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Analyse de la référence The history of the Y chromosome in man

Titre de la review :

L'histoire du chromosome Y chez l'Homme


Résumé de la review :

Cette review dédrit brièvement les résultats et conclusions de l'article Punctuated bursts in human male demography inferred from 1,244 worldwide Y-chromosome sequences

En se basant sur la distribution des variants nucléotidiques, les auteurs ont construit un arbre phylogénétique montrant les lignées paternelles reliant 1244 hommes (échantillonnés de façon à être représentatifs de la population mondiale).(Poznik et al. 2016)

La structure de ce nouvel arbre reflète les arbres précédents, qui étaient basés sur 100 fois moins de mutations. Cependant, la richesse des informations fournies à la fois par le grand nombre de chromosomes Y et les variants inclus dans l'étude affine davantage l'arbre et fournit un nouvel aperçu de la dynamique des populations humaines. Par exemple, l'analyse élargie révèle un nouveau mégagroupe, qui a pris naissance il y a environ 55 000 ans et qui englobe presque tous les mâles non-africains, et un clade ancien dans l'haplogroupe H, qui est important en Asie du Sud. Au moins huit extensions majeures de la population sont évidentes avec ce nouvel arbre phylogénétique, et le calendrier d'un certain nombre de ces expansions corrèle avec les grands événements de l'histoire humaine.

Fait important, ce nouvel ensemble de données fournit des informations importantes pour la conduite d'études futures de la généalogie du chromosome Y.
Cependant, le suivi de l'hérédité du chromosome Y fournit une vision masculinisée, et parfois trompeuse, de l'histoire de notre espèce. Par exemple, le succès reproducteur peut différer considérablement entre les individus selon le contexte socio-économique, ce qui pourraient conduire à la prédominance d'un chromosome Y particulier dans une population. Cette observation de la diversité réduite des chromosomes Y pourrait être mal interprétée comme un goulot d'étranglement important de la population.

Ce que cette review apporte au débat :

Le fait de reconstruire la généalogie du chromosome Y chez l'Homme permet de faire ressortir le grand polymorphisme génétique de celui-ci. Au final, je ne sais pas si cela peut avoir un réel intéret dans la controverse, mais selon moi ce polymorphisme est clairement un obstacle à la disparition généralisée du Y. Car comme il a été démontré auparavant (Bagheri-Fam et al. 2014), la disparition du Y serait due à une mutation spontanée (delta 14), donc plus la structure du chromosome est variée au sein d'une même espèce, et moins ce genre de mutation a de chance de se transmettre. Sauf si dans un groupe réduit appartenant au même haplogroupe du Y, les individus se reproduisent entre eux. Ce qui est le cas du rat du japon qui a perdu son Y mais qui est confiné sur une île.

Remarques sur la review :

Cette review n'apporte rien de plus que l'article qu'elle détaille. Elle permet seulement d'en tirer les grandes lignes.

Publiée il y a plus de 8 ans par C. Bizet.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.