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La chytridiomycose, une maladie fongique émergente des amphibiens: un exemple clé du phénomène global de l'émergence des maladies infectieuses des espèces sauvages.
Introduction à l'article :
Les populations d’amphibiens à travers le monde sont en déclin rapide et constant depuis la fin du 20ème siècle. Les amphibiens sont des bio-indicateurs importants puisque sensibles à la qualité de l’eau. Si la diminution des populations est souvent liée à la fragmentation des habitats, à la pollution ou à la sécheresse, de fortes mortalités surviennent aussi dans des écosystèmes apparemment « sains ».
Ce déclin dans les populations d’amphibiens est dû à une maladie, la chytridiomycose véhiculée par un champignon, Batrachochytrium dendrobatidis.
Ce champignon s’est répandu dans de nombreux milieux à cause des échanges internationaux et du trafic (légal ou pas) d’amphibiens. Il est selon les auteurs impossible d’éradiquer complétement B. dendrobatidis une fois établi dans un milieu et que seule des moyens de prévention pourraient être efficace dans cette lutte.
Expériences de l'article :
L’éradication de B. dendrobatidis n’est pas la méthode favorisée pour plusieurs raisons : il est trop largement réparti et dans les quelques zones peu infestées, des antifongiques auraient pu être ajoutés dans les points d’eau. Ces derniers sont cependant non-spécifiques et auraient causé plus de mal que de bien en affectant les autres espèces aquatiques nécessaires au bon fonctionnement de l’écosystème.
Dans l'étude, des essais d’asséchement des milieux aquatiques ont été réalisés (asséchement et récupération des têtards, désinfection des têtards et remise en liberté dans des milieux assainis).
Les techniques de limitation de l'invasion peuvent passer par la manipulation des populations aquatiques prédatant ou compétitant avec B. dendrobatidis (daphnies et zooplancton), mais cette technique est compliquée à mettre en place in situ et pourrait causer d’autres déséquilibres écologiques.
Résultats de l'article :
Les efforts pour atténuer l’impact de B. dendrobatidis peuvent se faire de deux façons :
Sa réduction chez les hôtes amphibiens (vaccination, thérapie par la chaleur, chimiothérapie, sélection des individus les plus résistants, probiotiques)
Son élimination partielle du milieu (l’éradication totale du champignon ne serait pas nécessaire à la conservation des amphibiens, ces derniers pouvant lutter contre un population fongique limitée). La manipulation des conditions physiques du milieu (température notamment, en créant des trous dans le couvert végétal) semblent être un moyen intéressant pour réguler les populations de champignon pathogène.
Après les tentatives d'asséchement, le champignon est revenu rapidement. Cet échec peut être mis sur le compte du manque de connaissance sur les moyens de dispersion de B. dendrobatidis. L’écologie du champignon est aussi peu connue ce qui limite l’efficacité des moyens d’éradication.
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article montre que même si on a réellement besoin d'éradiquer B. dendrobatidis, les moyens techniques dont on dispose actuellement ne le permette pas. Le point intéressant ici est l'espèce invasive qui de part sa taille ne peut être éradiquée efficacement et sans risques pour les populations voisines ou l'écosystème.
Remarques sur l'article :
Cette étude parle en grande partie des effets du pathogène sur les populations d’amphibiens et pas du thème de la controverse à proprement parler qui n’est abordé que plus loin dans l’article (fin de page 10 Habitat Level Mitigation : Eradiction vs Managment).
Publiée il y a plus de 8 ans
par
F. Lachery et C. Vagnon.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
La chytridiomycose, une maladie fongique émergente des amphibiens: un exemple clé du phénomène global de l'émergence des maladies infectieuses des espèces sauvages.
Introduction à l'article :
Les populations d’amphibiens à travers le monde sont en déclin rapide et constant depuis la fin du 20ème siècle. Les amphibiens sont des bio-indicateurs importants puisque sensibles à la qualité de l’eau. Si la diminution des populations est souvent liée à la fragmentation des habitats, à la pollution ou à la sécheresse, de fortes mortalités surviennent aussi dans des écosystèmes apparemment « sains ».
Ce déclin dans les populations d’amphibiens est dû à une maladie, la chytridiomycose véhiculée par un champignon, Batrachochytrium dendrobatidis.
Ce champignon s’est répandu dans de nombreux milieux à cause des échanges internationaux et du trafic (légal ou pas) d’amphibiens. Il est selon les auteurs impossible d’éradiquer complétement B. dendrobatidis une fois établi dans un milieu et que seule des moyens de prévention pourraient être efficace dans cette lutte.
L’éradication de B. dendrobatidis n’est pas la méthode favorisée pour plusieurs raisons : il est trop largement réparti et dans les quelques zones peu infestées, des antifongiques auraient pu être ajoutés dans les points d’eau. Ces derniers sont cependant non-spécifiques et auraient causé plus de mal que de bien en affectant les autres espèces aquatiques nécessaires au bon fonctionnement de l’écosystème.
Dans l'étude, des essais d’asséchement des milieux aquatiques ont été réalisés (asséchement et récupération des têtards, désinfection des têtards et remise en liberté dans des milieux assainis).
Les techniques de limitation de l'invasion peuvent passer par la manipulation des populations aquatiques prédatant ou compétitant avec B. dendrobatidis (daphnies et zooplancton), mais cette technique est compliquée à mettre en place in situ et pourrait causer d’autres déséquilibres écologiques.
Les efforts pour atténuer l’impact de B. dendrobatidis peuvent se faire de deux façons :
Cet article montre que même si on a réellement besoin d'éradiquer B. dendrobatidis, les moyens techniques dont on dispose actuellement ne le permette pas. Le point intéressant ici est l'espèce invasive qui de part sa taille ne peut être éradiquée efficacement et sans risques pour les populations voisines ou l'écosystème.
Cette étude parle en grande partie des effets du pathogène sur les populations d’amphibiens et pas du thème de la controverse à proprement parler qui n’est abordé que plus loin dans l’article (fin de page 10 Habitat Level Mitigation : Eradiction vs Managment).
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