ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Résoudre les relations des mammifères placentaires du Paléocène
Figure :
Consensus strict des arbres dérivés des données morphologiques contraintes par les topologies moléculaires. Les couleurs représentent les membres des ordres de Placentaires existants. Rose : Xenarthres; violet : Afrotheriens; bleu ciel : Glires; bleu clair : Scandentia; bleu-moyen : Dermoptère; bleu roi : primates; marron : Eulipotyphla; vert foncé : Artiodactyles; vert clair : Perissodactyles; jaune : Chiroptères; orange : Pholidota; rouge : Carnivores
Source : cet article
Introduction à l'article :
De nombreuses études sur la radiation des mammifères Placentaires après la crise K-Pg ont menés à l’hypothèse d’une origine du taxon fin-Crétacé12. Cependant en dépit de nombreuses suggestions, aucun fossile de mammifère Eutherien daté du Crétacé n’a été résolu sans ambiguïté comme appartenant aux Placentaires. Une origine dans le Crétacé nécessite donc l’existence de longues lignées fantômes. De plus, les relations phylogénétiques de plusieurs groupes de mammifères du Paléocène très proche de la frontière K-Pg demeurent énigmatiques. Connaitre les liens avec les Placentaires mais aussi avec les fossiles du Crétacé est alors essentiel pour analyser l'évolution de ce taxon sur cette période cruciale. En effet l'analyse des divergences pourrait par exemple faire remonter la spéciation entre les ordres existants dans le Crétacé.
Cette étude présente ainsi le résultat de la plus grande analyse phylogénétique des mammifères du Paléocène à l'heure actuelle.
Expériences de l'article :
680 caractères morphologiques (235 dentaires, 264 craniens et 181 post-craniens) ont été codés pour 117 taxons d’Eutheriens. Ces taxons sont composés majoritairement de fossiles de placentaires du Paléocène et d'une petite proportion de taxons existants. Les représentants les plus basaux ou les plus vieux pour chaque lignée ont été sélectionnés afin de minimiser les chances que les synapomorphies soit le fait de convergence ou de réversion.
Des topologies consensus sur les ordres de placentaires actuels issus de données moléculaires ont été incorporées aux analyses comme contraintes sur ces clades pour les arbres phylogénétiques produits. Ceci permet d’aider à résoudre le problème des nombreuses homoplasies morphologiques et donnent aux vrais synapomorphies un effet plus fort. Mais permet surtout de réunir les informations issues de données moléculaires aux analyses morphologiques.
Résultats de l'article :
La position phylogénétique du taxon Protungulatum, utilisé par de nombreuses études comme le plus vieux placentaire connus, est résolue ici comme Eutherien non placentaire. Cependant les hypothèses alternatives ne peuvent être rejetées. Ce taxon étant présent avant et après la crise était jusqu’ici un argument majeur de l’origine des Placentaires dans le Crétacé.
Les « condylarths » (fossiles les plus proches de la frontière K-Pg) se retrouvent non plus seulement dans les Placentaires mais dans les Laurasiatherien, ce qui implique qu’ une augmentation du taux d’évolution morphologique explosive (x5) serait nécessaire pour une radiation entièrement dans le Paléocène.
De nombreuses relations phylogénétiques ambiguës sont résolues et la séparation entre les Atlantogenata et Boreoeutheria (deux superordres de Placentaires actuels) serait située à la racine des Placentaires plutôt qu’entre les Xénarthres et les Afrotheriens, et donc serait plus basaux.
Rigueur de l'article :
Cet article présente une vision très détaillée des connaissances actuelles du registre fossile des premiers Placentaires et des différentes analyses phylogénétiques précédemment établies.
Ce que cet article apporte au débat :
Protungulatum étant ici résolu comme euthérien, aucun mammifère Placentaire n'a encore été retrouvé dans le Crétacé, ce qui réfute cette preuve d'une origine avant la crise. Cependant la résolution des "condylarths" dans les Laurasiatherien pourrait faire remonter leur divergence dans le Crétacé.
L’utilisation de la contrainte par les topologies des données moléculaires permet d’estimer des relations phylogénétiques en accord avec toutes les analyses et ainsi de résoudre le conflit entre les données morphologiques et moléculaires.
Les résultats de cette étude améliorent la compréhension des relations des Placentaires au début du Paléocène en apportant de nouvelles données, de nouvelles résolutions phylogénétiques et de nouvelles perspectives sur les relations énigmatiques de plusieurs clades. Ceci permettra de mieux reconstruire l'histoire évolutive du groupe notamment en datant ces topologies et en analysant de plus prêt les taux d'évolution des caractères morphologiques.
