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Il s'agit là en réalité d'un chapitre d'un livre intitulé "Les concepts d'espèces et la théorie phylogénétique".
Dans ce chapitre, Mayr fait un résumé de ce qu'est la notion d'espèce biologique. Il présente l'histoire de cette notion, comment elle a surpassé les anciennes méthodes de classification des organismes en ''espèces''. Enfin, il discute de l'application de cette notion et apporte les critiques qui lui sont associés dont, bien entendu, la sienne.
Résumé et résultats du livre :
Ernst Mayr défini une espèce biologique comme un groupe d’individu interfécond et séparé reproductivement d’autres populations. Pour lui, le statut d’espèce n’est pas applicable à l’individu mais à une population. Un hybride, par exemple, est un individu qui n’est donc plus considéré comme étant de la même espèce que la population de base.
Le concept biologique de l’espèce a été développé au cours de la seconde moitié du XIXe siècle. Jusqu’alors, les espèces étaient classées selon le concept de topologie. Celui-ci permet d’identifier et de ranger un individu selon des critères morphologiques. Mais lorsque l’on a commencé à s’intéresser de plus près aux espèces, il fut clair que d’autres propriétés entraient en compte dans leurs définitions. C’est d’autant plus vrai pour des propriétés comportementales et écologiques. Par exemple, on remarque dans beaucoup de groupe la présence d’espèces cryptiques qui sont des espèces isolées reproductivement et/ou possèdes des lignées génétiques très différentes mais qui, pourtant, ne se distinguent pas au niveau morphologique. De plus, il existe souvent différentes morphologies relatives à une espèce. La morphologie peut varier selon la croissance de l’individu, le dimorphisme sexuel ou la variation intraspécifique.
Le terme d’espèce représente un rang dans la hiérarchie établie par Linné. La principale utilité de définir une espèce est de facilité la détermination et le rang hiérarchique de certaines populations et notamment pour les populations isolées : forment-elles une espèce ou des sous-espèces ? On arrive sur une complication lorsque l’on parle d’organismes asexués qui sont également classés selon la hiérarchie de Linné. Le concept d’espèce biologique dépend du fait que des individus sont aptes à se reproduire. Tout effort pour proposer une définition d’espèce applicable à des organismes faisant de la reproduction sexuée ainsi qu’à des organismes asexués ne parvient pas à s’accorder avec le concept biologique. Ceux-ci dupliquent leur patrimoine génétique de génération en génération et ne forment pas, à proprement parler, de populations.
Le concept biologique de l’espèce selon Mayr n’est applicable que dans la situation où des individus interféconds d’une population restent en contact les uns les autres. De plus, il ne se base pas sur des critères de ressemblances, lorsque l’on observe une population il est bien plus évident de déterminer une espèce avec l’interfécondité plutôt qu'avec les différences des individus. Le problème se pose alors quand on retrouve des populations isolées. Pour Mayr, ces populations portent leur propre patrimoine génétique, évoluant indépendamment de la population d’origine. Pour cette raison, les populations isolées sont potentiellement de nouvelles espèces en train de naître. Dans certains cas ambigus, en allopatrie par exemple, on peut parler d’allo-espèces.
La définition de l’espèce que donne donc Mayr correspond à une ou des populations échangeant du patrimoine génétique par reproduction et ce, dans un lieu et temps donné.
Rigueur du livre :
Le chapitre de Mayr est bien écrit dans l'ensemble, il apporte des précisions sur beaucoup d'aspects de la notion biologique de l'espèce. La première partie du chapitre est légèrement longue et discute de l'histoire de la notion d'espèce en général. Dans une seconde partie il discute plus en profondeur de sa notion biologique de l'espèce, traite les problèmes qui lui sont liés et avance son avis sur les autres notions d'espèces.
Ce que ce livre apporte au débat :
Tous les commentaires de Mayr nous aide à bien cerner la définition qu'il cherche à donner au terme "espèce", on peut en tirer les avantages et les limites. Sachant qu'il est à l'origine du concept, il est important d'apporter sa vision à la controverse.
