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Des génomes mitochondriaux du Pléistocène suggèrent une seule dispersion majeure de non-africains et un changement de population en Europe à la fin de la dernière période glaciaire.
Figure :
Sites archéologiques du Pléistocène supérieur et de l'Holocène inférieur et Haplogroupes (hgs) de l'ADNmt des chasseurs-ceuilleurs.
(A) Dispersion pré-LGM (last glacial maximum) des populations non africaines, portant à la fois les lignées N et M (hgs R, U, U5 et U20304070809 appartiennent au clade N, distinct du clade M).
(B) Ré-expansion LGM en Europe alors que les calottes glaciaires se rétractaient.
(C) Changement de la fréquence des haplogroupes d’ADNmt au tardiglaciaire.
(D) ADNmt de chasseurs-cueilleurs holocène, appartenant principalement à hg U5.
(Posth et al., 2016).
Introduction à l'article :
Les modalités de la dispersion de l’homme moderne hors d’Afrique est un sujet encore débattu et les informations génétiques anciennes sont rares, ce qui rend difficile la compréhension de la dynamique de peuplement de ces premiers hommes en Eurasie et en Australie (nombre d’expansions et dates précises). Deux catégories de modèles sont proposées pour la dispersion des non-Africains :
1- Une dispersion unique et majeure de l’homme moderne (Homo sapiens) à travers l’Eurasie et l’Australie.
2- Des dispersions multiples de populations antérieures qui se diversifient, ce qui expliquerait la grande diversité génétique des populations hors d’Afrique.
Le but de cette étude est donc de mieux comprendre la diversité génétique des premiers hommes modernes d’Europe au Pléistocène ainsi que l’impact des évènements climatiques qui ont suivi leur dispersion sur leur démographie.
Expériences de l'article :
Les auteurs proposent une reconstitution de la généalogie maternelle en utilisant l'approche phylogéographique afin de tester des hypothèses historiques, en combinant l'arbre avec l'information géographique et une horloge moléculaire.
55 génomes mitochondriaux humains complets (ADNmt) de chasseurs-cueilleurs sont analysés.
Ces individus vivaient dans les régions qui sont aujourd'hui l'Italie, l'Allemagne, la Belgique, la France, la République Tchèque et la Roumanie entre 35 000 et 7 000 ans.
Résultats de l'article :
Trois individus vivant en Europe avant le dernier maximum glaciaire appartiennent à un haplogroupe aujourd’hui absent chez les Européens (M) mais présent chez les Asiatiques, les Australasiens et les Amérindiens. Cette perte de diversité génétique est une conséquence du dernier maximum glaciaire il y a environ 25000 ans lorsque les populations de chasseurs-cueilleurs européens se sont déplacés dans des zones refuges plus au Sud.
Les données moléculaires ont également permis de dater l'ancêtre commun le plus récent de chacun des clades d'ADNmt non africains modernes à 50000 ans.
En résumé :
La datation de l’origine des haplotypes N et M révèle une dispersion unique, tardive et rapide il y a moins de 55 000 ans
La modélisation démographique indique un goulot d'étranglement génétique (baisse de variation dans les haplotypes européens) mais fournit également des preuves d'un important mouvement de population en Europe il y a environ 14 500 ans au cours de la dernière période glaciaire.
Rigueur de l'article :
Cette étude apporte une nouvelle base de preuve grâce à l'ADN ancien pour la compréhension de l'histoire humaine, en se basant sur un large échantillon d’ADN complet et couvrant une large gamme géographique et temporelle (entre 35 000 et 7000 ans). Les mitogénomes sont habituellement de haute qualité, de plus en raison du nombre de copies plus élevé, seul l'ADNmt survit dans certains des échantillons les plus intéressants.
Cependant, les estimations ont été faites avec moins de données et peut-être moins représentatives, que celles utilisant seulement des échantillons modernes, et des distributions inégales d'échantillons anciens et modernes peuvent fausser les estimations d'une manière qui n'est pas bien comprise.
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article recentre le débat en exposant clairement la question et les différentes hypothèses proposées par la communauté scientifique.
De plus, d’autres études se sont basées sur la répartition mondiale des haplogroupes M et N pour prouver une première dispersion de l’homme moderne d’Afrique vers l’Asie avant une colonisation plus tardive de l’Europe. Hors, la présence des individus d’haplotypes M et N en France et en Belgique serait plutôt en faveur d’une répartition globale des population d’haplotype M y compris en Europe.
Elle permet également d’aller plus loin avec la mise en évidence d’un changement brutal de population à la fin de la dernière période glaciaire il y a 14 500 ans.
