenne seulement 14 oiseaux, les arbres non fruitiers 7 oiseaux et les Ficus 246 oiseaux, avec une diversité plus élevée. Beaucoup d'espèces sont retrouvées uniquement chez les Ficus et pas chez les autres arbres. Le nombre d'espèces observées augmente avec la taille du Ficus et de ses fruits, mais diminue en fonction du taux de modification des zones transformées par l'homme, il varie également en fonction de la saison, avec davantage d'oiseaux pendant la mousson et moins pendant l'hiver. Ces oiseaux sont morphologiquement différents (de par leur taille, leur comportement) et permettent d'assurer des fonctions nécessaires à l'écosystème (pollinisation, dissémination).
Rigueur de l'article :
Le nombre de répétitions, les différentes conditions et le nombre d'heures d'observation sont suffisantes pour avoir une très bonne représentation de la réalité, avec de bonnes analyses statistiques. Les différentes caractéristiques des arbres sont mesurées ce qui permet de se faire une idée des facteurs pouvant attirer les différents oiseaux. Cependant, le rôle des autres arbres que le Ficus (non fruitiers et fruitiers) dans des zones modifiées par l'homme n'est pas clairement défini, dans lesquels ils pourraient eux aussi attirer des oiseaux.
Aucun doute n'est cependant émis quant à la neutralité des auteurs.
Ce que cet article apporte au débat :
Cette étude montre qu'une seule espèce végétale, ici le Ficus, permet d'attirer beaucoup plus d'espèces d'oiseaux frugivores, essentielles pour l'écosystème, que d'autres espèces d'arbres non fruitiers ou fruitiers. Cela veut dire qu'il peut être intéressant d'investir dans la conservation de ces Ficus, qui vont permettre de préserver les oiseaux frugivores et ainsi conserver les fonctions qu'ils accomplissent.
Ce papier penche du coté de la conservation fonctionnelle. Ici, seul le Ficus sera protégé, car il assurera autant de fonctions au sein de l'écosystème que d'autres espèces d'arbres. Le Ficus représentera un habitat (nidification, source de nourriture) pour les oiseaux frugivores qui permettront à leur tour aux espèces végétales de se multiplier (grâce à leur pollinisation) : en jouant sur un seul levier, le Ficus, énormément de fonctions nécessaires à la bonne marche de l'écosystème seront préservées ; des espèces seront donc aussi sauvegardées.
Des aires protégées sont-elles nécessaires pour maintenir la diversité fonctionnelle dans les paysages modifiés par l'homme ?
Introduction à l'article :
Les terres cultivables empiètent sur les forêts tropicales (déforestation), la diminution de la biodiversité y est souvent observée, les oiseaux frugivores n'y sont par exemple plus retrouvés. Ces oiseaux sont pourtant importants dans ces zones, ils sont responsables de la pollinisation ou de la dispersion des graines. Ils peuvent nicher dans différents arbres, tels que le Ficus, un acteur écologique important, même dans des zones préservées. Ces arbres sont une ressource clé pour ces oiseaux frugivores. De plus, ils peuvent persister dans des zones très modifiées par l'homme. Il est donc légitime de se demander si le Ficus est plus efficace pour attirer et préserver les espèces d'oiseaux frugivores dans les zones modifiées par l'homme par rapport à d'autres types d'arbres. Pour y répondre, le nombre d'espèces frugivores dans les Ficus de zones préservées a été comparé avec celles d'autres types d'arbres. Ensuite, la composition en espèces frugivores d'un Ficus isolé a été étudiée.
L'étude a été réalisée dans le district de Golaghat, dans le nord-est de l'Inde, une région à l'origine subtropicale mais qui a été largement modifiée par l'homme. 1857 Ficus ont été recensés, principalement F. religiosa et F. benghalensis, situés plus ou moins proches de zones modifiées par l'homme ou de zones protégées. Leur taille et celle des fruits qu'ils produisent ont été mesurées. Lors de la période où ces fruits sont mûrs (3-7 jours), les oiseaux frugivores présents sur les Ficus ou les autres types d'arbres (fruitiers ou non) ont été comptés et caractérisés phylogénétiquement. La fonction de tout ces oiseaux frugivores dans l'écosystème (notamment la capacité de pollinisation) a ensuite été déterminée, pour cela la taille, la capacité de dispersion et le comportement de déplacement des oiseaux ont été analysés. Ensuite, afin d'avoir une idée de la redondance des fonctions, le rôle de chaque espèce frugivore a été analysé, cela en suivant les mêmes paramètres que précédemment.
Durant les 366 heures de surveillance 98 espèces d'oiseaux ont été observées, dont 33 consommant les fruits des Ficus, représentant en tout 30084 oiseaux. La comparaison des Ficus avec les autres arbres (fruitiers ou non) montre que les Ficus attirent davantage de frugivores. En effet les autres arbres fruitiers attirent en moyenne seulement 14 oiseaux, les arbres non fruitiers 7 oiseaux et les Ficus 246 oiseaux, avec une diversité plus élevée. Beaucoup d'espèces sont retrouvées uniquement chez les Ficus et pas chez les autres arbres. Le nombre d'espèces observées augmente avec la taille du Ficus et de ses fruits, mais diminue en fonction du taux de modification des zones transformées par l'homme, il varie également en fonction de la saison, avec davantage d'oiseaux pendant la mousson et moins pendant l'hiver. Ces oiseaux sont morphologiquement différents (de par leur taille, leur comportement) et permettent d'assurer des fonctions nécessaires à l'écosystème (pollinisation, dissémination).
Le nombre de répétitions, les différentes conditions et le nombre d'heures d'observation sont suffisantes pour avoir une très bonne représentation de la réalité, avec de bonnes analyses statistiques. Les différentes caractéristiques des arbres sont mesurées ce qui permet de se faire une idée des facteurs pouvant attirer les différents oiseaux. Cependant, le rôle des autres arbres que le Ficus (non fruitiers et fruitiers) dans des zones modifiées par l'homme n'est pas clairement défini, dans lesquels ils pourraient eux aussi attirer des oiseaux.
Aucun doute n'est cependant émis quant à la neutralité des auteurs.
Cette étude montre qu'une seule espèce végétale, ici le Ficus, permet d'attirer beaucoup plus d'espèces d'oiseaux frugivores, essentielles pour l'écosystème, que d'autres espèces d'arbres non fruitiers ou fruitiers. Cela veut dire qu'il peut être intéressant d'investir dans la conservation de ces Ficus, qui vont permettre de préserver les oiseaux frugivores et ainsi conserver les fonctions qu'ils accomplissent.
Ce papier penche du coté de la conservation fonctionnelle. Ici, seul le Ficus sera protégé, car il assurera autant de fonctions au sein de l'écosystème que d'autres espèces d'arbres. Le Ficus représentera un habitat (nidification, source de nourriture) pour les oiseaux frugivores qui permettront à leur tour aux espèces végétales de se multiplier (grâce à leur pollinisation) : en jouant sur un seul levier, le Ficus, énormément de fonctions nécessaires à la bonne marche de l'écosystème seront préservées ; des espèces seront donc aussi sauvegardées.
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