ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Quatre scénarios de mélange génétique impliquant l'Homme de Neandertal.
Flux génique des homininés archaïques (ici Homo erectus) vers l'Homme de Neandertal. Dans ce cas, le génome Néandertalien serait très divergent des Hommes actuels.
Flux de gènes entre les derniers Néandertaliens et les premiers Hommes modernes en Europe et/ou en Asie. Ce scénario n'est pas soutenu par les données car les Hommes de Neandertal divergent autant des populations d'Homme modernes actuels de ces deux régions du monde.
Flux génique entre les Néandertaliens et les ancêtres de toutes les Hommes modernes non-africains. Il s'agit du scénario le plus parcimonieux.
Ce scénario représente l'ancienne structure séparant les Hommes de Neandertal et les ancêtre des populations non-africaines.
Introduction à l'article :
La question du métissage entre Hommes modernes et Néandertaliens est très controversée. En effet, les caractéristiques morphologiques de ces deux groupes ont été interprétées à la fois en faveur et en défaveur d’un échange génétique. De même, les données provenant des analyses d’ADN ont été interprétées pour et contre l’hypothèse de la contribution des Néandertaliens à l’émergence des Hommes modernes.
Détecter un signal du flux de gène entre les Néandertaliens constitue un réel défis car ces deux groupes partage un ancêtre ayant vécu dans les derniers 500 000 ans. Cependant quelques indices peuvent nous permettre d'identifier des flux génique. En effet, si les Néandertaliens sont en moyenne plus proches génétiquement de certains groupes d’Hommes modernes appartenant à certaines régions géographiques cela suggérerait que le métissage à eu lieu avec les ancêtres de ces groupes.
Les auteurs présentent le génome de l'Homme de Neandertal provenant de trois individus.
Expériences de l'article :
Échantillonnage paléontologique
21 os de Néandertaliens provenant de la grotte de Vindija (Croatie) ont été analysés. Après s’être assurés qu’ils contenaient bien de l’ADNmt de Néandertaliens les chercheurs ont sélectionné trois de ces os, qui, réduis en poudre on servi de matériel de base pour le séquençage génomique.
Relations entre Néandertaliens et populations africaines et non-africaines
Pour tester si les Néandertaliens sont plus apparentés à une population humaine actuelle qu’à une autre, des polymorphismes nucléotidiques ("single-nucleotide polymorphism" : SNP) ont été identifiés par comparaison des séquences de ces deux groupes. Si le flux de gènes entre Néandertaliens et Hommes modernes avait cessé avant que la différentiation entre les différentes populations d’Hommes modernes commence, il est attendu que les résultats des comparaisons entre Néandertaliens et Hommes modernes ne soient pas dépendant du groupe d’Hommes modernes actuels choisis pour la comparaison.
Résultats de l'article :
Les Hommes de Neandertal sont plus proches des non-africains que des africains
Les Neandertaliens partagent plus d'allèles avec les populations non-africaines qu'avec les populations africaines. Les auteurs concluent que les Hommes de Neandertal sont plus des non-africains que des africains.
La direction du flux de gène
Parce qu'elle est l'explication la plus parcimonieuse, et après interprétation des données, il est accepté que le flux de gène provient des Hommes de Neandertal vers les Hommes modernes.
Proportion du génome de l'Homme moderne dérivant de celui du Néandertalien
La meilleure estimation de la proportion du génome de l'Homme moderne dérivé de celui du Néandertalien est de 1 - 4 %
Rigueur de l'article :
Une critique de cet article est présentée dans la référence : Neanderthal DNA and modern human origins. Notamment, elle discute de la qualité des données, de la sensibilité de la statistique D à différents facteurs confondants, ainsi que de la pertinence de différents scénarios (parmi ceux présentés sur la figure)
Ce que cet article apporte au débat :
Implications pour les origines de l’Homme moderne
Le modèle classique de sortie d’Afrique propose que des petites populations africaines se seraient dispersées en remplaçant les formes d’Hommes archaïques sans aucuns métissage. Cette analyse du génome de Néandertalien n’est pas compatible avec ce modèle :
Les Néandertaliens sont en moyenne plus proches des individus d'Eurasie comparé à ceux d'Afrique, suggérant un évenement de métissage à la sortie d'Afrique des Hommes modernes.
Le génome de l'Homme moderne contient des séquences dérivées de celui de l'Homme de Neandertal, de l'ordre de 1 - 4 %.
Ainsi, la publication du génome de l'Homme de Neandertal permet de rejeter le scénario de sortie d'Afrique classique. En effet l'hypothèse de remplacement des populations humaines archaïques n'est pas compatible avec ces données.
