ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Équivalence des tortues des Galápagos utilisées comme espèces écologiques pour restaurer les fonctions écosystémiques
Introduction à l'article :
Le perte de grands herbivores réduite la richesse spécifique des plantes, affaiblit les interactions plantes-insectes, affecte la capacité de dispersion et la distribution des plantes et réduite le taux de nutriments dans l'écosystème. La restauration des grands herbivores et de leurs fonctions associées doit donc être une priorité de conservation.
Pour délivrer les fonctions écosystémiques manquantes d'une espèce éteinte, l'introduction d'herbivores actuels a été proposée. Pour cela, les auteurs se demandent à quel point un candidat peut-il être différent de l'espèce éteinte pour délivrer les mêmes fonctions écosystémiques et est-ce que les espèces introduites survivent dans le nouvel environnement ?
L'île Pinta Island dans l'archipel des Galápagos a vu s'éteindre sa population de tortues. Ces tortues interagissaient avec un cactus (Opuntia sp.) qui est une espèce clé de voûte pour les communautés arides de l'archipel.
Expériences de l'article :
Les auteurs ont relâchées 39 tortues ayant vécu en captivité sur Pinta Island. Ces tortues possédaient deux types de morphologie différente : la morphologie "dôme" et la morphologie "saddleback" qui est la morphologie des tortues éteintes de l'île.
L'introduction a été réalisée après un épisode pluvieux d'El Niño pour avoir plus de végétaux sur l'île. Les tortues ont été relâchées une par une depuis un même point à 245m d'altitude.
Ces tortues ont ensuite été suivies durant deux périodes de 2 mois : immédiatement après l'introduction de Mai à Juillet 2010 puis un an après de Mai à Juillet 2011.
Un recensement des cactus et un index de densité de végétation ont aussi été réalisés dans l'aire d'activité des tortues.
Résultats de l'article :
Immédiatement après l'introduction, les tortues "dômes" ont commencé à se déplacer plus haut en altitude. Par la suite, les deux phénotypes occupaient des altitudes différentes. La niche des tortues "dômes" était réduite aux hautes zones où il n'y avait aucun cactus Opuntia. De plus, la niche réalisée des tortues "saddlebacks" est plus grande que celle des tortues "dômes".
Entre les deux années, le nombre de graines dans les fèces de tortues a augmenté et la masse des individus aussi.
Ces résultats indiquent que toutes les espèces de tortues ne sont pas interchangeables, surtout lorsqu'une variété d'écosystèmes existe sur l'île. Relativement à Opuntia, les tortues "dômes" ne fournissent pas les mêmes fonctions écosystémiques que les tortues "saddlebacks". Ces dernières ont d'ailleurs l'air d'avoir rempli la niche des tortues originelles de l'île.
Néanmoins, la nouvelle pression d'herbivorie pourrait avoir des effets néfastes à court terme sur les espèces qui dépendent du cactus.
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article montre que l'on peut utiliser de nouvelles espèces pour remplacer des fonctions écosystémiques disparues suite à l'extinction d'autres espèces. Néanmoins, les nouveaux individus ne doivent pas trop différer du phénotype de l'espèce éteinte.
De plus, des études doivent être menées lors de ces plans de conservation afin de savoir si l'effet néfaste à court-terme est un risque à prendre pour avoir un effet bénéfique à long-terme.
Publiée il y a plus de 8 ans
par
B. Dubourguier.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Équivalence des tortues des Galápagos utilisées comme espèces écologiques pour restaurer les fonctions écosystémiques
Introduction à l'article :
Le perte de grands herbivores réduite la richesse spécifique des plantes, affaiblit les interactions plantes-insectes, affecte la capacité de dispersion et la distribution des plantes et réduite le taux de nutriments dans l'écosystème. La restauration des grands herbivores et de leurs fonctions associées doit donc être une priorité de conservation.
Pour délivrer les fonctions écosystémiques manquantes d'une espèce éteinte, l'introduction d'herbivores actuels a été proposée. Pour cela, les auteurs se demandent à quel point un candidat peut-il être différent de l'espèce éteinte pour délivrer les mêmes fonctions écosystémiques et est-ce que les espèces introduites survivent dans le nouvel environnement ?
L'île Pinta Island dans l'archipel des Galápagos a vu s'éteindre sa population de tortues. Ces tortues interagissaient avec un cactus (Opuntia sp.) qui est une espèce clé de voûte pour les communautés arides de l'archipel.
Les auteurs ont relâchées 39 tortues ayant vécu en captivité sur Pinta Island. Ces tortues possédaient deux types de morphologie différente : la morphologie "dôme" et la morphologie "saddleback" qui est la morphologie des tortues éteintes de l'île.
L'introduction a été réalisée après un épisode pluvieux d'El Niño pour avoir plus de végétaux sur l'île. Les tortues ont été relâchées une par une depuis un même point à 245m d'altitude.
Ces tortues ont ensuite été suivies durant deux périodes de 2 mois : immédiatement après l'introduction de Mai à Juillet 2010 puis un an après de Mai à Juillet 2011.
Un recensement des cactus et un index de densité de végétation ont aussi été réalisés dans l'aire d'activité des tortues.
Immédiatement après l'introduction, les tortues "dômes" ont commencé à se déplacer plus haut en altitude. Par la suite, les deux phénotypes occupaient des altitudes différentes. La niche des tortues "dômes" était réduite aux hautes zones où il n'y avait aucun cactus Opuntia. De plus, la niche réalisée des tortues "saddlebacks" est plus grande que celle des tortues "dômes".
Entre les deux années, le nombre de graines dans les fèces de tortues a augmenté et la masse des individus aussi.
Ces résultats indiquent que toutes les espèces de tortues ne sont pas interchangeables, surtout lorsqu'une variété d'écosystèmes existe sur l'île. Relativement à Opuntia, les tortues "dômes" ne fournissent pas les mêmes fonctions écosystémiques que les tortues "saddlebacks". Ces dernières ont d'ailleurs l'air d'avoir rempli la niche des tortues originelles de l'île.
Néanmoins, la nouvelle pression d'herbivorie pourrait avoir des effets néfastes à court terme sur les espèces qui dépendent du cactus.
Cet article montre que l'on peut utiliser de nouvelles espèces pour remplacer des fonctions écosystémiques disparues suite à l'extinction d'autres espèces. Néanmoins, les nouveaux individus ne doivent pas trop différer du phénotype de l'espèce éteinte.
De plus, des études doivent être menées lors de ces plans de conservation afin de savoir si l'effet néfaste à court-terme est un risque à prendre pour avoir un effet bénéfique à long-terme.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.