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Efficacité des aires marines protégées aux Philippines pour la conservation de la biodiversité
Introduction à l'article :
Evaluer l’efficacité des aires marines protégées (AMPs), que ce soit leurs atteintes des objectifs ou leurs lacunes, est essentiel pour le développement de réseaux d’AMPs. Malgré la reconnaissance générale des Philippines en tant que priorité mondiale pour la conservation marine, des travaux limités ont été entrepris pour évaluer l'efficacité en termes de conservation des AMPs existantes. Cette étude cherche à évaluer l’efficacité des AMPs aux Philippines en termes de conservation selon deux façons différentes. Premièrement, dans quelle mesure les biorégions marines et les zones prioritaires de conservation sont représentées dans les AMP existantes. Deuxièmement, est-ce que la taille et l'espacement des AMPs respectent les recommandations issues des connaissances actuelles sur les distances de dispersion des larves.
Expériences de l'article :
Plusieurs bases de données spatiales et descriptives ont été compilées et ont permis d’obtenir des informations sur près de 1000 AMPs. Six biorégions marines, trente-cinq zones prioritaires intégrées et neuf corridors de biodiversité marine ont été identifiés dans la zone d’étude. Les corridors de biodiversité marine ont été caractérisés comme les zones d'importance pour la connectivité entre les biorégions. La biodiversité des AMPs, leur superficie dans chaque biorégion, leur nombre dans les régions prioritaires ont été calculés. La connectivité entre les AMPs a aussi été mise en évidence.
Résultats de l'article :
Seulement 0,5% des eaux municipales côtières et 2,7% à 3,4% de la superficie des récifs coralliens aux Philippines sont protégés dans des AMPs où l’exploitation est interdite. Le nombre et l'étendue des AMPs varient selon les différentes biorégions marines. Certaines comptent plus d’AMPs par rapport à ce qui est prévu par les mesures de conservation, mais elles ne sont pas forcément liées à une grande superficie. Plus de 50% de la superficie totale des AMPs et 70% des zones interdites à la pêche se trouvent dans des régions hautement prioritaires. Les corridors maritimes ne sont pas bien représentés par les AMPs, quatre des neuf corridors n’en contiennent pas. 90% des AMPs ont des superficies inférieures à 1km². Les AMPs sont bien espacées et donc potentiellement bien reliées, avec 94% des AMP à une distance de 1 à 20 km d’une autre réserve et plus de 70% des AMP à moins de 5 km d'une autre réserve.
Rigueur de l'article :
Les données montrent que les AMPs contiennent beaucoup de zones prioritaires pour la conservation marine. Néanmoins, la délimitation des zones prioritaires a pu être influencée par la disponibilité des données sur la biodiversité. Les données sont souvent plus importantes dans les régions présentant de nombreuses AMPs. Il pourrait donc exister un biais spatial et il se peut que l’emplacement des zones prioritaires reflète la répartition des AMPs plutôt que l’inverse.
Ce que cet article apporte au débat :
L'étendue, la distribution et la taille des AMPs sont insuffisantes pour atteindre les objectifs de conservation et ne sont pas représentatives de la biodiversité marine. Certaines biorégions et les corridors sont peu représentés, mais la distribution des AMPs semble cibler des zones prioritaires. La taille et l'espacement des AMPs devraient être modifiés pour tenir compte de la variation des distances de dispersion des larves. Les AMPs sont majoritairement de petites tailles, notamment les AMPs communautaires, mais des tailles intermédiaires (10-100 km²) sont à développer. Dans la plupart des grandes AMPs, les activités de pêche sont autorisées, ce qui limite la protection de la biodiversité marine. L’espacement des AMPs est faible mais pour déterminer la connectivité il faudrait aussi prendre en compte les courants marins et les caractéristiques larvaires des espèces. Les auteurs préconisent d’augmenter le nombre et la taille des AMPs communautaires et les zones interdites à la pêche.
Remarques sur l'article :
Cet article regroupe un grand nombre de données, surtout des données spatiales, mais il ne se base pas directement sur des données écologiques ou biologiques. Il aborde beaucoup l’aspect conservation et compare notamment les données avec les objectifs de conservation établis. Cependant, nous ne savons pas si ces objectifs sont les plus efficaces en termes de conservation de la biodiversité et des écosystèmes.
