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Analyse de la référence The benefit and the doubt : Why monogamy ?

Titre de la méta-analyse :

Le bénéfice et le doute : pourquoi la monogamie ?


Introduction à la méta-analyse :

Les différentes théories s’intéressant aux stratégies d’accouplement chez l’Homme considèrent que les stratégies disponibles sont déterminées par la culture.
L’influence de la religion est effectivement importante notamment via le sacrement du mariage et l’interdiction du divorce dans l’église romaine catholique. Cette interdiction traduit cependant l’existence d’alternatives dans les stratégies d’accouplement chez l’Homme.
A première vue, la monogamie offrirait plusieurs avantages tels que l’accès exclusif au potentiel reproductif d’un partenaire assurant ainsi la survie du patrimoine génétique d’un individu. Mais elle limite la recherche du partenaire optimal et la diversité des partenaires. Incluant ainsi la balance du doute et du bénéfice. Quels sont les forces sélectives favorisant l’évolution de la monogamie chez l’Homme ?

Résultats de la méta-analyse :

La monogamie chez les mammifères est liée à l’investissement différentiel d’énergie par la mère et le père due aux caractéristiques physiologiques. Le phénomène de Mate-guarding (protection du partenaire) semble être la principale force à l’origine de l’évolution de la monogamie. L'association de l'investissement des deux parents pour la survie de la descendance peut être à l'origine de la monogamie. Dans les stratégies d’accouplement, la qualité du territoire joue un rôle important. Les mâles pouvant défendre un territoire à la fois tendent vers une stratégie monogame.
Il semble nécessaire pour le mâle de trouver un équilibre entre engendrer un maximum de descendants en ayant une influence faible sur leur survie et la paternité d’un nombre limité de descendants inhérente à la monogamie. Pour la femelle c’est la recherche d’un équilibre optimal entre obtenir les meilleurs gènes disponibles et les soins parentaux que pourraient fournir un mâle de moins bonne qualité.

Rigueur de la méta-analyse :

La rigueur de l’article repose sur l’étude des facteurs environnementaux à l’origine de telle ou telle stratégie d’accouplement quel que soit la lignée étudiée. Puis l’auteur met en lumière des facteurs qui sont propres à l’Homme avec des exemples vagues de ces différentes influences, sans analyse précise de leur impact réel sur les populations humaines. L’Homme primitif n’y est pas étudié. Presque aucun article cité n’étudie les stratégies d’accouplement humaines.

Ce que cette méta-analyse apporte au débat :

Cet article apporte une redéfinition de la monogamie et la différencie de la fidélité sexuelle. La longévité des humains joue un rôle dans l’accouplement avec plusieurs partenaires. Cette stratégie, qualifiée de « monogamie en série » , est une forme de polygamie. Il est observé que la monogamie ne coïncide pas avec la classification phylogénétique chez les mammifères et les oiseaux. L'étude d'espèces d’oiseaux monogames permet de comprendre les forces favorisant l’évolution de la monogamie.
L’auteur apporte une réflexion sur savoir si ces forces sont applicables à l’Homme, et quels sont les facteurs d’influence propres au comportement humain.
La monogamie de l’Homme moderne repose sur des facteurs qui lui sont spécifiques : la loi, la religion, les contraintes économiques. L'influence de ces facteurs est variable dans le temps. Avec leur atténuation, la nature biologique de Homo sapiens est ici définie comme monogame quand c’est nécessaire et polygame quand c’est possible.

Remarques sur la méta-analyse :

L’article ne s’intéresse pas aux comportements de l’Homme primitif, à l’époque où les facteurs d’influence mis en lumière ici n’existaient pas. Une telle analyse pourrait s’inscrire avec logique dans l’étude de la problématique et apporter des réponses supplémentaires.

Publiée il y a plus de 8 ans par J. Inghilleri et Liz Noguera.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.