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Titre du Livre :

La conservation du Kakerori (Pomarea dimidiata) dans les îles Cook en 2006/2007


Introduction au livre :

Le Kakerori (Pomarea dimidiata), aussi appelé Rarotonga monarque, est endémique des îles Cook, plus précisément de Rarotonga. Cette île est la plus grande (67 km2) et la plus peuplée (+ 10 000 habitants) des 15 îles constituant les îles Cook.
C'est une espèce d'oiseau assez petite (22g) et vivant dans des forêts denses au climat tropical.
Dans les années 80/90 le Kakerori était considéré comme une des espèces d’oiseaux les plus menacées. En effet, moins de 50 individus ont été recensés entre 1988 et 1994, d'où le statut IUCN “en danger critique” d’extinction pour cette espèce.
Hay & Robertson (1988) ont pu identifier le problème majeur de ce déclin : la prolifération d’espèces “nuisibles”, comme le rat (Rattus rattus) et le chat (Felis catus).
Des programmes de gestions ont alors été enclenchés :

  • Phase de rétablissement
  • Phase de maintien durable Suite à cinq cyclones ravageurs en 2005, les scientifiques ont voulu voir leur impact sur les populations d'oiseaux ainsi que celui de leurs prédateurs.
Résumé et résultats du livre :

Les rats ainsi que les chats nuisent aux adultes et plus récemment aux juvéniles Kakerori.

MÉTHODES
- Phase de rétablissement (1989 - 2001):
En 1989 la dératisation hebdomadaire ainsi que de protection des nids ont été expérimentés sur l’un des quatre principaux bassins fréquentés par les oiseaux. Au vu du succès reproducteur grandissant des Kakerori, ce plan d’action a été maintenu et donc depuis 1992 une opération de dératisation est effectuée tous les printemps dans la TCA (Takitumu Conservation Area). Cette zone protégée de 155 hectares se situe dans le sud-est de l’île de Rarotonga.
Ce n’est qu’en 1995 que le programme de rétablissement de l’espèce Pomarea dimidiata a été mis en place.
- Phase de maintien durable (après 2001):
Entre 2001 et 2003, afin de préserver l’espèce, des 30 jeunes Kakerori ont été transférés sur île Atiu.
Durant 2003/2004 la dératisation a été réduite à du remplacement de piège et de l'empoisonnement bimensuel dans la TCA.
En 2007 (avril - juillet) un programme d'empoisonnement "interim poisoning" a été mis en place, en plus de celui déjà en place, afin de réduire le nombre de rats et chats.

RÉSULTATS
1989 - 2001 : La population a augmenté de 20% chaque année en passant de 25 individus en 1989 à 255 en 2001. C’est alors que l’espèce est passée du statut d’espèce en “danger critique d’extinction” à “menacée”.
En 2005, cinq cyclones ont touché les îles Cook. Les populations ont bien résisté (276 adultes en TCA et 19 à Atiu). Néanmoins la canopée fut endommagée et la saison des amours des populations de Kakerori fut donc impactée l'année suivante.
En 2006, un déclin de 8% (276 --> 254) fut observé à Rarotonga par rapport à 2005.
En 2007, un minimum de 47 individus a été observé à Atiu.

CONCLUSION
Après le contrôle des prédateurs (rats et chats) la population de Kakerori s'est remise.

Rigueur du livre :

Les auteurs ne parlent pas de l'impact éventuel du poison utilisé pour la dératisation. Dans Preliminary ecosystem response following invasive norway rat eradication on rat Island, Aleutian Islands, Alaska les auteurs mentionnent des morts d'oiseaux dues au raticide utilisé alors il est justifiable de se demander s'il existe un impact similaire dans cette étude.
De plus, bien que cette étude soit en faveur de l'éradication elle ne mentionne pas l'effet de telles méthodes sur le reste de l'écosystème insulaire.

Ce que ce livre apporte au débat :

Il montre que des espèces comme les rats ou les chats peuvent avoir un effet néfaste sur les oiseaux, notamment dans des milieux insulaires. Le contrôle des populations de chats et de rats a fonctionné puisque la population de Kakerori s'est rétablie.
En effet, même les cinq cyclones survenus pendant l'étude ont eu un impact moindre comparé à celui des rats et des chats. Les Kakerori peuvent survivre, s'adapter au changement climatique, aux catastrophes naturelles mais sont menacés par les prédateurs néfastes.

Nous sommes en droit de nous demander si des méthodes drastiques, comme l'éradication, sont la clé du problème. Ne vaudrait-il pas mieux majorer et trouver un équilibre en contrôlant les populations de "nuisibles" afin que les populations menacées survivent et que le reste de l'écosystème n'en souffre pas. C'est ici que le mot gestion prendrait son sens et sa place !

Publiée il y a plus de 8 ans par R. Barosi et C. Vagnon.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.