Publiée il y a plus de 8 ans
par
M. Robles.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Efficacité des aires marines protégées aux Philippines pour la conservation de la biodiversité
Introduction à l'article :
Evaluer l’efficacité des aires marines protégées (AMPs), que ce soit leurs atteintes des objectifs ou leurs lacunes, est essentiel pour le développement de réseaux d’AMPs. Malgré la reconnaissance générale des Philippines en tant que priorité mondiale pour la conservation marine, des travaux limités ont été entrepris pour évaluer l'efficacité en termes de conservation des AMPs existantes. Cette étude cherche à évaluer l’efficacité des AMPs aux Philippines en termes de conservation selon deux façons différentes. Premièrement, dans quelle mesure les biorégions marines et les zones prioritaires de conservation sont représentées dans les AMP existantes. Deuxièmement, est-ce que la taille et l'espacement des AMPs respectent les recommandations issues des connaissances actuelles sur les distances de dispersion des larves.
Plusieurs bases de données spatiales et descriptives ont été compilées et ont permis d’obtenir des informations sur près de 1000 AMPs. Six biorégions marines, trente-cinq zones prioritaires intégrées et neuf corridors de biodiversité marine ont été identifiés dans la zone d’étude. Les corridors de biodiversité marine ont été caractérisés comme les zones d'importance pour la connectivité entre les biorégions. La biodiversité des AMPs, leur superficie dans chaque biorégion, leur nombre dans les régions prioritaires ont été calculés. La connectivité entre les AMPs a aussi été mise en évidence.
Seulement 0,5% des eaux municipales côtières et 2,7% à 3,4% de la superficie des récifs coralliens aux Philippines sont protégés dans des AMPs où l’exploitation est interdite. Le nombre et l'étendue des AMPs varient selon les différentes biorégions marines. Certaines comptent plus d’AMPs par rapport à ce qui est prévu par les mesures de conservation, mais elles ne sont pas forcément liées à une grande superficie. Plus de 50% de la superficie totale des AMPs et 70% des zones interdites à la pêche se trouvent dans des régions hautement prioritaires. Les corridors maritimes ne sont pas bien représentés par les AMPs, quatre des neuf corridors n’en contiennent pas. 90% des AMPs ont des superficies inférieures à 1km². Les AMPs sont bien espacées et donc potentiellement bien reliées, avec 94% des AMP à une distance de 1 à 20 km d’une autre réserve et plus de 70% des AMP à moins de 5 km d'une autre réserve.
Les données montrent que les AMPs contiennent beaucoup de zones prioritaires pour la conservation marine. Néanmoins, la délimitation des zones prioritaires a pu être influencée par la disponibilité des données sur la biodiversité. Les données sont souvent plus importantes dans les régions présentant de nombreuses AMPs. Il pourrait donc exister un biais spatial et il se peut que l’emplacement des zones prioritaires reflète la répartition des AMPs plutôt que l’inverse.
L'étendue, la distribution et la taille des AMPs sont insuffisantes pour atteindre les objectifs de conservation et ne sont pas représentatives de la biodiversité marine. Certaines biorégions et les corridors sont peu représentés, mais la distribution des AMPs semble cibler des zones prioritaires. La taille et l'espacement des AMPs devraient être modifiés pour tenir compte de la variation des distances de dispersion des larves. Les AMPs sont majoritairement de petites tailles, notamment les AMPs communautaires, mais des tailles intermédiaires (10-100 km²) sont à développer. Dans la plupart des grandes AMPs, les activités de pêche sont autorisées, ce qui limite la protection de la biodiversité marine. L’espacement des AMPs est faible mais pour déterminer la connectivité il faudrait aussi prendre en compte les courants marins et les caractéristiques larvaires des espèces. Les auteurs préconisent d’augmenter le nombre et la taille des AMPs communautaires et les zones interdites à la pêche.
Cet article regroupe un grand nombre de données, surtout des données spatiales, mais il ne se base pas directement sur des données écologiques ou biologiques. Il aborde beaucoup l’aspect conservation et compare notamment les données avec les objectifs de conservation établis. Cependant, nous ne savons pas si ces objectifs sont les plus efficaces en termes de conservation de la biodiversité et des écosystèmes.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.