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Rares invertébrés colonisant les toits végétalisés de Londres
Figure :
Figure 1. Nombre total d'invertébrés récoltés (a) et Indice de Shannon (b) sur chaque site d'études en 2004. À gauche les 5 toits végétalisés et à droite les 4 sites naturels.
Introduction à l'article :
Dans les villes, les parcs et les jardins sont les refuges les plus connus pour les plantes et les animaux. Pourtant, les toits végétalisés offrent à la vie sauvage une nouvelle niche écologique à conquérir. Ceux-ci peuvent servir comme sanctuaires, mais également comme corridor, facilitant la dispersion et le mouvement des espèces. Les toits potentiels existent déjà et représentent une grande surface encore inexploitée pour la biodiversité, elle représente près de 26 000 hectares à Londres. L'avantage de ces espaces est qu'ils sont disponibles et ne requiert pas de nouvelles construction sur sol. Ces toits végétalisés seraient un bon moyen de mitiger la perte de biodiversité liée aux villes, mais ils seraient en plus un habitat contenant des espèces rares, parfois tout autant qu'un écosystème naturel.
Expériences de l'article :
Sites d'étude
Pendant l'été et l'automne 2004, 9 sites ont été étudiés à Londres, contenant 5 toits végétalisés et 4 habitats naturels. Les années de construction allant de 3 ans pour le plus jeune site et 9 ans pour le plus ancien. La surface des sites varie entre 80 et 5 000 m² et d'une hauteur allant de 5 à 67 m.
Technique d'échantillonnage
Un piège barber a été utilisé pour capturer les insectes, pour chaque site, 10 pièges ont été posés et échantillonnés toutes les 3 semaines de mai à octobre. L'étude s'est concentrée sur les espèces d'invertébrés d'importance pour le plan d'action de biodiversité (BAP) et le programme de rétablissement des espèces anglaises (ENSRP), notamment, Araneae (araignées), Coleoptera (scarabée), et Hymenoptera (fourmis, abeilles et guêpes). La présence et l'abondance d'autres espèces accessoires ont également été notées.
Résultats de l'article :
L’abondance des invertébrés était très élevée sur les toits, et parfois le nombre total d’individus récoltés étaient plus grand que ceux récoltés dans les habitats naturels (Figure 1a). Cependant, ce résultat a pu être biaisé par le nombre d’escargots présents (presque la moitié) correspondant à un manque de prédateurs. L’indice de Shannon était plus élevé dans les habitats naturels, ce qui correspond à une grande diversité spécifique (Figure 1b). Cependant, les toits végétalisés deviennent de plus en plus riche avec le temps, à noter que les toits ‘bruns’ sont très récents. De plus, au moins 10% de la collecte représente des espèces rares ou d’importance.
Rigueur de l'article :
Les habitats naturels sont néanmoins touchés par l’agriculture et ne sont pas représentatifs du milieu naturel à proprement dit. De plus, le faible échantillonnage des toits et des sites témoins ne permet pas une bonne représentation du phénomène global. Cependant, la méthode d’échantillonnage utilisée est une méthode connue pour être performante et la détermination a été faite de manière rigoureuse.
Ce que cet article apporte au débat :
Les toits végétalisés pourraient jouer un rôle important non seulement dans la création d’espaces supplémentaires dans les zones urbaines, mais aussi dans la conservation d'espèces rares ou en voie de disparition. Cette recherche montre que les toits verts abritent une grande richesse d’invertébrés, dont une partie nationalement rare ou disséminée. En conséquence, le potentiel de ces habitats artificiels est vaste et pourrait participer à l’augmentation de la biodiversité dans les villes.
Publiée il y a plus de 8 ans
par
C. Blot.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Rares invertébrés colonisant les toits végétalisés de Londres
Figure 1. Nombre total d'invertébrés récoltés (a) et Indice de Shannon (b) sur chaque site d'études en 2004. À gauche les 5 toits végétalisés et à droite les 4 sites naturels.
Dans les villes, les parcs et les jardins sont les refuges les plus connus pour les plantes et les animaux. Pourtant, les toits végétalisés offrent à la vie sauvage une nouvelle niche écologique à conquérir. Ceux-ci peuvent servir comme sanctuaires, mais également comme corridor, facilitant la dispersion et le mouvement des espèces. Les toits potentiels existent déjà et représentent une grande surface encore inexploitée pour la biodiversité, elle représente près de 26 000 hectares à Londres. L'avantage de ces espaces est qu'ils sont disponibles et ne requiert pas de nouvelles construction sur sol. Ces toits végétalisés seraient un bon moyen de mitiger la perte de biodiversité liée aux villes, mais ils seraient en plus un habitat contenant des espèces rares, parfois tout autant qu'un écosystème naturel.
Sites d'étude
Pendant l'été et l'automne 2004, 9 sites ont été étudiés à Londres, contenant 5 toits végétalisés et 4 habitats naturels. Les années de construction allant de 3 ans pour le plus jeune site et 9 ans pour le plus ancien. La surface des sites varie entre 80 et 5 000 m² et d'une hauteur allant de 5 à 67 m.
Technique d'échantillonnage
Un piège barber a été utilisé pour capturer les insectes, pour chaque site, 10 pièges ont été posés et échantillonnés toutes les 3 semaines de mai à octobre. L'étude s'est concentrée sur les espèces d'invertébrés d'importance pour le plan d'action de biodiversité (BAP) et le programme de rétablissement des espèces anglaises (ENSRP), notamment, Araneae (araignées), Coleoptera (scarabée), et Hymenoptera (fourmis, abeilles et guêpes). La présence et l'abondance d'autres espèces accessoires ont également été notées.
L’abondance des invertébrés était très élevée sur les toits, et parfois le nombre total d’individus récoltés étaient plus grand que ceux récoltés dans les habitats naturels (Figure 1a). Cependant, ce résultat a pu être biaisé par le nombre d’escargots présents (presque la moitié) correspondant à un manque de prédateurs. L’indice de Shannon était plus élevé dans les habitats naturels, ce qui correspond à une grande diversité spécifique (Figure 1b). Cependant, les toits végétalisés deviennent de plus en plus riche avec le temps, à noter que les toits ‘bruns’ sont très récents. De plus, au moins 10% de la collecte représente des espèces rares ou d’importance.
Les habitats naturels sont néanmoins touchés par l’agriculture et ne sont pas représentatifs du milieu naturel à proprement dit. De plus, le faible échantillonnage des toits et des sites témoins ne permet pas une bonne représentation du phénomène global. Cependant, la méthode d’échantillonnage utilisée est une méthode connue pour être performante et la détermination a été faite de manière rigoureuse.
Les toits végétalisés pourraient jouer un rôle important non seulement dans la création d’espaces supplémentaires dans les zones urbaines, mais aussi dans la conservation d'espèces rares ou en voie de disparition. Cette recherche montre que les toits verts abritent une grande richesse d’invertébrés, dont une partie nationalement rare ou disséminée. En conséquence, le potentiel de ces habitats artificiels est vaste et pourrait participer à l’augmentation de la biodiversité dans les villes.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.