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Titre de l'article :

Effets des éoliennes sur le comportement de vol des Eiders communs hivernant : implications pour leur habitat et le risque de collision.


Figure :

Position des leurres dans le parc et aux alentours.

Introduction à l'article :

De plus en plus de parcs éoliens voient le jour, notamment au niveau des eaux peu profondes des zones côtières qui représentent un habitat important pour de nombreuses espèces d'oiseaux. La proximité des éoliennes est soupçonnée de causer des problèmes de perturbation et de collision avec les oiseaux, qui pourraient engendrer, d'une part une hausse de la mortalité et d'autre part une réduction de leur habitat. Cette étude se propose donc d'étudier ce phénomène sur les populations d'Eiders communs (Somateria mollissima) hivernant dans le parc éolien de Tunø Knob situé dans le Cattégat au Danemark. Les objectifs sont, premièrement, de déterminer l'impact du parc éolien sur leur comportement de vol, deuxièmement de différencier les effets des structures des effets des rotors (marche/arrêt) et enfin d'identifier les facteurs qui causent une hausse de la mortalité chez les Eiders communs.

Expériences de l'article :

Pour étudier l'impact de la présence des éoliennes sur le comportement de vol des Eiders les auteurs ont utilisé des leurres afin de standardiser la volonté des oiseaux à atterrir. Cinq groupes de leurres ont été placés à intervalles réguliers à différentes distances du parc éolien (Fig 1).
Pour étudier l'effet de l'état de marche des rotors (marche/arrêt) les observateurs ont mené 10 essais. Ils sont chacun découpés en 2 phases d'observations qui correspondent à un état de marche différent des rotors. La première phase d’observation dure 25min et la seconde 60min, à chaque essai l'ordre de mise en marche est inversé.
Pour les différentes expériences les observateurs relèvent le nombre d'oiseaux dans chaque couloir de vol ainsi que leur fréquence d'atterrissage (le nombre d'oiseaux réagissant aux leurres, c'est à dire ceux qui atterrissent ou qui montrent l'intention de le faire). Ils ont également noté à quelle altitude volaient les Eiders.

Résultats de l'article :

Comportement de vol : il semble que le nombre d'Eiders volants soit significativement lié à la distance des couloirs par rapport au parc. En effet, les Eiders volant à l'intérieur et dans le transect 0-200m, qui est donc proche du parc, sont moins nombreux que les Eiders volant à l'extérieur du parc.
Volonté d’atterrir : comme pour le comportement de vol, il semble que le nombre d'Eiders atterrissant dans le parc et à proximité du parc soit moins important qu'à l'intérieur du parc.
Les Eiders communs montrent donc un comportement d'évitement vis à vis du parc éolien ce qui peut provoquer une diminution de leur habitat.
L'état de marche des rotors ne semble pas avoir eu d'impact significatif sur le vol et l'atterrissage des Eiders, le bruit et le mouvement des pales ne constitueraient donc pas une gêne pour ces oiseaux. Ce serait donc les structures en elles-mêmes qui agissent sur les oiseaux.

Ce que cet article apporte au débat :

Cet article a permis de montrer l'impact du parc éolien de Tunø Knob que les Eiders communs en vol semblent éviter. Cependant ce ne serait ni le bruit, ni le mouvement des pales qui effraient les oiseaux mais la structure en elle-même. Ce comportement d’évitement peut, certes permettre de réduire les risques de collision, mais il pourrait également être à l'origine d'une réduction de leur habitat à l'intérieur et à proximité du parc.
Cette étude permet de mettre en lumière de nouvelles questions. En effet, ces observations ont été menées dans la journée, lorsque les conditions de visibilité pour les oiseaux étaient bonnes mais n'étant pas sensibles au bruit des éoliennes, il se peut que dans de mauvaises conditions de visibilité (nuit, brouillard ...) le risque de collision augmente.
De plus, le parc de Tunø Knob est un petit parc, il est donc important de connaître également les impacts des immenses parcs éoliens côtiers.

Remarques sur l'article :

Les auteurs précisent que ce type d'observations est dépendante des conditions météorologiques, le vol des oiseaux est en effet grandement influencé par les vents et les courants. Ainsi, il faut rester critique face aux résultats. De plus cela rend la comparaison avec d'autres études similaires délicate.

Publiée il y a plus de 8 ans par F. Gaveriaux et S. Rigal.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.