Remarques sur l'article :
D’autres analyse de l’ADN ancien, sur de nouveaux spécimens couvrant une aire géographique et temporelle plus large, pourrait compléter ces résultats en comprenant mieux les conséquences génétiques du déplacement des populations vers des zones refuges durant le dernier maximum glaciaire. L’intérêt étant d’identifier l’origine des populations arrivant durant le tardiglaciaire.
Publiée il y a plus de 8 ans
par
L. Defend et E. Clastres.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Des génomes mitochondriaux du Pléistocène suggèrent une seule dispersion majeure de non-africains et un changement de population en Europe à la fin de la dernière période glaciaire.
Sites archéologiques du Pléistocène supérieur et de l'Holocène inférieur et Haplogroupes (hgs) de l'ADNmt des chasseurs-ceuilleurs.
(A) Dispersion pré-LGM (last glacial maximum) des populations non africaines, portant à la fois les lignées N et M (hgs R, U, U5 et U20304070809 appartiennent au clade N, distinct du clade M).
(B) Ré-expansion LGM en Europe alors que les calottes glaciaires se rétractaient.
(C) Changement de la fréquence des haplogroupes d’ADNmt au tardiglaciaire.
(D) ADNmt de chasseurs-cueilleurs holocène, appartenant principalement à hg U5.
(Posth et al., 2016).
Les modalités de la dispersion de l’homme moderne hors d’Afrique est un sujet encore débattu et les informations génétiques anciennes sont rares, ce qui rend difficile la compréhension de la dynamique de peuplement de ces premiers hommes en Eurasie et en Australie (nombre d’expansions et dates précises). Deux catégories de modèles sont proposées pour la dispersion des non-Africains :
Le but de cette étude est donc de mieux comprendre la diversité génétique des premiers hommes modernes d’Europe au Pléistocène ainsi que l’impact des évènements climatiques qui ont suivi leur dispersion sur leur démographie.
Les auteurs proposent une reconstitution de la généalogie maternelle en utilisant l'approche phylogéographique afin de tester des hypothèses historiques, en combinant l'arbre avec l'information géographique et une horloge moléculaire.
55 génomes mitochondriaux humains complets (ADNmt) de chasseurs-cueilleurs sont analysés.
Ces individus vivaient dans les régions qui sont aujourd'hui l'Italie, l'Allemagne, la Belgique, la France, la République Tchèque et la Roumanie entre 35 000 et 7 000 ans.
Trois individus vivant en Europe avant le dernier maximum glaciaire appartiennent à un haplogroupe aujourd’hui absent chez les Européens (M) mais présent chez les Asiatiques, les Australasiens et les Amérindiens. Cette perte de diversité génétique est une conséquence du dernier maximum glaciaire il y a environ 25000 ans lorsque les populations de chasseurs-cueilleurs européens se sont déplacés dans des zones refuges plus au Sud.
Les données moléculaires ont également permis de dater l'ancêtre commun le plus récent de chacun des clades d'ADNmt non africains modernes à 50000 ans.
En résumé :
Cette étude apporte une nouvelle base de preuve grâce à l'ADN ancien pour la compréhension de l'histoire humaine, en se basant sur un large échantillon d’ADN complet et couvrant une large gamme géographique et temporelle (entre 35 000 et 7000 ans). Les mitogénomes sont habituellement de haute qualité, de plus en raison du nombre de copies plus élevé, seul l'ADNmt survit dans certains des échantillons les plus intéressants.
Cependant, les estimations ont été faites avec moins de données et peut-être moins représentatives, que celles utilisant seulement des échantillons modernes, et des distributions inégales d'échantillons anciens et modernes peuvent fausser les estimations d'une manière qui n'est pas bien comprise.
Cet article recentre le débat en exposant clairement la question et les différentes hypothèses proposées par la communauté scientifique.
De plus, d’autres études se sont basées sur la répartition mondiale des haplogroupes M et N pour prouver une première dispersion de l’homme moderne d’Afrique vers l’Asie avant une colonisation plus tardive de l’Europe. Hors, la présence des individus d’haplotypes M et N en France et en Belgique serait plutôt en faveur d’une répartition globale des population d’haplotype M y compris en Europe.
Elle permet également d’aller plus loin avec la mise en évidence d’un changement brutal de population à la fin de la dernière période glaciaire il y a 14 500 ans.
D’autres analyse de l’ADN ancien, sur de nouveaux spécimens couvrant une aire géographique et temporelle plus large, pourrait compléter ces résultats en comprenant mieux les conséquences génétiques du déplacement des populations vers des zones refuges durant le dernier maximum glaciaire. L’intérêt étant d’identifier l’origine des populations arrivant durant le tardiglaciaire.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.