Publiée il y a plus de 8 ans
par
A. Laverré et E. Zarzoso.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Résoudre les relations des mammifères placentaires du Paléocène
Consensus strict des arbres dérivés des données morphologiques contraintes par les topologies moléculaires. Les couleurs représentent les membres des ordres de Placentaires existants. Rose : Xenarthres; violet : Afrotheriens; bleu ciel : Glires; bleu clair : Scandentia; bleu-moyen : Dermoptère; bleu roi : primates; marron : Eulipotyphla; vert foncé : Artiodactyles; vert clair : Perissodactyles; jaune : Chiroptères; orange : Pholidota; rouge : Carnivores
Source : cet article
De nombreuses études sur la radiation des mammifères Placentaires après la crise K-Pg ont menés à l’hypothèse d’une origine du taxon fin-Crétacé 1 2. Cependant en dépit de nombreuses suggestions, aucun fossile de mammifère Eutherien daté du Crétacé n’a été résolu sans ambiguïté comme appartenant aux Placentaires. Une origine dans le Crétacé nécessite donc l’existence de longues lignées fantômes. De plus, les relations phylogénétiques de plusieurs groupes de mammifères du Paléocène très proche de la frontière K-Pg demeurent énigmatiques. Connaitre les liens avec les Placentaires mais aussi avec les fossiles du Crétacé est alors essentiel pour analyser l'évolution de ce taxon sur cette période cruciale. En effet l'analyse des divergences pourrait par exemple faire remonter la spéciation entre les ordres existants dans le Crétacé.
Cette étude présente ainsi le résultat de la plus grande analyse phylogénétique des mammifères du Paléocène à l'heure actuelle.
680 caractères morphologiques (235 dentaires, 264 craniens et 181 post-craniens) ont été codés pour 117 taxons d’Eutheriens. Ces taxons sont composés majoritairement de fossiles de placentaires du Paléocène et d'une petite proportion de taxons existants. Les représentants les plus basaux ou les plus vieux pour chaque lignée ont été sélectionnés afin de minimiser les chances que les synapomorphies soit le fait de convergence ou de réversion.
Des topologies consensus sur les ordres de placentaires actuels issus de données moléculaires ont été incorporées aux analyses comme contraintes sur ces clades pour les arbres phylogénétiques produits. Ceci permet d’aider à résoudre le problème des nombreuses homoplasies morphologiques et donnent aux vrais synapomorphies un effet plus fort. Mais permet surtout de réunir les informations issues de données moléculaires aux analyses morphologiques.
La position phylogénétique du taxon Protungulatum, utilisé par de nombreuses études comme le plus vieux placentaire connus, est résolue ici comme Eutherien non placentaire. Cependant les hypothèses alternatives ne peuvent être rejetées. Ce taxon étant présent avant et après la crise était jusqu’ici un argument majeur de l’origine des Placentaires dans le Crétacé.
Les « condylarths » (fossiles les plus proches de la frontière K-Pg) se retrouvent non plus seulement dans les Placentaires mais dans les Laurasiatherien, ce qui implique qu’ une augmentation du taux d’évolution morphologique explosive (x5) serait nécessaire pour une radiation entièrement dans le Paléocène.
De nombreuses relations phylogénétiques ambiguës sont résolues et la séparation entre les Atlantogenata et Boreoeutheria (deux superordres de Placentaires actuels) serait située à la racine des Placentaires plutôt qu’entre les Xénarthres et les Afrotheriens, et donc serait plus basaux.
Cet article présente une vision très détaillée des connaissances actuelles du registre fossile des premiers Placentaires et des différentes analyses phylogénétiques précédemment établies.
Protungulatum étant ici résolu comme euthérien, aucun mammifère Placentaire n'a encore été retrouvé dans le Crétacé, ce qui réfute cette preuve d'une origine avant la crise. Cependant la résolution des "condylarths" dans les Laurasiatherien pourrait faire remonter leur divergence dans le Crétacé.
L’utilisation de la contrainte par les topologies des données moléculaires permet d’estimer des relations phylogénétiques en accord avec toutes les analyses et ainsi de résoudre le conflit entre les données morphologiques et moléculaires.
Les résultats de cette étude améliorent la compréhension des relations des Placentaires au début du Paléocène en apportant de nouvelles données, de nouvelles résolutions phylogénétiques et de nouvelles perspectives sur les relations énigmatiques de plusieurs clades. Ceci permettra de mieux reconstruire l'histoire évolutive du groupe notamment en datant ces topologies et en analysant de plus prêt les taux d'évolution des caractères morphologiques.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.