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L'écotouriste accidentel : mesures des impacts des visiteurs sur les singes hurleurs en voie de disparition sur un site archéologique bélizien
Figure :
Tableau 1. Rencontres touristiques avec des singes hurleurs noirs à la réserve de Lamanai. * Rapportés par les auteurs sur l'enquête auprès des visiteurs (Grossberg et al.,2003).
Introduction à l'article :
L’écotourisme est une activité générant un développement économique important. De plus la prise de conscience de la population mondiale vis-à-vis de l’impact des activités humaines sur la biodiversité a provoqué un engouement pour la découverte des derniers espaces naturels. Ainsi l’écotourisme est en pleine expansion et mutation. Il évolue jusqu’au point où une redéfinition est nécessaire : il est défini comme un type de tourisme qui s’engagent sur le long-terme dans des programmes de conservation de la biodiversité mais des variantes existent.
Involontairement les touristes entrent en contact avec la biodiversité alors que ce n’est pas l’objet de leur visite comme celle de sites archéologiques. Le tourisme étant omniprésent et les aires à forte concentration de biodiversité diminuant ce type de rencontre est prévue d'augmenter et des études portant sur l’impact de ce nouvel écotourisme accidentel sont nécessaires pour mieux quantifier l’impact du tourisme sur la biodiversité.
Expériences de l'article :
L’étude s’est tenue sur le site archéologique de Lamanai au Bélize en 2000 et a porté sur l’interaction humains-singes hurleurs (Alouatta pigra) afin de caractériser l’écotourisme accidentel. Cela a été fait sur deux périodes : en haute saison touristique du 13 janvier au 1 mars 2000, et en basse saison du 6 juin au 26 juillet 2000.
Une enquête a été menée sur les touristes concernant leurs attentes et leurs attitudes vis-à-vis de la biodiversité. Pour les expéditions encadrées par des tours opérateurs le niveau d’éducation fourni par les guides a été examiné ainsi que pour les expéditions non encadrées. Enfin une quantification des interactions humains-singes hurleurs à été faite et une étude qualitative de la réponse des singes hurleurs aux touristes à été notée. Enfin des analyses statistiques ont été conduites pour déterminer si les touristes avaient une influence sur le comportement des singes hurleurs, pour voir les différences entre les différents groupes de touristes.
Résultats de l'article :
Les visites guidées avec de grands groupes de touristes sont celles qui ont le plus d’interactions avec les singes hurleurs. 66% des touristes ont essayé de provoquer une interaction en faisant rugir les singes. Les touristes ayant une considération pour l’écologie ont moins d’interactions que les autres.
La réponse des singes vis-à-vis des touristes est variable. La plupart du temps cela consiste en des perturbations de courte durée. Cependant lorsque les touristes ont réussi à provoquer une réaction significative de la part des singes les réponses sont encore variées. Les femelles et les jeunes ont tendance a fuir vers la cime des arbres alors que les mâles adultes ou adolescents ont des réactions agressives contre les touristes. Cela comprend des hurlements des arbres à la descente sur le sol ou même le contact avec les touristes. Dans ces cas là les singes ont saisis les vêtements et sacs voir ont mordus les touristes. Dans un cas, un chien accompagnateur a mordu un singe.
Ce que cet article apporte au débat :
Cette étude montre des impacts négatifs de l’écotourisme sur la biodiversité : les interactions directes agressives entre humains et animaux provoquées par le manque d’éducation des touristes. Si la population mondiale a pris conscience des dangers planant sur la biodiversité, certains touristes visitent les espaces naturels non pas pour leur biodiversité, mais pour d'autre raisons (ici, la présence de ruines). Cela a pour conséquence des interactions franches provoquées par les touristes qui aboutissent à une réponse agressive des singes. Si l’étude montre que la réaction des singes n'a aucune conséquences graves pour les touristes, des interactions avec des animaux potentiellement plus dangereux pourraient entraîner des représailles de la part des humains.
Cet article montre le besoin d’un écotourisme modéré respectueux de la nature : cela passe avant tout par une éducation préalable des touristes et un meilleur encadrement des guides pour ne pas perturber à outrance la biodiversité.
