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La réduction des bruits de conversations entre touristes : un processus gagnant-gagnant entre écotouristes et oiseaux dans la forêt tropicale au Pérou.
Introduction à l'article :
L'écotourisme augmente l'intensité des interactions hommes-faune sauvage : ceci peut augmenter la vigilance, les mécanismes de fuite, et diminuer les comportements de vocalisation. Ces changements peuvent avoir des conséquences sur la survie et la fécondité des individus : coût aux mécanismes de fuite, moins de temps alloué à la reproduction, aux soins parentaux, à la recherche de nourriture, etc. Comme ultime conséquence, de nombreux individus peuvent fuir la présence humaine et ainsi diminuer l'intérêt de l'écotourisme en lui-même.
Une importante cause de fuite et de vigilance chez les animaux est le bruit des touristes dans les zone de conservations. Il a été observé que la distance de fuite est corrélée au bruit chez le hoatzin huppé, une espèce d'oiseau. Cette étude a pour but d'étudier l'effet des réponses d'une communauté d'oiseaux de forêts tropicales aux bruits et conservations humaines.
Expériences de l'article :
L'expérience a été réalisée dans la réserve nationale de Tambopata-Candamo au Pérou durant l'été 2008. Une conversation de 8 minutes entre touristes a été préalablement enregistrée et retransmise sur deux transects : l'un dans la zone protégée et l'autre en bordure de la réserve, à forte présence touristique. Plusieurs niveaux d'intensité sonore ont été testés : 50 décibels (volume moyen des écotouristes), 60 décibels, et aucun bruit.
Il a été déterminé :
i) la réponse au bruit par comptage d'oiseaux après le traitement sonore,
ii) l'habituation des oiseaux au bruit.
Pour cette deuxième opération, ils ont répété 7 fois les 3 niveaux de bruits, sur 10 points séparés de 200m sur les deux transects. De plus le nombre d'oiseaux dans un rayon de 50m a été compté.
Des modèles statistiques ont déterminé l'impact du bruit sur la détection d'oiseaux et de la localisation. Il a notamment été mesuré la diversité d'espèces sur chaque point et la complémentarité d'espèces entre chaque point.
Résultats de l'article :
La présence de bruit affecte de manière significative la détection d'oiseaux : on en observe 35 à 37% moins en présence de bruit. Toutefois aucune différence significative n'a été observée entre les niveaux à 50 et à 60 décibels.
Les détections vocales ont été 1.72 fois plus importante dans le transect touristique que dans le transect contrôle. Aucune différence n'a été observée au niveau des détections visuelles. Durant les traitements sonores, plus d'oiseaux ont été observés dans le transect touristique que dans l'autre transect, alors que les quantités d'oiseaux observés étaient similaires sans bruit. Il a été observé une plus grande proportion d'oiseaux sensibles aux bruits dans la zone non touristique.
Les petits oiseaux insectivores sont les plus sensibles aux bruits, suivis des gros oiseaux exclusivement insectivores puis ceux insectivores et fructivores. En revanche, les oiseaux fructivores et les petits oiseaux insectivores et fructivores sont moins perturbés par le bruit.
Ce que cet article apporte au débat :
La présence de bruit même faible (50 décibels, soit l'équivalent du bruit d'une librairie) provoque une diminution de la détection visuelle et vocale des oiseaux. Ceci peut être expliqué par la fuite des oiseaux en présence de bruit, du à un mécanisme d'anti-prédation.
On note une absence d'habituation aux bruits. En effet les oiseaux des zones touristiques sont aussi les plus sensibles. Ceci peut s'expliquer par l'interdiction de la chasse il y a seulement 3 ans. Les oiseaux n'ont pas eu le temps de s'habituer aux bruits humains et les voient encore comme des prédateurs.
Enfin, les oiseaux insectivores sont plus sensibles aux bruits ce qui peut être expliqué par leur plus grande capacité olfactive comparé aux oiseaux fructivores.
Il est donc dans l'intérêt des oiseaux et des écotouristes que ces derniers fasse moins de bruit en conditions naturelles pour éviter la fuite des oiseaux, même si aucun lien entre bruit et survie et fécondité des oiseaux n'a été encore étudié et prouvé.
