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La valeur potentielle des espèces exogènes dans la conservation
Résumé de la review :
Il est courant dans la littérature scientifique de présenter les espèces introduites comme une menace pour la diversité et pour les écosystèmes. L'acclimatation rapide d'une espèce exogène à un nouveau milieu, fortement renforcée par les changements globaux est perçue comme une menace supplémentaire, mais en aucun cas comme un apport de diversité spécifique. Le terme d'invasion est alors employé pour définir cette espèce. Les auteurs de cette publication utilisent des termes différents pour parler des espèces exogènes en fonction de leurs impacts sur l'environnement : ils utilisent le terme neutre d'espèces « non-natives » pour les espèces rencontrées en dehors de leur aire de répartition historique, et le terme d'espèces « invasives » à proprement dit quand les espèces en question sont globalement néfastes pour l'environnement. Ce papier s'intéresse tout particulièrement aux espèces non-natives ayant des effets bénéfiques sur l'environnement, à la manière dont elles vont être perçues et ce que cela implique pour leur gestion.
A titre d'exemple :
Il été observé que certains taxons indigènes ne recolonisent pas rapidement un milieu après une perturbation mais il peut arriver que des taxons non-natifs s'implantent plus facilement et préparent le terrain pour une recolonisation ultérieure par les taxons indigènes.
Certains oiseaux introduits (volontairement ou non) peuvent substituer les fonctions d'oiseaux natifs éteints dans l'écosystème en dispersant les graines. Il est possible que l'introduction de ces oiseaux ai précipité l'extinction des taxons natifs, sans pour autant altérer le fonctionnement de l'écosystème.
Des pollinisateurs non-natifs très efficaces peuvent augmenter la pollinisation dans certains milieux particulièrement fragmentés, en se déplaçant de patch en patch (ce que ne faisaient pas les espèces indigènes), contribuant ainsi au maintien d'un flux de gènes.
Il est reconnu que l'augmentation du nombre d'invasions biologiques partout dans le monde provoque une homogénéisation de la biodiversité à l'échelle globale. Cependant, on a pu remarquer que chez certaines espèces introduites une spéciation est déjà à l’œuvre depuis près de 200 ans.
Des arbres non-natifs peuvent servir de sites de reproduction et d'hybridation entre 2 espèces d'insectes habituellement inféodées à des espèces végétales différentes.
Enfin, il existe des cas d'hybridation entre espèces natives et non-natives. Tout cela contribue à augmenter la diversité (génétique et spécifique) dans certaines environnements et donc leur résilience face aux perturbations.
Tout ceci laisse penser que le caractère invasif d'une espèce est une question de point de vue : si l'on s'attelle à préserver la diversité spécifique native et celle des paysages historiques, alors les espèces invasives apparaissent comme néfastes. Si l'on s'intéresse au maintien voire à l'augmentation des propriétés fonctionnelles des écosystèmes, alors certaines espèces non-natives sont plus que bienvenues.
De plus, la question n'est pas toujours de savoir si une espèce est invasive ou non, mais de savoir combien de temps elle va rester invasive, avant que ses effets négatifs s'estompent au profit des ses côtés bénéfiques. Certains taxons introduits peuvent paraître néfastes dans l'immédiat mais s'avérer essentiels dans le futur.
En réalité, le caractère invasif d'une espèce résulte d'une balance entre les impact positifs et négatifs. Les auteurs proposent alors le terme d'espèce invasive nette pour désigner les espèces présentant de façon indéniable, quelque soit le point de vue, des aspects négatifs sur l'écosystème.
Il est certain qu'à l'avenir, l'intérêt pour les espèces non-natives et pour leurs bienfaits potentiels ne cessera de croître chez les scientifiques et les gestionnaires. La capacité de certaines espèces à s'adapter à des milieux et des conditions très différents en font d'excellents tampons face aux changements environnementaux à venir.
Ce que cette review apporte au débat :
Il existe des conflits entre les défenseurs des paysages historiques, attachés à la biodiversité native qui voient l'introduction d'espèces exogènes d'un mauvais oeil, et d'autres qui préfèrent voir les bienfaits des espèces non-natives. Le caractère envahissant d'une espèce est donc une question de point de vue. Il est nécessaire pour pleinement appréhender le statut d'une espèce de prendre du recul et de considérer à la fois ses bienfaits et ses méfaits sur l'écosystème en question. Si la balance penche vers le côté négatif alors les auteurs proposent d'utiliser le terme d'espèce invasive nette. Si la balance penche du côté positif alors il convient de ne pas éradiquer cette espèce et d'envisager au contraire de l'utiliser comme agent de conservation en prévision des changements climatiques futurs.