L'écotouriste accidentel : mesures des impacts des visiteurs sur les singes hurleurs en voie de disparition sur un site archéologique bélizien
Tableau 1. Rencontres touristiques avec des singes hurleurs noirs à la réserve de Lamanai. * Rapportés par les auteurs sur l'enquête auprès des visiteurs (Grossberg et al.,2003).
L’écotourisme est une activité générant un développement économique important. De plus la prise de conscience de la population mondiale vis-à-vis de l’impact des activités humaines sur la biodiversité a provoqué un engouement pour la découverte des derniers espaces naturels. Ainsi l’écotourisme est en pleine expansion et mutation. Il évolue jusqu’au point où une redéfinition est nécessaire : il est défini comme un type de tourisme qui s’engagent sur le long-terme dans des programmes de conservation de la biodiversité mais des variantes existent.
Involontairement les touristes entrent en contact avec la biodiversité alors que ce n’est pas l’objet de leur visite comme celle de sites archéologiques. Le tourisme étant omniprésent et les aires à forte concentration de biodiversité diminuant ce type de rencontre est prévue d'augmenter et des études portant sur l’impact de ce nouvel écotourisme accidentel sont nécessaires pour mieux quantifier l’impact du tourisme sur la biodiversité.
L’étude s’est tenue sur le site archéologique de Lamanai au Bélize en 2000 et a porté sur l’interaction humains-singes hurleurs (Alouatta pigra) afin de caractériser l’écotourisme accidentel. Cela a été fait sur deux périodes : en haute saison touristique du 13 janvier au 1 mars 2000, et en basse saison du 6 juin au 26 juillet 2000.
Une enquête a été menée sur les touristes concernant leurs attentes et leurs attitudes vis-à-vis de la biodiversité. Pour les expéditions encadrées par des tours opérateurs le niveau d’éducation fourni par les guides a été examiné ainsi que pour les expéditions non encadrées. Enfin une quantification des interactions humains-singes hurleurs à été faite et une étude qualitative de la réponse des singes hurleurs aux touristes à été notée. Enfin des analyses statistiques ont été conduites pour déterminer si les touristes avaient une influence sur le comportement des singes hurleurs, pour voir les différences entre les différents groupes de touristes.
Les visites guidées avec de grands groupes de touristes sont celles qui ont le plus d’interactions avec les singes hurleurs. 66% des touristes ont essayé de provoquer une interaction en faisant rugir les singes. Les touristes ayant une considération pour l’écologie ont moins d’interactions que les autres.
La réponse des singes vis-à-vis des touristes est variable. La plupart du temps cela consiste en des perturbations de courte durée. Cependant lorsque les touristes ont réussi à provoquer une réaction significative de la part des singes les réponses sont encore variées. Les femelles et les jeunes ont tendance a fuir vers la cime des arbres alors que les mâles adultes ou adolescents ont des réactions agressives contre les touristes. Cela comprend des hurlements des arbres à la descente sur le sol ou même le contact avec les touristes. Dans ces cas là les singes ont saisis les vêtements et sacs voir ont mordus les touristes. Dans un cas, un chien accompagnateur a mordu un singe.
Cette étude montre des impacts négatifs de l’écotourisme sur la biodiversité : les interactions directes agressives entre humains et animaux provoquées par le manque d’éducation des touristes. Si la population mondiale a pris conscience des dangers planant sur la biodiversité, certains touristes visitent les espaces naturels non pas pour leur biodiversité, mais pour d'autre raisons (ici, la présence de ruines). Cela a pour conséquence des interactions franches provoquées par les touristes qui aboutissent à une réponse agressive des singes. Si l’étude montre que la réaction des singes n'a aucune conséquences graves pour les touristes, des interactions avec des animaux potentiellement plus dangereux pourraient entraîner des représailles de la part des humains.
Cet article montre le besoin d’un écotourisme modéré respectueux de la nature : cela passe avant tout par une éducation préalable des touristes et un meilleur encadrement des guides pour ne pas perturber à outrance la biodiversité.
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