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Un examen basé sur un modèle climatique de la sécheresse au Sahel: Désertification, reverdissement et changement climatique
Résumé de la review :
Le modèle choisi pour cette étude est le Sahel, région intéressante du fait de sa position géographique et son climat très variable. Depuis la seconde moitié du 20ème siècle, le Sahel connait une très forte sécheresse, attribué dans un premiers temps à une mauvaise gestion des ressources par l'Homme1. En réponse à ce phénomène et à la crise humanitaire en découlant, différentes actions politiques ont été mises en place pour créer des plans d'action et de gestion afin de préserver le milieu et aider les populations locales.
Concernant les causes de ce phénomène, très rapidement des chercheurs 2,3,4 ont démenti la responsabilité humaine uniquement et ont montré que cette sécheresse était modélisable et explicable du fait de changements de la température de la surface océanique (SST), entre les périodes humides et sèches régionales. Ce modèle met en évidence le rôle dominant du forçage océanique pour expliquer la sécheresse observée au Sahel depuis le milieu du 20ème siècle. A noter que le modèle n'exclut pas la cause d'une mauvaise gestion du territoire par l'homme, mais le positionne comme second rôle dans les variations climatiques.
Ainsi, l'auteur fait la revue de différentes preuves scientifiques afin de répondre à la question suivante : partant du fait que la sécheresse dans cette région est liée au réchauffement des océans tropicaux, pouvons-nous aller jusqu'à affirmer que le réchauffement climatique est la cause de la sécheresse au Sahel ?
Bader et Latif en 2003 démontrent que l'évolution des précipitation peut être prédite en tenant compte de la température de surface des océans. Ainsi, avec 1°C de moins, en moyenne, pour l'Océan Indien on observe des conditions "plus humides" au Sahel et pour 1°C supplémentaire on observe des conditions "plus sèches". Cependant, les estimations des changements dans les précipitations reste assez imprécises.
L'auteur explique la sécheresse observée en relation avec le réchauffement des océans, réchauffement qualifié comme pouvant être du à un réchauffement climatique global lui même lié à l'industrialisation. Des preuves d'un réchauffement des océans lié à des causes anthropiques ont été montrés par Barnet et collaborateurs en 2005 mais l'auteur juge les preuves directes insuffisantes pour statuer.
De plus, les seules modélisations montrant un effet significatif de forçages anthropiques comprennent l'implémentation des gaz à effet de serre et des aérosols sulfatés mais aussi des forçages naturels tels que la variabilité de l'insolation et l'impact des aérosols volcaniques.
Enfin, Olsson et collaborateurs et Herrmann et collaborateurs en 2005 ont montré un reverdissement de la région du Sahel, expliqué par l’augmentation des précipitations. Cependant l'auteur met en garde sur ces résultats et sur les hypothèses pouvant expliquer ce phénomène puis questionne l'impact de l'Homme sur ce reverdissement, notamment sur le changement des pratiques d'utilisations des terres.
Pour finir, concernant les prévisions estimées pour le climat futur du Sahel, les modèles se contredisent. Tandis que certains prévoient une accentuation continue de la sécheresse d'autres présente une augmentation des précipitations.
En conclusion, l'auteur propose de considérer les variations de température des océans comme indicateurs de la situation climatique au Sahel mais admet que l'utilisation des terres faites localement joue aussi un rôle dans les variations de climat observées et futures. Ainsi, les forçages océaniques jouent un rôle important mais il est nécessaire de considérer aussi le mode de gestion du territoire. Ainsi, l'auteur propose différentes questions à étudier plus en détails afin de pouvoir conclure plus précisément sur les différentes causes à ces phénomènes observés : la sécheresse au Sahel peut-elle être attribuée à des causes anthropiques ? et quelles sont les projections les plus plausibles des changements futures de climats au Sahel ?
Rigueur de la review :
Cette revue se veut de faire le point sur les connaissances disponibles, obtenues à partir de modélisation, sur la situation climatique au Sahel. Cependant, dès le départ l'analyse est orientée sur les seuls résultats montrant un effet uniquement des forçages climatiques et, plus précisément les forçages océaniques. Ainsi, les résultats étudiés ne portent pas sur les preuves présentant les forçages anthropiques pouvant expliquer la sécheresse. L'auteur n'exclue pas complétement cette hypothèse mais n'est pas non plus entièrement objective.
De plus, tout au long de l'article, l'auteur fait référence à ses propres travaux comme base solide de réflexion ce qui peut être un peu controversé dans une revue souhaitant faire une analyse exhaustive des connaissances énoncées par la communauté scientifique.
Ce que cette review apporte au débat :
Cette revue permet d'apporter un regard nouveau à la controverse en mettant en avant l'aspect forçage climatique, peu détaillé dans les articles scientifiques. Ainsi, cela permet de faire l’inventaire des acteurs démontrant de preuves prônant le fait que la désertification, au Sahel, est liée à des forçages climatiques. Cependant, l'auteur fait tout de même référence à des forçages anthropiques pouvant expliquer les phénomènes observés mais avec une importance secondaire.