La valeur potentielle des espèces exogènes dans la conservation
Résumé de la review :
Il est courant dans la littérature scientifique de présenter les espèces introduites comme une menace pour la diversité et pour les écosystèmes. L'acclimatation rapide d'une espèce exogène à un nouveau milieu, fortement renforcée par les changements globaux est perçue comme une menace supplémentaire, mais en aucun cas comme un apport de diversité spécifique. Le terme d'invasion est alors employé pour définir cette espèce. Les auteurs de cette publication utilisent des termes différents pour parler des espèces exogènes en fonction de leurs impacts sur l'environnement : ils utilisent le terme neutre d'espèces « non-natives » pour les espèces rencontrées en dehors de leur aire de répartition historique, et le terme d'espèces « invasives » à proprement dit quand les espèces en question sont globalement néfastes pour l'environnement. Ce papier s'intéresse tout particulièrement aux espèces non-natives ayant des effets bénéfiques sur l'environnement, à la manière dont elles vont être perçues et ce que cela implique pour leur gestion.
A titre d'exemple :
Il été observé que certains taxons indigènes ne recolonisent pas rapidement un milieu après une perturbation mais il peut arriver que des taxons non-natifs s'implantent plus facilement et préparent le terrain pour une recolonisation ultérieure par les taxons indigènes.
Certains oiseaux introduits (volontairement ou non) peuvent substituer les fonctions d'oiseaux natifs éteints dans l'écosystème en dispersant les graines. Il est possible que l'introduction de ces oiseaux ai précipité l'extinction des taxons natifs, sans pour autant altérer le fonctionnement de l'écosystème.
Des pollinisateurs non-natifs très efficaces peuvent augmenter la pollinisation dans certains milieux particulièrement fragmentés, en se déplaçant de patch en patch (ce que ne faisaient pas les espèces indigènes), contribuant ainsi au maintien d'un flux de gènes.
Il est reconnu que l'augmentation du nombre d'invasions biologiques partout dans le monde provoque une homogénéisation de la biodiversité à l'échelle globale. Cependant, on a pu remarquer que chez certaines espèces introduites une spéciation est déjà à l’œuvre depuis près de 200 ans.
Des arbres non-natifs peuvent servir de sites de reproduction et d'hybridation entre 2 espèces d'insectes habituellement inféodées à des espèces végétales différentes.
Enfin, il existe des cas d'hybridation entre espèces natives et non-natives. Tout cela contribue à augmenter la diversité (génétique et spécifique) dans certaines environnements et donc leur résilience face aux perturbations.
Tout ceci laisse penser que le caractère invasif d'une espèce est une question de point de vue : si l'on s'attelle à préserver la diversité spécifique native et celle des paysages historiques, alors les espèces invasives apparaissent comme néfastes. Si l'on s'intéresse au maintien voire à l'augmentation des propriétés fonctionnelles des écosystèmes, alors certaines espèces non-natives sont plus que bienvenues.
De plus, la question n'est pas toujours de savoir si une espèce est invasive ou non, mais de savoir combien de temps elle va rester invasive, avant que ses effets négatifs s'estompent au profit des ses côtés bénéfiques. Certains taxons introduits peuvent paraître néfastes dans l'immédiat mais s'avérer essentiels dans le futur.
En réalité, le caractère invasif d'une espèce résulte d'une balance entre les impact positifs et négatifs. Les auteurs proposent alors le terme d'espèce invasive nette pour désigner les espèces présentant de façon indéniable, quelque soit le point de vue, des aspects négatifs sur l'écosystème.
Il est certain qu'à l'avenir, l'intérêt pour les espèces non-natives et pour leurs bienfaits potentiels ne cessera de croître chez les scientifiques et les gestionnaires. La capacité de certaines espèces à s'adapter à des milieux et des conditions très différents en font d'excellents tampons face aux changements environnementaux à venir.
Il existe des conflits entre les défenseurs des paysages historiques, attachés à la biodiversité native qui voient l'introduction d'espèces exogènes d'un mauvais oeil, et d'autres qui préfèrent voir les bienfaits des espèces non-natives. Le caractère envahissant d'une espèce est donc une question de point de vue. Il est nécessaire pour pleinement appréhender le statut d'une espèce de prendre du recul et de considérer à la fois ses bienfaits et ses méfaits sur l'écosystème en question. Si la balance penche vers le côté négatif alors les auteurs proposent d'utiliser le terme d'espèce invasive nette. Si la balance penche du côté positif alors il convient de ne pas éradiquer cette espèce et d'envisager au contraire de l'utiliser comme agent de conservation en prévision des changements climatiques futurs.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.