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A quel point la lutte biologique est-elle dangereuse ?
Résumé de la review :
La lutte biologique alimente des débats sur de nombreux points. Notamment, les impacts sur des organismes non ciblés qui peuvent conduire à des cas d'extinctions. Dans les premiers cas de lutte biologique d’importants ravages ont été causés sur les espèces non ciblées, et même les partisans de la lutte biologique le reconnaissent. Cependant, ils mettent en avant que les méthodes actuelles diffèrent beaucoup de celles qui sont employées à cette époque.
L'introduction de prédateurs ou d'herbivores généralistes peut conduire à de très fortes conséquences, puisqu'il a souvent été montré des attaques sur les espèces non ciblées, pouvant aller jusqu'à la modification de la composition des espèces indigènes. Pour les insectes phytophages, très peu de cas sont référencés comme ayant des impacts non ciblés, mais les cas référencés montrent que des espèces déjà rares était amenées à l'extinction.
Les méthodes et procédures actuelles sont considérées généralement comme sûres d’après les statistiques globales. Sur les 679 introductions délibérées, 243 ont établi des populations, dont vingt seulement sont responsables d'attaques d’espèces indigènes non ciblées. Mais aucune de ces vingt introductions n'a été faite après 1967. Pour les insectes spécifiquement, 533 introductions ont eu lieu délibérément, seulement 175 populations se sont formées, et quinze d'entre elles sont responsables d'attaques non ciblées.
Pour prédire ces impacts il est important de regarder plusieurs points :
Concurrence avec les espèces natives : peu de modèles existent pour les vertébrés et encore moins pour les invertébrés. Parmi les nombreux effets induis par l'introduction d'une espèce sur les communautés et écosystèmes, certains peuvent être majeurs pour l’écosystème.
Effets inattendus : il ne faut pas se limiter aux effets directs, il existe des répercussions qui peuvent affecter d'autres espèces bien loin de l'espèce ciblée par destruction d'une niche, disparition d’un maillon régulateur, d'une chaîne trophique.
Effet de la communauté et des écosystèmes : il existe des espèces clefs qui structurent la composition d'un niveau trophique, ou structure physique d'un écosystème. Leur disparition ou remplacement conduisent inévitablement à d'énormes impacts.
Lutte classique ou néoclassique : la première consiste à importer un prédateur provenant de la même région que le ravageur alors que la deuxième consiste à importer un prédateur qui n'a pas co-évolué avec le ravageur, ce qui amplifie les risques encourus par les autres espèces.
Analyse des coûts et avantages : peu importe les coûts de l'introduction, il faut regarder les coûts de la non-introduction. Une partie est chiffrable en dollars (pesticide, transport, tests de spécificité d’hôtes) alors qu'une autre partie des coûts ne l'est pas (perte de population, d'espèces, perturbation des caractéristiques de la communauté ou écosystème).
Un dernier point qui est très important c'est le caractère vivant des agents de lutte. Ce sont donc des organismes capables de se déplacer et se disséminer et donc capables de se retrouver dans des habitats agricoles ou réserves naturelles.
Ce que cette review apporte au débat :
Cette revue apporte une vision très critique des résultats qui prônent que la lutte biologique est une très bonne solution de lutte et de contrôle pour les espèces invasives.
Cette revue souligne l’absence d'enregistrement d'introductions délibérés car cela peut conduire à une sous-estimation des cas puisque certains d'entre eux n’étaient enregistrés que si les résultats étaient concluants.
De plus, elle met en avant que les espèces déjà rares, et peu observés, peuvent être impactées par des introductions sans que ce soit remarqué et incorporé dans les études.
Ceci s'explique aussi par le manque de suivit, car le nombre de conséquences visibles peut être très inférieur aux conséquences réelles, que peu de taxons concernent les intérêts humains, que des espèces disparaissent sans être vu car non connues.
Elle permet de bien mettre en évidences les difficultés et d'attirer le regard sur la porté temporelle et spatiale qui rend inadéquat des protocoles considérés comme très rigoureux.
Publiée il y a plus de 8 ans
par
E. Fleouter et R. Beugnon.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
A quel point la lutte biologique est-elle dangereuse ?
Résumé de la review :
La lutte biologique alimente des débats sur de nombreux points. Notamment, les impacts sur des organismes non ciblés qui peuvent conduire à des cas d'extinctions. Dans les premiers cas de lutte biologique d’importants ravages ont été causés sur les espèces non ciblées, et même les partisans de la lutte biologique le reconnaissent. Cependant, ils mettent en avant que les méthodes actuelles diffèrent beaucoup de celles qui sont employées à cette époque.
L'introduction de prédateurs ou d'herbivores généralistes peut conduire à de très fortes conséquences, puisqu'il a souvent été montré des attaques sur les espèces non ciblées, pouvant aller jusqu'à la modification de la composition des espèces indigènes. Pour les insectes phytophages, très peu de cas sont référencés comme ayant des impacts non ciblés, mais les cas référencés montrent que des espèces déjà rares était amenées à l'extinction.
Les méthodes et procédures actuelles sont considérées généralement comme sûres d’après les statistiques globales. Sur les 679 introductions délibérées, 243 ont établi des populations, dont vingt seulement sont responsables d'attaques d’espèces indigènes non ciblées. Mais aucune de ces vingt introductions n'a été faite après 1967. Pour les insectes spécifiquement, 533 introductions ont eu lieu délibérément, seulement 175 populations se sont formées, et quinze d'entre elles sont responsables d'attaques non ciblées.
Pour prédire ces impacts il est important de regarder plusieurs points :
Un dernier point qui est très important c'est le caractère vivant des agents de lutte. Ce sont donc des organismes capables de se déplacer et se disséminer et donc capables de se retrouver dans des habitats agricoles ou réserves naturelles.
Cette revue apporte une vision très critique des résultats qui prônent que la lutte biologique est une très bonne solution de lutte et de contrôle pour les espèces invasives.
Cette revue souligne l’absence d'enregistrement d'introductions délibérés car cela peut conduire à une sous-estimation des cas puisque certains d'entre eux n’étaient enregistrés que si les résultats étaient concluants.
De plus, elle met en avant que les espèces déjà rares, et peu observés, peuvent être impactées par des introductions sans que ce soit remarqué et incorporé dans les études.
Ceci s'explique aussi par le manque de suivit, car le nombre de conséquences visibles peut être très inférieur aux conséquences réelles, que peu de taxons concernent les intérêts humains, que des espèces disparaissent sans être vu car non connues.
Elle permet de bien mettre en évidences les difficultés et d'attirer le regard sur la porté temporelle et spatiale qui rend inadéquat des protocoles considérés comme très rigoureux.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.