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Titre de l'article :

La diversité des Hommes modernes suggère une structure de populations subdivisée et un scénario complexe de sortie d'Afrique.


Figure :

Hommes modernes et formes archaïques dans l'espace des formes (en haut).
Les hommes récents sont en brun clair, les fossiles datant de la fin du Pléistocène en bleu, les premiers Hommes modernes en rouge, et les Homo archaïques en orange. Deux informations importantes sont apportées par le graphique :

  1. Le classement de chaque spécimen dans l'espace des trois premières composantes principales
  2. Les relations des plus proches voisins (qui utilisent toutes les dimensions, pas seulement les 3 présentées ici). Les connections des plus proches voisins appartenant au même groupe sont représentées dans la couleur de ce groupe. Celles reliant des plus proches voisins de groupes différents sont en noir. La couleur des ellipsoïdes (75 % des fréqences) renvoie à celle du groupe. Le logarithme de la taille du centroïde (log CS), une mesure de la taille, est représenté pour tous les spécimens (code couleur comme précédement). Les premiers Hommes modernes montre la distribution du log CS la plus étroite.
Introduction à l'article :

Le débat actuel de l'origine de l'Homme moderne s'articule autours de deux modèles extrêmes :

  • La sortie d'Afrique avec remplacement complet des populations archaïques
  • L'origine multi-régionale

Aussi, d'autres explications combinent ceux-ci, comme le modèle d'assimilation par exemple. Ce dernier modèle tente de concilier les discordances entre les registres fossiles, archéologiques et génétiques.

D'après les auteurs, les inférences permettant de reconstruire la récente expansion des Hommes modernes sont peu fiables. En effet, elles reposent sur des suppositions de taille de populations pour lesquelles aucun consensus n'est pour le moment établi.
Cet article propose d'étudier la diversité morphologique de l'Homme moderne en relation avec celle des formes archaïques de Homo.

Leur approche se base sur les données tirées du registre fossile. Elle consiste à comparer des repères anatomiques géométriquement homologues de neurocrânes modernes et fossiles.

Expériences de l'article :

Données :
-Près de 500 repères géométriquement homologues.
-200 neurocrânes

Les patrons de variabilité ont été mis en évidence par analyse de composantes principales (ACP). Les scores des différents spécimens sur les composantes principales permettent d'estimer les plus proches voisins en terme de forme du neurocrâne. Chaque spécimen est ainsi connecté à son plus proche voisin (voir figure).

Résultats de l'article :

Les résultats principaux sont résumés dans la figure. Le regroupement le plus étroit est celui des Néandertaliens et celui du groupe des Hommes archaïques. La plus grande variabilité correspond aux premiers Homme modernes et aux Hommes modernes récents. Ce résultat est contre-intuitif : en effet, les Hommes archaïques couvraient une large distribution géographique et temporelle, et on aurait pu s'attendre à ce que leur anatomie soit plus variable que ce que l'on constate.

Plus important : la variabilité des formes des premiers Hommes modernes est la plus élevée parmi tous les groupes testés parmi un échantillon de spécimens du genre Homo compris dans un intervalle de 1.8 millions d'années. Cette grande hétérogénéité des premiers Hommes modernes est interprétée comme le résultat de populations temporellement isolées (i.e plusieurs sous-populations isolées en Afrique)

Ce que cet article apporte au débat :

Cet article renforce les doutes relatifs à l'hypothèse d'une unique dispersion du type sortie d'Afrique proposée par d'autres auteurs. En effet, la grande hétérogénéité des premiers Hommes modernes est interprétée comme le résultat de populations africaines isolées. En fait, cette étude ne permet pas de plaider pour un et un seul modèle de dispersion. Même s'il semble nous donner un scénario peu clair, il permet cependant de privilégier des modèles considérant des structures de populations plus complexes ce qui réfute la simple sortie d'Afrique classique.

Publiée il y a plus de 8 ans par S. Julien.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.