La réduction des bruits de conversations entre touristes : un processus gagnant-gagnant entre écotouristes et oiseaux dans la forêt tropicale au Pérou.
Introduction à l'article :
L'écotourisme augmente l'intensité des interactions hommes-faune sauvage : ceci peut augmenter la vigilance, les mécanismes de fuite, et diminuer les comportements de vocalisation. Ces changements peuvent avoir des conséquences sur la survie et la fécondité des individus : coût aux mécanismes de fuite, moins de temps alloué à la reproduction, aux soins parentaux, à la recherche de nourriture, etc. Comme ultime conséquence, de nombreux individus peuvent fuir la présence humaine et ainsi diminuer l'intérêt de l'écotourisme en lui-même.
Une importante cause de fuite et de vigilance chez les animaux est le bruit des touristes dans les zone de conservations. Il a été observé que la distance de fuite est corrélée au bruit chez le hoatzin huppé, une espèce d'oiseau. Cette étude a pour but d'étudier l'effet des réponses d'une communauté d'oiseaux de forêts tropicales aux bruits et conservations humaines.
L'expérience a été réalisée dans la réserve nationale de Tambopata-Candamo au Pérou durant l'été 2008. Une conversation de 8 minutes entre touristes a été préalablement enregistrée et retransmise sur deux transects : l'un dans la zone protégée et l'autre en bordure de la réserve, à forte présence touristique. Plusieurs niveaux d'intensité sonore ont été testés : 50 décibels (volume moyen des écotouristes), 60 décibels, et aucun bruit.
Il a été déterminé :
i) la réponse au bruit par comptage d'oiseaux après le traitement sonore,
ii) l'habituation des oiseaux au bruit.
Pour cette deuxième opération, ils ont répété 7 fois les 3 niveaux de bruits, sur 10 points séparés de 200m sur les deux transects. De plus le nombre d'oiseaux dans un rayon de 50m a été compté.
Des modèles statistiques ont déterminé l'impact du bruit sur la détection d'oiseaux et de la localisation. Il a notamment été mesuré la diversité d'espèces sur chaque point et la complémentarité d'espèces entre chaque point.
La présence de bruit affecte de manière significative la détection d'oiseaux : on en observe 35 à 37% moins en présence de bruit. Toutefois aucune différence significative n'a été observée entre les niveaux à 50 et à 60 décibels.
Les détections vocales ont été 1.72 fois plus importante dans le transect touristique que dans le transect contrôle. Aucune différence n'a été observée au niveau des détections visuelles. Durant les traitements sonores, plus d'oiseaux ont été observés dans le transect touristique que dans l'autre transect, alors que les quantités d'oiseaux observés étaient similaires sans bruit. Il a été observé une plus grande proportion d'oiseaux sensibles aux bruits dans la zone non touristique.
Les petits oiseaux insectivores sont les plus sensibles aux bruits, suivis des gros oiseaux exclusivement insectivores puis ceux insectivores et fructivores. En revanche, les oiseaux fructivores et les petits oiseaux insectivores et fructivores sont moins perturbés par le bruit.
La présence de bruit même faible (50 décibels, soit l'équivalent du bruit d'une librairie) provoque une diminution de la détection visuelle et vocale des oiseaux. Ceci peut être expliqué par la fuite des oiseaux en présence de bruit, du à un mécanisme d'anti-prédation.
On note une absence d'habituation aux bruits. En effet les oiseaux des zones touristiques sont aussi les plus sensibles. Ceci peut s'expliquer par l'interdiction de la chasse il y a seulement 3 ans. Les oiseaux n'ont pas eu le temps de s'habituer aux bruits humains et les voient encore comme des prédateurs.
Enfin, les oiseaux insectivores sont plus sensibles aux bruits ce qui peut être expliqué par leur plus grande capacité olfactive comparé aux oiseaux fructivores.
Il est donc dans l'intérêt des oiseaux et des écotouristes que ces derniers fasse moins de bruit en conditions naturelles pour éviter la fuite des oiseaux, même si aucun lien entre bruit et survie et fécondité des oiseaux n'a été encore étudié et prouvé.
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