Cependant, cela continue à soutenir l'idée que la grande majorité des variants génétiques qui existent hors d'Afrique proviennent d'Afrique.
Publiée il y a plus de 8 ans
par
S. Julien.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Une ébauche du génome de l’Homme de Neandertal
Quatre scénarios de mélange génétique impliquant l'Homme de Neandertal.
Flux génique des homininés archaïques (ici Homo erectus) vers l'Homme de Neandertal. Dans ce cas, le génome Néandertalien serait très divergent des Hommes actuels.
Flux de gènes entre les derniers Néandertaliens et les premiers Hommes modernes en Europe et/ou en Asie. Ce scénario n'est pas soutenu par les données car les Hommes de Neandertal divergent autant des populations d'Homme modernes actuels de ces deux régions du monde.
Flux génique entre les Néandertaliens et les ancêtres de toutes les Hommes modernes non-africains. Il s'agit du scénario le plus parcimonieux.
Ce scénario représente l'ancienne structure séparant les Hommes de Neandertal et les ancêtre des populations non-africaines.
La question du métissage entre Hommes modernes et Néandertaliens est très controversée. En effet, les caractéristiques morphologiques de ces deux groupes ont été interprétées à la fois en faveur et en défaveur d’un échange génétique. De même, les données provenant des analyses d’ADN ont été interprétées pour et contre l’hypothèse de la contribution des Néandertaliens à l’émergence des Hommes modernes.
Détecter un signal du flux de gène entre les Néandertaliens constitue un réel défis car ces deux groupes partage un ancêtre ayant vécu dans les derniers 500 000 ans. Cependant quelques indices peuvent nous permettre d'identifier des flux génique. En effet, si les Néandertaliens sont en moyenne plus proches génétiquement de certains groupes d’Hommes modernes appartenant à certaines régions géographiques cela suggérerait que le métissage à eu lieu avec les ancêtres de ces groupes.
Les auteurs présentent le génome de l'Homme de Neandertal provenant de trois individus.
Échantillonnage paléontologique
21 os de Néandertaliens provenant de la grotte de Vindija (Croatie) ont été analysés. Après s’être assurés qu’ils contenaient bien de l’ADNmt de Néandertaliens les chercheurs ont sélectionné trois de ces os, qui, réduis en poudre on servi de matériel de base pour le séquençage génomique.
Relations entre Néandertaliens et populations africaines et non-africaines
Pour tester si les Néandertaliens sont plus apparentés à une population humaine actuelle qu’à une autre, des polymorphismes nucléotidiques ("single-nucleotide polymorphism" : SNP) ont été identifiés par comparaison des séquences de ces deux groupes. Si le flux de gènes entre Néandertaliens et Hommes modernes avait cessé avant que la différentiation entre les différentes populations d’Hommes modernes commence, il est attendu que les résultats des comparaisons entre Néandertaliens et Hommes modernes ne soient pas dépendant du groupe d’Hommes modernes actuels choisis pour la comparaison.
Les Hommes de Neandertal sont plus proches des non-africains que des africains
Les Neandertaliens partagent plus d'allèles avec les populations non-africaines qu'avec les populations africaines. Les auteurs concluent que les Hommes de Neandertal sont plus des non-africains que des africains.
La direction du flux de gène
Parce qu'elle est l'explication la plus parcimonieuse, et après interprétation des données, il est accepté que le flux de gène provient des Hommes de Neandertal vers les Hommes modernes.
Proportion du génome de l'Homme moderne dérivant de celui du Néandertalien
La meilleure estimation de la proportion du génome de l'Homme moderne dérivé de celui du Néandertalien est de 1 - 4 %
Une critique de cet article est présentée dans la référence : Neanderthal DNA and modern human origins. Notamment, elle discute de la qualité des données, de la sensibilité de la statistique D à différents facteurs confondants, ainsi que de la pertinence de différents scénarios (parmi ceux présentés sur la figure)
Implications pour les origines de l’Homme moderne
Le modèle classique de sortie d’Afrique propose que des petites populations africaines se seraient dispersées en remplaçant les formes d’Hommes archaïques sans aucuns métissage. Cette analyse du génome de Néandertalien n’est pas compatible avec ce modèle :
Ainsi, la publication du génome de l'Homme de Neandertal permet de rejeter le scénario de sortie d'Afrique classique. En effet l'hypothèse de remplacement des populations humaines archaïques n'est pas compatible avec ces données.
Cependant, cela continue à soutenir l'idée que la grande majorité des variants génétiques qui existent hors d'Afrique proviennent d'Afrique.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.