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Effets écologiques d'un insecte introduit pour le contrôle biologique des mauvaises herbes
Résumé de la review :
A la fin des années 90, il n’existait que très peu de données sur les risques environnementaux du contrôle biologique. De plus, 20% des cas d'introduction d’insectes herbivores aux Etats-Unis ont montré un contrôle efficace des plantes envahissantes clibées. En se basant sur plusieurs études, les auteurs ont mis en évidence l’impact négatif du charançon Rhinocyllus conicus, dans le début des années 70 en Amérique du Nord. Cette espèce a été introduite afin de contrôler le chardon eurasien du genre _Carduus L. _, plante invasive dans la région.
Malgré que le charançon était considérée comme spécifique à _Carduus L, la review met en lumière une augmentation de la gamme d’hôte de l’insecte ainsi qu’une expansion géographique. En effet, entre 1992 et 1996, la fréquence des dommages causés par les charançons aux chardons indigènes a constamment augmenté, touchant 16 à 77 % des inflorescences. Les charançons étaient efficaces pour le contrôle de Carduus L.,mais ils ont par la même occasion considérablement réduit la production de graines de fleurs des chardons indigènes. De plus, des études montrent que la diminution du nombre de graines produites peut diminuer la population locale et la forme physique des plantes. Ceci devient problématique lorsque des espèces possèdent des aires de répartitions réduites, tel que le chardon de Platte. Il y a donc un risque potentiel de disparition d’espèce indigène.
La densité d'une espèce exogène spécifique à une espèce de plante envahissante devrait diminuer en même temps que la densité de la plante envahissante. En revanche, si l’insecte révèle des compétences à exploiter d’autres sources de nourriture, il pourra se maintenir même lors de la disparition de la plante visée et pourra avoir des impacts à long terme sur la biodiversité de l’écosystème. La spécialisation alimentaire est donc un critère crucial dans la sélection d'un agent de lutte biologique selon les auteurs.
Un autre effet indirect de l’introduction du charançon qui est mis en évidence dans cette review est la diminution significative de la densité d’une espèce de mouches téphritidés indigènes vivant sur les chardons indigènes. L’introduction d’un agent de lutte biologique dans l’environnement peut donc aussi entraîner des risques (directs ou indirects) pour des organismes non-cibles et des communautés locales.
Les risques potentiels pour la biodiversité et la stabilité écologique sont donc élevés lorsque l'écologie de l’espèce introduite n’est pas assez connue. De tels effets écologiques doivent être mieux pris en compte dans l'évaluation et la réglementation futures des agents de lutte biologique potentiels. En effet, malgré la sonnette d'alarme, les introductions n'ont pas cessé pour autant. On peut donc voir qu'il ne suffit pas de prouver qu'il existe des impacts environnementaux possibles lors de l'introduction d'une nouvelle espèce mais que l'application d'une législation plus rigoureuse doit aussi être mise en œuvre.
La libération d'agents biologiques pour le contrôle de plantes exotiques envahissantes peut-être une solution. En revanche, cette review remet en question l'attente générale d'un faible risque environnemental lié à cette lutte biologique. Les effets écologiques doivent donc être étudiés et soigneusement pesés contre les coûts environnementaux et d'autres options de gestion.
Rigueur de la review :
Cette review a été publié dans une revue scientifique de référence (Science), de plus elle se réfère à plusieurs articles provenant d'autres revues de référence tel que Ecology, mais aussi de journaux tel que University of Cambridge, les pressions extérieurs (économique par exemple) auxquelles ont pourrait s'attendre seront donc moins probables.
D'autre part, les mesures du nombre d'inflorescence par fleur n'ont été mesuré que sur une période de 4 ans, ce qui n'est pas suffisant pour apprécier l'impact de cette espèce de charançon sur l'écosystème et ainsi tenter de prédire son évolution future.
Ce que cette review apporte au débat :
Compilé ces études a permis aux auteurs de mettre en évidence l'ampleur de l'impact d’une espèce exogène plusieurs années après son introduction. Cette méthode de lutte alternative peut donc s'avérer nuisible à l'environnement. La review nous montre qu'à la fin des années 1990, certains chercheurs commencent déjà à se questionner sur les risques environnementaux de la lutte biologique. L'exemple développé ici permet de contrer l'idée acceptée par de nombreux chercheurs qu'une espèce prédatrice spécifique disparaîtrait spontanément en même temps que sa proie sans impacter la biodiversité existante. Une évaluation plus approfondie des interactions écologiques devrait être entreprise avant la dissémination volontaire d'un organisme exotique. Cependant, le résultat renforce également l'idée selon laquelle les conséquences écologiques peuvent être difficiles à prévoir à l'avance.
Remarques sur la review :
Il aurait été intéressant d'observer les impacts potentiels sur d'autres espèces que la mouche téphridité.
De plus, quelle rôle joue les plantes indigènes touchées dans les écosystèmes étudiés ? On sait que la diminution ou la disparition d'une espèce peut avoir des répercutions sur toutes la chaîne alimentaire du coup, quelles répercussions peuvent être attendu sur la biodiversité ?
Observer comment ce système a évolué depuis 1997 pourrait nous éclairer sur les moyens à mettre en place avant une introduction d'espèce exotique.
