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Les agents de biocontrôle infructueux peuvent agir comme pollinisateurs de mauvaises herbes invasives : Bitou Bush (Chrysanthemoide Monilifera ssp. rotundata) comme exemple
Introduction à l'article :
Le progrès toujours constant des moyens de déplacement n'ont fait que favoriser les migrations inter-étatiques et continentales des espèces. Ces migrations permettent alors de mieux comprendre le rôle joué par les vecteurs de pollinisation dans les épisodes post-invasifs de ces mêmes espèces et comment agissent ces pollinisateurs, naturels ou aliens, dans le cadre de la lutte biologique. Cet article porte ainsi sur l'étude des implications écologiques dues aux introductions de plusieurs agents de lutte contre une espèces zoophile de chrysanthème en Australie. En effet, Monilifera ssp. rotundata importé d'Afrique du Sud dans les années 1850 comme plante décorative pose de sérieux problèmes écologiques sur plus de 150 espèces natives, de par ses capacités reproductives extrêmement avantageuses. Un programme de surveillance mis en place dès 1984 a ainsi permit d'identifier les moyens de lutte contre la dispersion post-disturbance, via la graminivore Mesoclanis polana en 1996 par exemple.
Expériences de l'article :
Afin de comprendre le rôle de l'écosystème dans la propagation Monilifera ssp. rotundata plusieurs méthodes furent menées sur 2 populations : 1) une population costale et 2) une population intérieure.
différents échantillons récupérés à partir de plusieurs milieux de vie sur 165Km de côtes. Delà, application d'une pollinisation artificielle et décomptes des ratios fruits/échantillons pour mesurer le succès de la pollinisation. Les quantités de fruits par fleurs sont ainsi décomptées entre les populations 1) et 2).
via la pose de caméras vidéo sur 4 jours, classification des visiteurs floraux en catégories selon la fréquence des visites et leur comportement : pollinisateurs potentiels (PP), non pollinisateurs (NP), voleurs (Th) ou prédateur (Pr).
pour les 4 visiteurs floraux principaux, détermination de leur potentiel de transfert de pollen par comptage du nombre de grains portés sur ces insectes.
les données récoltées via ces méthodes sont analysées statistiquement par analyse de variance.
Résultats de l'article :
Sur 150hr d'étude réparties sur 2 saisons entre Octobre-Décembre 2015 et Novembre 2016 depuis 41 plants, plus de 35 espèces d'arthropodes visiteurs. Les principaux étant généralement natifs tandis que le Diptera Mesoclanis polana, espèce introduite en comme parasite pour contrôler l'expansion de m. rotundata, est ironiquement responsable de 52% du potentiel pollinique de ce chrysanthème invasif. On observe 6 espèces de pollinisateurs communes aux populations côtières et intérieurs présentant un temps de recherche de nourriture variable selon les espèces. Le transport du pollen est également dominé par M. polana, suivi par les populations natives d'abeilles tel qu'Apis mellifera.
Rigueur de l'article :
Malgré une étude globalement poussée sur les capacités reproductive de M. rotundata, l'écologie et la phénologie de M. polana sont relativement peu exprimés. En outre, comme cet article le précise, "aucunes données sur une possible exigence de pollinisation de cette espèce végétale n' a était observées dans son aire de répartition d'origine en Afrique du Sud". L'on peut donc en déduire une certaine incertitude quant à l'écologie de M. rotundata et les relations que cela implique avec les nouvelles composantes écosystémiques présentes dans un nouveau milieu. Les impacts inattendus des effets de post-relâche suite à l'introduction de l’auxiliaire M. polana dénote également une possible sous-estimation de la phénologie de ce vecteur de biocontrôle. La méconnaissance des relations vecteur/hôte pose donc de graves problèmes si ceux-ci ne sont pas suffisamment pris, a priori, en considération avant l'introduction.