Publiée il y a plus de 8 ans
par
C. Laborde.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Un examen basé sur un modèle climatique de la sécheresse au Sahel: Désertification, reverdissement et changement climatique
Résumé de la review :
Le modèle choisi pour cette étude est le Sahel, région intéressante du fait de sa position géographique et son climat très variable. Depuis la seconde moitié du 20ème siècle, le Sahel connait une très forte sécheresse, attribué dans un premiers temps à une mauvaise gestion des ressources par l'Homme1. En réponse à ce phénomène et à la crise humanitaire en découlant, différentes actions politiques ont été mises en place pour créer des plans d'action et de gestion afin de préserver le milieu et aider les populations locales.
Concernant les causes de ce phénomène, très rapidement des chercheurs 2, 3, 4 ont démenti la responsabilité humaine uniquement et ont montré que cette sécheresse était modélisable et explicable du fait de changements de la température de la surface océanique (SST), entre les périodes humides et sèches régionales. Ce modèle met en évidence le rôle dominant du forçage océanique pour expliquer la sécheresse observée au Sahel depuis le milieu du 20ème siècle. A noter que le modèle n'exclut pas la cause d'une mauvaise gestion du territoire par l'homme, mais le positionne comme second rôle dans les variations climatiques.
Ainsi, l'auteur fait la revue de différentes preuves scientifiques afin de répondre à la question suivante : partant du fait que la sécheresse dans cette région est liée au réchauffement des océans tropicaux, pouvons-nous aller jusqu'à affirmer que le réchauffement climatique est la cause de la sécheresse au Sahel ?
Bader et Latif en 2003 démontrent que l'évolution des précipitation peut être prédite en tenant compte de la température de surface des océans. Ainsi, avec 1°C de moins, en moyenne, pour l'Océan Indien on observe des conditions "plus humides" au Sahel et pour 1°C supplémentaire on observe des conditions "plus sèches". Cependant, les estimations des changements dans les précipitations reste assez imprécises.
L'auteur explique la sécheresse observée en relation avec le réchauffement des océans, réchauffement qualifié comme pouvant être du à un réchauffement climatique global lui même lié à l'industrialisation. Des preuves d'un réchauffement des océans lié à des causes anthropiques ont été montrés par Barnet et collaborateurs en 2005 mais l'auteur juge les preuves directes insuffisantes pour statuer.
De plus, les seules modélisations montrant un effet significatif de forçages anthropiques comprennent l'implémentation des gaz à effet de serre et des aérosols sulfatés mais aussi des forçages naturels tels que la variabilité de l'insolation et l'impact des aérosols volcaniques.
Enfin, Olsson et collaborateurs et Herrmann et collaborateurs en 2005 ont montré un reverdissement de la région du Sahel, expliqué par l’augmentation des précipitations. Cependant l'auteur met en garde sur ces résultats et sur les hypothèses pouvant expliquer ce phénomène puis questionne l'impact de l'Homme sur ce reverdissement, notamment sur le changement des pratiques d'utilisations des terres.
Pour finir, concernant les prévisions estimées pour le climat futur du Sahel, les modèles se contredisent. Tandis que certains prévoient une accentuation continue de la sécheresse d'autres présente une augmentation des précipitations.
En conclusion, l'auteur propose de considérer les variations de température des océans comme indicateurs de la situation climatique au Sahel mais admet que l'utilisation des terres faites localement joue aussi un rôle dans les variations de climat observées et futures. Ainsi, les forçages océaniques jouent un rôle important mais il est nécessaire de considérer aussi le mode de gestion du territoire. Ainsi, l'auteur propose différentes questions à étudier plus en détails afin de pouvoir conclure plus précisément sur les différentes causes à ces phénomènes observés : la sécheresse au Sahel peut-elle être attribuée à des causes anthropiques ? et quelles sont les projections les plus plausibles des changements futures de climats au Sahel ?
Cette revue se veut de faire le point sur les connaissances disponibles, obtenues à partir de modélisation, sur la situation climatique au Sahel. Cependant, dès le départ l'analyse est orientée sur les seuls résultats montrant un effet uniquement des forçages climatiques et, plus précisément les forçages océaniques. Ainsi, les résultats étudiés ne portent pas sur les preuves présentant les forçages anthropiques pouvant expliquer la sécheresse. L'auteur n'exclue pas complétement cette hypothèse mais n'est pas non plus entièrement objective.
De plus, tout au long de l'article, l'auteur fait référence à ses propres travaux comme base solide de réflexion ce qui peut être un peu controversé dans une revue souhaitant faire une analyse exhaustive des connaissances énoncées par la communauté scientifique.
Cette revue permet d'apporter un regard nouveau à la controverse en mettant en avant l'aspect forçage climatique, peu détaillé dans les articles scientifiques. Ainsi, cela permet de faire l’inventaire des acteurs démontrant de preuves prônant le fait que la désertification, au Sahel, est liée à des forçages climatiques. Cependant, l'auteur fait tout de même référence à des forçages anthropiques pouvant expliquer les phénomènes observés mais avec une importance secondaire.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.