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Titre de l'article :

Impacts biologiques de l'écotourisme: touristes et tortues nicheuses dans le parc national de Tortuguero, Costa Rica


Figure :

Comparaison des comportements de nidification des tortues (émergence non nidifiante, fausse nidification et nidification) sur la plage de Toruguerto, dans le parc national de Tortuguero, au Costa Rica, A) les nuits de faible activité touristique en semaine (du lundi au mardi) et les nuits de week-end de juillet-août 1990.
B) caractérisés par des niveaux élevés et faibles d'activité humaine, juillet 1990

Introduction à l'article :

Dans le Parc National de Tortuguero au Costa Rica le tourisme est la principale industrie du village depuis les années 1980. Le nombre de touristes depuis ces dernières décennies attirés par la nidification des tortues de mer est en constante augmentation à Tortuguero. Cette étude cherche à étudier l’impact des touristes qui viennent observer le processus de nidification des 2 à 2000 tortues vertes (Chelonia mydas) qui nichent chaque année sur Tortuguero, qui est le plus grand site de nidification de tortues vertes de l’hémisphère occidental.

Expériences de l'article :

Ils ont étudié l’impact de l’activité humaine sur le comportement de nidification des tortues en réalisant un recensement nocturne du nombre d’émergences de tortues et de tentatives de nidification. Ils ont fait 3 catégories de nidifications :
1) le nid est réussi ;
2) faux nids, ceux partiellement creusés puis abandonnés ;
3) activités de nidification infructueuses les femelles ont rampé sur la plage mais sont retournées dans l’océan.
Ces 3 observations ont été comparées entre les nuit du week end (Vendredi et Samedi) et les nuits de lundi et mardi de juillet et août 1990. Ces comportements de nidification ont aussi été comparé entre deux étendues de plage en juillet 1990. L’une de 1,6 km donnant sur le village de Tortugero et une autre aussi de 1,6 km où l’activité humaine est moins importante.

Résultats de l'article :

Les tortues nidificatrices observées ont été perturbées par l’utilisation de lampes de poches et de caméras flash, par le blocage physique ou le toucher des tortues arrivant ou revenant de la mer, le creusement et le mouvement des touristes près des nids et la manipulation et le piétinement des tortues. Il n'y a en revanche pas de différence significative entre les plages peu et beaucoup soumises à l’activité humaine. Cependant il y a plus de nids réussis en faible présence d’activité humaine en semaine que le week-end avec 180 émergences la semaine pour 116 le week-end. De plus on observe une différence significative entre le nombre d’émergence raté ou de faux nid, qui sont plus importants durant la période de faible activité touristique en semaine.

Ce que cet article apporte au débat :

Il est difficile à partir de cette étude d’affirmer l’impact négatif d’une forte activité humaine puisque qu’il y a plus de faux nids ou de nids non émergés durant la semaine. Cependant des observations ont été faites et ont montré que les tortues étaient perturbées par des lampes ou par des touristes qui les touchent. Il semble donc avoir un impact évident de la présence humaine mais pas forcement corrélé avec le nombre de visiteurs.

Remarques sur l'article :

Cette étude a était mené en comparant des sites de nidification où il y a peu et beaucoup d’activité humaine, il n’y a pas de comparaisons faites sur un lieu où l’homme n’est pas présent. Cela aurait été plus intéressant pour quantifier l’impact de l’homme sur la nidification. De plus elle a été réalisée seulement sur 1 année ce qui paraît assez faible pour tirer des conclusions.
Il faudrait vérifier que le fort impact de touristes en semaine n’est pas justement lié aux petits groupes qui seraient moins bien encadrés et qui se permettraient de déranger les tortues en s’approchant plus près. Chose qu’un groupe de 50 à 90 personnes ne se permettrait pas sachant l’impact qu’ils pourraient avoir sur la nidification.

Publiée il y a plus de 8 ans par F. Gouzerh et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 8 ans.