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*Preuve d'un déclin de l'abondance des invertébrés. *
(A) Parmi tous les insectes dont les tendances démographiques sont documentées par l'UICN, 33 % sont en déclin, avec de fortes variations entre les ordres.
(B) Les tendances parmi les insectes du Royaume-Uni (les couleurs indiquant une diminution en pourcentage sur 40 ans) montrent que 30 à 60% des espèces par ordre ont une gamme décroissante.
(C) Indice compilé de toutes les baisses de la population d'invertébrés au cours des 40 dernières années indique une baisse globale de 45 %, bien que la baisse soit moins marquée chez les lépidoptères que chez les autres taxons.
(D) Une méta-analyse des effets des perturbations anthropiques sur les Lépidoptères, le taxon invertébré le mieux étudié, montre des déclins globaux de la diversité observables. Defaunation in the Anthropocene
Résumé de la review :
Depuis 500 ans, une nouvelle extinction de masse des espèces a été déclenchée, causée en partie par l'impact de l'humain sur les changements globaux de l'environnement. Ce déclin est montré comme comparable aux 5 extinctions précédentes. Bien que cela revêtent une grande importance évolutive, cette perte du nombre d'individus dans les populations ainsi que les changements dans la composition des espèces au sein d'une communauté entraîneront généralement des impacts immédiats sur le fonctionnement de l’écosystème.
Les principaux déterminants de cette extinction sont la surexploitation, la destruction de l'habitat et les impacts des espèces envahissantes. Aucun de ces principaux facteurs n' a été efficacement atténué à l'échelle mondiale. Au contraire, tous montrent des trajectoires croissantes au cours des dernières décennies. En outre, plusieurs menaces plus récentes sont apparues récemment, notamment la perturbation anthropique du climat, qui sera probablement bientôt en concurrence avec la perte d'habitat comme principal facteur de la diminution de la faune. A l’heure actuelle, il est estimé une perte probable de 11000 à 58000 espèces par an, 16 à 33% des vertébrés sont menacés ou en danger, tandis que pour les 1% d’invertébrés évaluées, 44% sont menacés. Ce déclin est très variable entre les régions du globe, en ayant un impact plus important dans les régions tropicales.
Chez les vertébrés, la taille d'une petite aire de répartition géographique, les faibles taux de reproduction, la taille d'une grande aire de répartition locale et la taille de l’individu reviennent dans de nombreuses études et divers taxons comme facteurs clés du risque d’extinction.
Cependant, cette perte est assez difficile à quantifier et nous avons une mauvaise compréhension des changements de composition des communautés, après cette diminution de faune, ainsi que les perturbations associées qui affecteront la structure/diversité phylogénétique de ces derniers.
La diminution de la faune représente un changement majeur dans la biodiversité, il est probable qu'elle aura d'importants effets sur le fonctionnement des écosystèmes comme la diminution de la pollinisation affectant l’abondance de certaines plantes.
De plus, les arthropodes ravageurs sont responsables de 8 à 15 % des pertes dans la plupart des grandes cultures vivrières. Avec la réduction de la lutte biologique naturelle, cette valeur pourrait augmenter jusqu'à 37 %.
Il en va aussi de la baisse de la distribution et du cycle des nutriments, de la qualité de l’eau affectée par la prolifération des algues (perte d’amphibiens et d’animaux tels que les crocodiles, les hippopotames).
Mais il est à noté que cette extinction affectera aussi la santé humaine de bien d'autres façons en réduisant les ressources des écosystèmes, y compris les composés pharmaceutiques, les espèces animales, les agents de bio-contrôle, les ressources alimentaires et la régulation des maladies. Entre 23 et 36 % de tous les oiseaux, mammifères et amphibiens utilisés à des fins alimentaires ou médicinales sont aujourd'hui menacés d’extinction.
Mêmes si ces conséquences ont été mieux reconnues dans le cas des grands mammifères, ce déclin affecte de la même manière une faune plus petite et moins charismatique. Par exemple : les nématodes, les coléoptères ou les chauves-souris, interpellent moins les humains mais pourtant ils sont plus importants sur le plan fonctionnel. Il sera essentiel d'améliorer la surveillance et l'étude de ces taxons, en particulier des invertébrés, pour mieux comprendre la la réduction de la faune.
En résumé, une consommation mondiale réduite et mieux répartie des ressources sera nécessaire pour changer durablement les tendances actuelles de ce déclin. Si elle n'est pas contrôlé, la « défaunation » anthropocène deviendra non seulement une caractéristique de la sixième extinction massive de la planète, mais aussi un moteur de transformations mondiales fondamentales du fonctionnement des écosystèmes.
Ce que cette review apporte au débat :
Cette review pose un des arguments du changement d'époque qu'est l'Anthropocène, résumant le déclin de la micro et macro-faune sur une courte échelle de temps.