Ce que cet article apporte au débat :
L'idée que les formes végétales exogènes peuvent s'auto-maintenir dans un milieu non-natif sans intervention de pollinisateurs apparait comme une déformation et une mauvais interprétation de la règle de Baker (Baker, 1967). L'introduction d'une nouvelle composante écologique dans un milieu sans avoir une idée précise de ses compatibilités et de son histoire évolutive peut conduire à des effets indésirables et imprévus. Si aujourd'hui M. polana contribue à endommager l'écosystème australien, son action sur les écosystèmes sud africains tend à montrer une relative efficacité, participant effectivement à la réduction de près de 31% la production d'ovules chez les populations herbacées invasives.
Les agents de biocontrôle infructueux peuvent agir comme pollinisateurs de mauvaises herbes invasives : Bitou Bush (Chrysanthemoide Monilifera ssp. rotundata) comme exemple
Introduction à l'article :
Le progrès toujours constant des moyens de déplacement n'ont fait que favoriser les migrations inter-étatiques et continentales des espèces. Ces migrations permettent alors de mieux comprendre le rôle joué par les vecteurs de pollinisation dans les épisodes post-invasifs de ces mêmes espèces et comment agissent ces pollinisateurs, naturels ou aliens, dans le cadre de la lutte biologique. Cet article porte ainsi sur l'étude des implications écologiques dues aux introductions de plusieurs agents de lutte contre une espèces zoophile de chrysanthème en Australie. En effet, Monilifera ssp. rotundata importé d'Afrique du Sud dans les années 1850 comme plante décorative pose de sérieux problèmes écologiques sur plus de 150 espèces natives, de par ses capacités reproductives extrêmement avantageuses. Un programme de surveillance mis en place dès 1984 a ainsi permit d'identifier les moyens de lutte contre la dispersion post-disturbance, via la graminivore Mesoclanis polana en 1996 par exemple.
Afin de comprendre le rôle de l'écosystème dans la propagation Monilifera ssp. rotundata plusieurs méthodes furent menées sur 2 populations : 1) une population costale et 2) une population intérieure.
Sur 150hr d'étude réparties sur 2 saisons entre Octobre-Décembre 2015 et Novembre 2016 depuis 41 plants, plus de 35 espèces d'arthropodes visiteurs. Les principaux étant généralement natifs tandis que le Diptera Mesoclanis polana, espèce introduite en comme parasite pour contrôler l'expansion de m. rotundata, est ironiquement responsable de 52% du potentiel pollinique de ce chrysanthème invasif. On observe 6 espèces de pollinisateurs communes aux populations côtières et intérieurs présentant un temps de recherche de nourriture variable selon les espèces. Le transport du pollen est également dominé par M. polana, suivi par les populations natives d'abeilles tel qu'Apis mellifera.
Malgré une étude globalement poussée sur les capacités reproductive de M. rotundata, l'écologie et la phénologie de M. polana sont relativement peu exprimés. En outre, comme cet article le précise, "aucunes données sur une possible exigence de pollinisation de cette espèce végétale n' a était observées dans son aire de répartition d'origine en Afrique du Sud". L'on peut donc en déduire une certaine incertitude quant à l'écologie de M. rotundata et les relations que cela implique avec les nouvelles composantes écosystémiques présentes dans un nouveau milieu. Les impacts inattendus des effets de post-relâche suite à l'introduction de l’auxiliaire M. polana dénote également une possible sous-estimation de la phénologie de ce vecteur de biocontrôle. La méconnaissance des relations vecteur/hôte pose donc de graves problèmes si ceux-ci ne sont pas suffisamment pris, a priori, en considération avant l'introduction.
L'idée que les formes végétales exogènes peuvent s'auto-maintenir dans un milieu non-natif sans intervention de pollinisateurs apparait comme une déformation et une mauvais interprétation de la règle de Baker (Baker, 1967). L'introduction d'une nouvelle composante écologique dans un milieu sans avoir une idée précise de ses compatibilités et de son histoire évolutive peut conduire à des effets indésirables et imprévus. Si aujourd'hui M. polana contribue à endommager l'écosystème australien, son action sur les écosystèmes sud africains tend à montrer une relative efficacité, participant effectivement à la réduction de près de 31% la production d'ovules chez les populations herbacées invasives.
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