ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Titre de la méta-analyse :

Considérer l'extinction des espèces dépendantes durant la translocation, la conservation ex situ et la migration assistée des hôtes en danger


Figure :

Méthode d'évaluation des actions nécessaires pour maintenir les assemblages d'espèces dépendantes (gauche) et les espèces dépendantes individuelles (droite) potentiellement menacés.
Cette figure est une traduction d'une figure de l'article (Moir et al., 2012).

Introduction à la méta-analyse :

La perte de biodiversité à travers la coextinction est forte. En effet, certains parasites peuvent s'éteindre à cause de l'extinction de leur hôte. Malheureusement, l'extinction de certaines espèces peut aussi arriver comme résultat d'une tentative de conservation de l'hôte. Ces espèces dépendantes peuvent s'éteindre sous l'action directe (débarasser les hôtes des parasites) ou indirecte (nouvel environnement non favorable) de l'Homme.
Le but ici est d'identifier des stratégies de conservation qui prennent en compte les relations entre hôtes et espèces dépendantes.
Pour cela, il peut y avoir 2 méthodes d'évaluation de conservation (Figure). On se demander si un assemblage d'espèces ou seulement une espèce particulière est caractéristique d'un hôte en particulier. Si le premier choix est le cas, cet assemblage peut être appelé TEC (Threatened Ecological Community). Ensuite, il faut comparer les TECs in situ et ex situ afin de voir si l'assemblage s'est bien adapté dans le nouvel environnement.

Expériences de la méta-analyse :

Pour utiliser ces méthodes d'évaluation, les auteurs ont utilisé les données de 4 études de cas dans lesquels le groupe taxonomique, les espèces dépendantes et l'endroit de la translocation diffèrent.
Ils ont ainsi comparer les TECs in situ et ex situ lors de la translocation de plantes endémiques dans le Sud-Ouest australien.
Ils ont ensuite comparé les parasites des félins afin de savoir si un félin possédait des espèces dépendantes uniques (hôte-spécifiques).
La troisième étude concernait des ectoparasites de geckos et de tuataras qui ont été déplacés d'îles en îles en Nouvelle-Zélande.
Enfin, des endoparasites d'oiseaux de Grande-Bretagne et de Nouvelle-Zélande ont aussi été étudiés.

Résultats de la méta-analyse :

Les études réalisées sont mitigées. Dans certains cas, les espèces dépendantes ont survécu (et profité) de la translocation tandis que, dans d'autres, elle a eu un effet néfaste. Elles suggèrent néanmoins que le mouvement des espèces hôtes réduisent la diversité des assemblages d'espèces dépendantes. Lorsque les programmes de conservation sont basés exclusivement sur l'espèce hôte, les fonctions écosystémiques basées sur les espèces dépendantes pourraient être perdues ou réduites.
En fonction du type de parasitisme, les espèces dépendantes sont plus ou moins capables de se déplacer avec l'espèce hôte. Les endoparasites sont les plus à même de survivre à la translocation alors que les parasites externes sont les moins capables. Les ectoparasites, eux, se retrouvent entre les deux.
La conservation in situ pourrait ainsi être l'option la plus efficace et la moins chère pour conserver ces assemblages.

Ce que cette méta-analyse apporte au débat :

Cette analyse permet de se focaliser sur des espèces moins souvent pris en compte car moins sexy : les parasites. En effet, lorsqu'une espèce est déplacé pour sa conservation, on ne pense pas souvent à l'impact que ça aura sur les espèces qui dépendent d'elle. Ainsi, on a pu voir, dans différents groupes taxonomiques, que le déplacement d'une espèce n'est pas toujours bénéfique pour d'autres espèces.
Les auteurs pensent ainsi que la meilleure option pour la conservation des espèces dépendantes consiste à ne pas déplacer les espèces hôtes.

Publiée il y a plus de 8 ans par B. Dubourguier.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.