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Titre de l'article :

Effets de l'écotourisme sur la répartition des oiseaux aquatiques dans un refuge faunique


Introduction à l'article :

Les espaces naturels fréquemment visités par l’homme voient leur faune soumise à des perturbations. C’est surtout vrai pour les oiseaux que ce soit du point de vue de la reproduction ou de l’alimentation. Parmi les oiseaux, les espèces migratrices sont moins prises en compte dans les études montrant des perturbations humaines. Cependant, il a été montré que ces populations sont autant sujettes au stress provoqué par les activités humaines (observation à bord de véhicule, proximité avec les oiseaux, nuisances sonores, etc) que les autres populations d'oiseaux.
L’écotourisme est une activité en pleine expansion dans le monde et son maintien nécessite des aménagements particuliers qui ne peuvent être mis en place qu’en connaissant la tolérance des écosystèmes aux activités humaines. Cette étude porte donc sur l’impact de l’écotourisme sur des oiseaux aquatiques et migrateurs et sur la tolérance des oiseaux en quête de nourriture.

Expériences de l'article :

Le comptage et la distance vis-à-vis des visiteurs d'oiseaux s’est faite à partir d’observatoires le long d’une route (véhicule et piétons, 37 sites) et d’un sentier de randonneurs trois fois par jour (levée du soleil, midi et couché du soleil, 4 sites). Cela à été réalisé durant 14 jours aléatoires entre le 1er juin 1987 et le 30 mai 1988 dans le refuge national de la faune de Ding Darling, Sanibel Island, Floride, USA. Ils ont distingué cinq niveaux de fréquentation de la réserve (toutes les 150 voitures) . La fréquentation piétonne est supposée corrélée avec celle des véhicules. Le comptage s’est fait en distinguant les espèces d’oiseaux résidant à l’année des oiseaux migrateurs. Ces derniers sont divisés par leur date d’arrivée : entre le 19 octobre 1987 et le 13 décembre 1987 (arrivées anticipées) et après le 13 décembre 1987 (arrivées de fin d’hiver). Enfin une analyse statistique (test du chi carré (χ²)) est venue corréler l’occurrence des oiseaux avec l’intensité des visites.

Résultats de l'article :

Sur les 49 espèces observées, 19 le sont toutes l’année. Celle-ci sont peu sensibles aux perturbations humaines quelque soit le niveau de fréquentation. Sur le reste des espèces 19 sont sensibles aux perturbations humaines et cette sensibilité augmente avec les hauts niveaux de fréquentation. Les oiseaux migrateurs qui arrivent de manière anticipée sont les plus sensibles car étant les plus distants des visiteurs. En fonction des espèces qui arrivent en fin d’hiver la sensibilité peut être plus ou moins forte. De manière générale, si les oiseaux sont affectés par les visites ils le sont d’autant plus qu’elles sont élevées. De plus la distance des oiseaux aux véhicules est plus grande quand la fréquentation touristique augmente. D'autre part les oiseaux sont moins affectés le long du chemin que le long de la route, ce qui semble lié à un nombre moins élevés d’observatoires le long du chemin.

Ce que cet article apporte au débat :

Cet article plaide pour l’impact négatif de l’écotourisme sur la biodiversité, même si cet impact est plus sous forme de stress que sous forme d’une baisse de biodiversité. Il montre bien qu’un écotourisme non réglementé est néfaste. Si des doutes peuvent persister dans d’autres études, celui-ci montre bien que le stress occasionné sur la faune sauvage ne cesse pas d’augmenter avec l’augmentation de la fréquentation humaine des réserves naturelles. En effet, plus il y a de touristes, plus le stress est prononcé. Un autre point de l’article est de s’intéresser aux espèces migratrices. Il est démontré qu’elles sont plus touchées car provenant d’habitats moins perturbés par l’homme, en tout cas ici. Or, la migration a un impact conséquent sur les écosystèmes : flux de proies et de prédateurs, de nourriture, etc. Le fait que ce soit les espèces migratrices qui soient le plus touchées pose la question de l’évolution à long terme des écosystèmes si ces perturbations ne sont pas régulées.

Publiée il y a plus de 8 ans par V. Luccisano et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 8 ans.