Publiée il y a plus de 8 ans
par
B. Dubois.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Le concept biologique de l'espèce
Introduction au livre :
Il s'agit là en réalité d'un chapitre d'un livre intitulé "Les concepts d'espèces et la théorie phylogénétique".
Dans ce chapitre, Mayr fait un résumé de ce qu'est la notion d'espèce biologique. Il présente l'histoire de cette notion, comment elle a surpassé les anciennes méthodes de classification des organismes en ''espèces''. Enfin, il discute de l'application de cette notion et apporte les critiques qui lui sont associés dont, bien entendu, la sienne.
Ernst Mayr défini une espèce biologique comme un groupe d’individu interfécond et séparé reproductivement d’autres populations. Pour lui, le statut d’espèce n’est pas applicable à l’individu mais à une population. Un hybride, par exemple, est un individu qui n’est donc plus considéré comme étant de la même espèce que la population de base.
Le concept biologique de l’espèce a été développé au cours de la seconde moitié du XIXe siècle. Jusqu’alors, les espèces étaient classées selon le concept de topologie. Celui-ci permet d’identifier et de ranger un individu selon des critères morphologiques. Mais lorsque l’on a commencé à s’intéresser de plus près aux espèces, il fut clair que d’autres propriétés entraient en compte dans leurs définitions. C’est d’autant plus vrai pour des propriétés comportementales et écologiques. Par exemple, on remarque dans beaucoup de groupe la présence d’espèces cryptiques qui sont des espèces isolées reproductivement et/ou possèdes des lignées génétiques très différentes mais qui, pourtant, ne se distinguent pas au niveau morphologique. De plus, il existe souvent différentes morphologies relatives à une espèce. La morphologie peut varier selon la croissance de l’individu, le dimorphisme sexuel ou la variation intraspécifique.
Le terme d’espèce représente un rang dans la hiérarchie établie par Linné. La principale utilité de définir une espèce est de facilité la détermination et le rang hiérarchique de certaines populations et notamment pour les populations isolées : forment-elles une espèce ou des sous-espèces ? On arrive sur une complication lorsque l’on parle d’organismes asexués qui sont également classés selon la hiérarchie de Linné. Le concept d’espèce biologique dépend du fait que des individus sont aptes à se reproduire. Tout effort pour proposer une définition d’espèce applicable à des organismes faisant de la reproduction sexuée ainsi qu’à des organismes asexués ne parvient pas à s’accorder avec le concept biologique. Ceux-ci dupliquent leur patrimoine génétique de génération en génération et ne forment pas, à proprement parler, de populations.
Le concept biologique de l’espèce selon Mayr n’est applicable que dans la situation où des individus interféconds d’une population restent en contact les uns les autres. De plus, il ne se base pas sur des critères de ressemblances, lorsque l’on observe une population il est bien plus évident de déterminer une espèce avec l’interfécondité plutôt qu'avec les différences des individus. Le problème se pose alors quand on retrouve des populations isolées. Pour Mayr, ces populations portent leur propre patrimoine génétique, évoluant indépendamment de la population d’origine. Pour cette raison, les populations isolées sont potentiellement de nouvelles espèces en train de naître. Dans certains cas ambigus, en allopatrie par exemple, on peut parler d’allo-espèces.
La définition de l’espèce que donne donc Mayr correspond à une ou des populations échangeant du patrimoine génétique par reproduction et ce, dans un lieu et temps donné.
Le chapitre de Mayr est bien écrit dans l'ensemble, il apporte des précisions sur beaucoup d'aspects de la notion biologique de l'espèce. La première partie du chapitre est légèrement longue et discute de l'histoire de la notion d'espèce en général. Dans une seconde partie il discute plus en profondeur de sa notion biologique de l'espèce, traite les problèmes qui lui sont liés et avance son avis sur les autres notions d'espèces.
Tous les commentaires de Mayr nous aide à bien cerner la définition qu'il cherche à donner au terme "espèce", on peut en tirer les avantages et les limites. Sachant qu'il est à l'origine du concept, il est important d'apporter sa vision à la controverse.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.