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Evolution rapide d'un trait sous sélection sexuelle suite à l'établissement d'une population dans un nouvel habitat.
Figure :
Figure 5 tirée de Yeh (2004)
Introduction à l'article :
La colonisation de nouveaux environnements ammène souvent de nouvelles pressions de sélection. En plus d'affecter la survie et l'aptitude à attirer des partenaires, l'arrivée dans un nouvel habitat peut impacter d'autres interactions entre les individus conspécifiques.
Dans le Sud de la Californie, les juncos ardoisés (Junco hyemalis) vivent naturellement en forêt tempérée mixte, entre 1500 et 3000 m d'altitude. Ils se sont implantés dans les années 1980 sur le campus de l'Université de Californie, à San Diego, au cilmat méditerranéen. C'est une espèce intensément étudiée en évolution, notamment ses traits socialement sélectionnés. Le junco ardoisé présente notamment deux grandes bandes blanches sur les plumes de la queue, utilisées lors des confrontations agressives et des parades nuptiales.
Les auteurs comparent les queues des juncos provenant de leur aire de reproduction initiale à ceux présents sur le campus pour estimer l'évolution de ces traits depuis leur implantation.
Expériences de l'article :
Espèces et populations étudiées
J. y. thurberi: Californie + Sud Oregon.
UCSD: Vu la première fois en 1983, reproduction en 1986.
Visiteurs hivernaux montagnards ne restent pas pour la reproduction.
UCSD à 70km de la plus proche population de montagne
298 oiseaux étudiés
Caractères ancestraux: (1) visiteurs hivernaux ou (2) population des montagnes les plus proches considérés comme ancestraux => résultats similaires
+ Echantillonnage dans l'aire de répartition de la sous-espèce
Mesures de caractéristique du plumage
photographie + traitement informatique = % de blanc dans la queue
Causes des différences entre populations ?
Plasticité
Prélèvement d'oisillons, nourris en captivité => mesure des plumes avant et après la mue
Dérive
Estimation de la taille de la population la plus grande pour laquelle la dérive est probable
Taux d'évolution
Haldane
Intensité de sélection
Résultats de l'article :
Variation géographique: UCSD moins de blanc que dans les populations de montagne + Différence importante entre populations UCSD et visiteurs hivernaux
Peu de plasticité du caractère (pas d'effet de la captivité)
Variation d'âge: Si la population de l'UCSD a une structure d'âge différente, ça peut expliquer les variations de blanc de la queue. Ici cet effet est mineur. Le taux de survie des adultes de l'UCSD est relativement haut comparé aux populations de montagne
La population observée est bien plus grande que le seuil pour lequel la dérive a encore un effet.
Taux d'évolution de 0.19 haldanes: évolution rapide (quelque soit le scénario sur la population fondatrice)
Intensité de sélection: environ 25% de mortalité par génération, 13% par an.
Entre 1998 et 2002: Pas de changements significatifs de la quantité de blanc sur la queue. Si la sélection directionnelle s'appliquait encore avec le même taux entre 1998 et 2002, on aurait eu une diminution de 2% de blanc.
Ce que cet article apporte au débat :
La sélection qui s'opère dans un nouvel habitat peu causer l'évolution rapide d'un trait. Dans le cas des juncos ardoisés, il s'agit de la quantité de blanc dans la queue, qui a diminué d'environ 20% suite à la colonisation du campus UCSD.
Cette étude montre aussi que ce changement n'est pas du uniquement à de la dérive génétique, mais bien à une différenciation génétique.
Comme il n'y a pas eu de changement significatif entre 1998 et 2002, les auteurs suggèrent que le trait ce rapproche du trait optimal.
Les fortes différences environnementales entre les deux habitats forment de nouvelles pressions de sélection, pouvant affecter de nombreuses façon les traits sous sélection sexuelle.
L'évolution rapide n'est donc pas surprenante, mais c'est la direction de l'évolution d'un trait qui est difficile à prédire.
Cette étude indique un rôle majeur des changements d'habitat dans la divergence des traits sous sélection sexuelle entre populations, ou même entre espèces.
Publiée il y a plus de 8 ans
par
C. Plancher.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Evolution rapide d'un trait sous sélection sexuelle suite à l'établissement d'une population dans un nouvel habitat.
Figure 5 tirée de Yeh (2004)
La colonisation de nouveaux environnements ammène souvent de nouvelles pressions de sélection. En plus d'affecter la survie et l'aptitude à attirer des partenaires, l'arrivée dans un nouvel habitat peut impacter d'autres interactions entre les individus conspécifiques.
Dans le Sud de la Californie, les juncos ardoisés (Junco hyemalis) vivent naturellement en forêt tempérée mixte, entre 1500 et 3000 m d'altitude. Ils se sont implantés dans les années 1980 sur le campus de l'Université de Californie, à San Diego, au cilmat méditerranéen. C'est une espèce intensément étudiée en évolution, notamment ses traits socialement sélectionnés. Le junco ardoisé présente notamment deux grandes bandes blanches sur les plumes de la queue, utilisées lors des confrontations agressives et des parades nuptiales.
Les auteurs comparent les queues des juncos provenant de leur aire de reproduction initiale à ceux présents sur le campus pour estimer l'évolution de ces traits depuis leur implantation.
Espèces et populations étudiées
Mesures de caractéristique du plumage
Causes des différences entre populations ?
Plasticité
Dérive
Estimation de la taille de la population la plus grande pour laquelle la dérive est probable
Taux d'évolution
Variation géographique: UCSD moins de blanc que dans les populations de montagne + Différence importante entre populations UCSD et visiteurs hivernaux
Peu de plasticité du caractère (pas d'effet de la captivité)
Variation d'âge: Si la population de l'UCSD a une structure d'âge différente, ça peut expliquer les variations de blanc de la queue. Ici cet effet est mineur. Le taux de survie des adultes de l'UCSD est relativement haut comparé aux populations de montagne
La population observée est bien plus grande que le seuil pour lequel la dérive a encore un effet.
Taux d'évolution de 0.19 haldanes: évolution rapide (quelque soit le scénario sur la population fondatrice)
Intensité de sélection: environ 25% de mortalité par génération, 13% par an.
Entre 1998 et 2002: Pas de changements significatifs de la quantité de blanc sur la queue. Si la sélection directionnelle s'appliquait encore avec le même taux entre 1998 et 2002, on aurait eu une diminution de 2% de blanc.
La sélection qui s'opère dans un nouvel habitat peu causer l'évolution rapide d'un trait. Dans le cas des juncos ardoisés, il s'agit de la quantité de blanc dans la queue, qui a diminué d'environ 20% suite à la colonisation du campus UCSD.
Cette étude montre aussi que ce changement n'est pas du uniquement à de la dérive génétique, mais bien à une différenciation génétique.
Comme il n'y a pas eu de changement significatif entre 1998 et 2002, les auteurs suggèrent que le trait ce rapproche du trait optimal.
Les fortes différences environnementales entre les deux habitats forment de nouvelles pressions de sélection, pouvant affecter de nombreuses façon les traits sous sélection sexuelle.
Cette étude indique un rôle majeur des changements d'habitat dans la divergence des traits sous sélection sexuelle entre populations, ou même entre espèces.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.