Publiée il y a plus de 8 ans
par
O. Tritto et R. Beugnon.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Effets écologiques d'un insecte introduit pour le contrôle biologique des mauvaises herbes
Résumé de la review :
A la fin des années 90, il n’existait que très peu de données sur les risques environnementaux du contrôle biologique. De plus, 20% des cas d'introduction d’insectes herbivores aux Etats-Unis ont montré un contrôle efficace des plantes envahissantes clibées. En se basant sur plusieurs études, les auteurs ont mis en évidence l’impact négatif du charançon Rhinocyllus conicus, dans le début des années 70 en Amérique du Nord. Cette espèce a été introduite afin de contrôler le chardon eurasien du genre _Carduus L. _, plante invasive dans la région.
Malgré que le charançon était considérée comme spécifique à _Carduus L, la review met en lumière une augmentation de la gamme d’hôte de l’insecte ainsi qu’une expansion géographique. En effet, entre 1992 et 1996, la fréquence des dommages causés par les charançons aux chardons indigènes a constamment augmenté, touchant 16 à 77 % des inflorescences. Les charançons étaient efficaces pour le contrôle de Carduus L.,mais ils ont par la même occasion considérablement réduit la production de graines de fleurs des chardons indigènes. De plus, des études montrent que la diminution du nombre de graines produites peut diminuer la population locale et la forme physique des plantes. Ceci devient problématique lorsque des espèces possèdent des aires de répartitions réduites, tel que le chardon de Platte. Il y a donc un risque potentiel de disparition d’espèce indigène.
La densité d'une espèce exogène spécifique à une espèce de plante envahissante devrait diminuer en même temps que la densité de la plante envahissante. En revanche, si l’insecte révèle des compétences à exploiter d’autres sources de nourriture, il pourra se maintenir même lors de la disparition de la plante visée et pourra avoir des impacts à long terme sur la biodiversité de l’écosystème. La spécialisation alimentaire est donc un critère crucial dans la sélection d'un agent de lutte biologique selon les auteurs.
Un autre effet indirect de l’introduction du charançon qui est mis en évidence dans cette review est la diminution significative de la densité d’une espèce de mouches téphritidés indigènes vivant sur les chardons indigènes. L’introduction d’un agent de lutte biologique dans l’environnement peut donc aussi entraîner des risques (directs ou indirects) pour des organismes non-cibles et des communautés locales.
Les risques potentiels pour la biodiversité et la stabilité écologique sont donc élevés lorsque l'écologie de l’espèce introduite n’est pas assez connue. De tels effets écologiques doivent être mieux pris en compte dans l'évaluation et la réglementation futures des agents de lutte biologique potentiels. En effet, malgré la sonnette d'alarme, les introductions n'ont pas cessé pour autant. On peut donc voir qu'il ne suffit pas de prouver qu'il existe des impacts environnementaux possibles lors de l'introduction d'une nouvelle espèce mais que l'application d'une législation plus rigoureuse doit aussi être mise en œuvre.
La libération d'agents biologiques pour le contrôle de plantes exotiques envahissantes peut-être une solution. En revanche, cette review remet en question l'attente générale d'un faible risque environnemental lié à cette lutte biologique. Les effets écologiques doivent donc être étudiés et soigneusement pesés contre les coûts environnementaux et d'autres options de gestion.
Cette review a été publié dans une revue scientifique de référence (Science), de plus elle se réfère à plusieurs articles provenant d'autres revues de référence tel que Ecology, mais aussi de journaux tel que University of Cambridge, les pressions extérieurs (économique par exemple) auxquelles ont pourrait s'attendre seront donc moins probables.
D'autre part, les mesures du nombre d'inflorescence par fleur n'ont été mesuré que sur une période de 4 ans, ce qui n'est pas suffisant pour apprécier l'impact de cette espèce de charançon sur l'écosystème et ainsi tenter de prédire son évolution future.
Compilé ces études a permis aux auteurs de mettre en évidence l'ampleur de l'impact d’une espèce exogène plusieurs années après son introduction. Cette méthode de lutte alternative peut donc s'avérer nuisible à l'environnement. La review nous montre qu'à la fin des années 1990, certains chercheurs commencent déjà à se questionner sur les risques environnementaux de la lutte biologique. L'exemple développé ici permet de contrer l'idée acceptée par de nombreux chercheurs qu'une espèce prédatrice spécifique disparaîtrait spontanément en même temps que sa proie sans impacter la biodiversité existante. Une évaluation plus approfondie des interactions écologiques devrait être entreprise avant la dissémination volontaire d'un organisme exotique. Cependant, le résultat renforce également l'idée selon laquelle les conséquences écologiques peuvent être difficiles à prévoir à l'avance.
Il aurait été intéressant d'observer les impacts potentiels sur d'autres espèces que la mouche téphridité.
De plus, quelle rôle joue les plantes indigènes touchées dans les écosystèmes étudiés ? On sait que la diminution ou la disparition d'une espèce peut avoir des répercutions sur toutes la chaîne alimentaire du coup, quelles répercussions peuvent être attendu sur la biodiversité ?
Observer comment ce système a évolué depuis 1997 pourrait nous éclairer sur les moyens à mettre en place avant une introduction d'espèce exotique.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.