Publiée il y a plus de 8 ans
par
Q. Menetrey.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Déclin de la faune durant l'Anthropocène
*Preuve d'un déclin de l'abondance des invertébrés. *
(A) Parmi tous les insectes dont les tendances démographiques sont documentées par l'UICN, 33 % sont en déclin, avec de fortes variations entre les ordres.
(B) Les tendances parmi les insectes du Royaume-Uni (les couleurs indiquant une diminution en pourcentage sur 40 ans) montrent que 30 à 60% des espèces par ordre ont une gamme décroissante.
(C) Indice compilé de toutes les baisses de la population d'invertébrés au cours des 40 dernières années indique une baisse globale de 45 %, bien que la baisse soit moins marquée chez les lépidoptères que chez les autres taxons.
(D) Une méta-analyse des effets des perturbations anthropiques sur les Lépidoptères, le taxon invertébré le mieux étudié, montre des déclins globaux de la diversité observables.
Defaunation in the Anthropocene
Depuis 500 ans, une nouvelle extinction de masse des espèces a été déclenchée, causée en partie par l'impact de l'humain sur les changements globaux de l'environnement. Ce déclin est montré comme comparable aux 5 extinctions précédentes. Bien que cela revêtent une grande importance évolutive, cette perte du nombre d'individus dans les populations ainsi que les changements dans la composition des espèces au sein d'une communauté entraîneront généralement des impacts immédiats sur le fonctionnement de l’écosystème.
Les principaux déterminants de cette extinction sont la surexploitation, la destruction de l'habitat et les impacts des espèces envahissantes. Aucun de ces principaux facteurs n' a été efficacement atténué à l'échelle mondiale. Au contraire, tous montrent des trajectoires croissantes au cours des dernières décennies. En outre, plusieurs menaces plus récentes sont apparues récemment, notamment la perturbation anthropique du climat, qui sera probablement bientôt en concurrence avec la perte d'habitat comme principal facteur de la diminution de la faune. A l’heure actuelle, il est estimé une perte probable de 11000 à 58000 espèces par an, 16 à 33% des vertébrés sont menacés ou en danger, tandis que pour les 1% d’invertébrés évaluées, 44% sont menacés. Ce déclin est très variable entre les régions du globe, en ayant un impact plus important dans les régions tropicales.
Chez les vertébrés, la taille d'une petite aire de répartition géographique, les faibles taux de reproduction, la taille d'une grande aire de répartition locale et la taille de l’individu reviennent dans de nombreuses études et divers taxons comme facteurs clés du risque d’extinction.
Cependant, cette perte est assez difficile à quantifier et nous avons une mauvaise compréhension des changements de composition des communautés, après cette diminution de faune, ainsi que les perturbations associées qui affecteront la structure/diversité phylogénétique de ces derniers.
La diminution de la faune représente un changement majeur dans la biodiversité, il est probable qu'elle aura d'importants effets sur le fonctionnement des écosystèmes comme la diminution de la pollinisation affectant l’abondance de certaines plantes.
De plus, les arthropodes ravageurs sont responsables de 8 à 15 % des pertes dans la plupart des grandes cultures vivrières. Avec la réduction de la lutte biologique naturelle, cette valeur pourrait augmenter jusqu'à 37 %.
Il en va aussi de la baisse de la distribution et du cycle des nutriments, de la qualité de l’eau affectée par la prolifération des algues (perte d’amphibiens et d’animaux tels que les crocodiles, les hippopotames).
Mais il est à noté que cette extinction affectera aussi la santé humaine de bien d'autres façons en réduisant les ressources des écosystèmes, y compris les composés pharmaceutiques, les espèces animales, les agents de bio-contrôle, les ressources alimentaires et la régulation des maladies. Entre 23 et 36 % de tous les oiseaux, mammifères et amphibiens utilisés à des fins alimentaires ou médicinales sont aujourd'hui menacés d’extinction.
Mêmes si ces conséquences ont été mieux reconnues dans le cas des grands mammifères, ce déclin affecte de la même manière une faune plus petite et moins charismatique. Par exemple : les nématodes, les coléoptères ou les chauves-souris, interpellent moins les humains mais pourtant ils sont plus importants sur le plan fonctionnel. Il sera essentiel d'améliorer la surveillance et l'étude de ces taxons, en particulier des invertébrés, pour mieux comprendre la la réduction de la faune.
En résumé, une consommation mondiale réduite et mieux répartie des ressources sera nécessaire pour changer durablement les tendances actuelles de ce déclin. Si elle n'est pas contrôlé, la « défaunation » anthropocène deviendra non seulement une caractéristique de la sixième extinction massive de la planète, mais aussi un moteur de transformations mondiales fondamentales du fonctionnement des écosystèmes.
Cette review pose un des arguments du changement d'époque qu'est l'Anthropocène, résumant le déclin de la micro et macro-faune sur une courte échelle de temps.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.