ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
L'Anthropocène : une nouvelle époque de temps géologique ?
Résumé de la review :
4,5 milliards d’années sont passées pour que la Terre soit formé tel que nous la connaissons aujourd’hui. Différentes échelles de temps sont distingués, se divisant en ères, périodes puis terminant en époque et âge dont chacune est déterminée par différentes caractéristiques. Pour ces dernières dont les intervalles de temps sont les plus courts, nous pouvons reconstruire l’apparence et les conditions de ces différentes tranches de temps grâce à une limitation claire de l’enregistrement des fossiles déposées dans les roches.
A la fin des années 1800, les scientifiques ont réalisé l’impact de l’influence humaine sur Terre, enclenché depuis la révolution industrielle. Un chimiste de l’atmosphère et météorologue, Paul Crutzen, a fait ressurgir le terme « Anthropocène » en 2002, signifiant l’échelle de temps actuel sur Terre dans lequel de nombreux processus majeurs sont dominés par l’influence humaine. Cette review veut contribuer au débat sur l’Anthropocène en examinant différents aspects du terme employé et surtout sur le phénomène qu’il englobe.
L'article de Steffen et al fournit un contexte historique au concept d'Anthropocène, et examine l'évolution rapide, voire l'accélération des tendances de nombreux facteurs qui peuvent définir cette nouvelle époque. L’extinction d’une partie importante de la méga-faune en est un exemple, semblant coïncider avec l’homme moderne. Un autre point à ressortir sont toutes les évolutions de l’humanité : allant de l’essor de l’agriculture, de l’urbanisation, de l’expansion de grandes villes, et de la révolution industrielle entrainant l’explosion démographique. Ceux-ci laissent des traces invisibles et immatériels plus graves, comme ceux analysée par Tyrrell, tel que le CO2 produit dont la dissolution dans l’océan entraine une baisse du pH, qui va stresser des organismes de la production primaire, à la base de la chaine alimentaire. Tyrrell montre comment la compensation du carbonate entraîneront probablement des changements continus dans l'océan pendant de nombreux millénaires, même après l'arrêt des émissions anthropiques de CO2.
Dans le cas du calcul des hausses de température, Haywood et al disent qu’il faut les évaluer en fonction de l'augmentation des concentrations de CO2 à plus long terme (sur plusieurs siècles), et travailler dans l'évaluation des capacités des modèles climatiques et du système terrestre à prévoir le climat futur. Au niveau des flux sédimentaires, Syvitski & Kettner montrent que l'impact des activités humaines a commencé il y a environ 3000 ans dans le bassin du fleuve Jaune et cette tendance s'est accélérée au cours des 1 000 dernières années, produisant un effet équivalent d'un événement climatique géologique, comme observé dans la transition entre le Pléistocène et l'Holocène.
La transformation de la biosphère terrestre est considéré par Ellis comme un biome anthropogénique, ou anthromes. Il analyse l'impact de cette transformation en comparant l'ampleur du changement à travers différentes tranches temporelles de l'Holocène. Depuis le siècle dernier, la majorité de la biosphère s'est transformée en anthromes utilisés intensivement, et ceux-ci sont caractérisés par de nouveaux processus écologiques, des modifications de plus en plus profonds d'écosystèmes entiers.
Il faut donc considérer le présent comme un passé lointain et inversement pour essayer de situer les changements contemporains de la Terre, néanmoins difficile à mettre en œuvre car les méthodes d'analyse et descriptive sont souvent différentes.
En résumé, les résultats de ces études indiquent que l'influence anthropique sur la Terre, même si elle n'est qu'à ce jour brièvement maintenue à des échelles de temps géologiques, est susceptible d'avoir des conséquences importantes et durables. D'après les données actuelles, l'Anthropocène semble montrer un changement global conforme à la suggestion selon laquelle une frontière à l'échelle de l'époque a été franchie au cours des deux derniers siècles.
Rigueur de la review :
L'auteur principal, Jan Zalasiewicz, a déjà travaillé avec Paul Crutzen, celui qui a fait ressortir le concept d'Anthropocène et lancer le débat. Je mets en garde sur la partialité de cette review qui va évidemment en faveur du changement d'époque.
Ce que cette review apporte au débat :
Cette review permet de fonder les bases de cette controverse en lançant le débat sur le changement d'époque, causé par les activités humaines. Elle permet de lister quelques arguments affirmant les changements actuels pouvant favoriser cette nouvelle époque.
Publiée il y a plus de 8 ans
par
Q. Menetrey.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
L'Anthropocène : une nouvelle époque de temps géologique ?
Résumé de la review :
4,5 milliards d’années sont passées pour que la Terre soit formé tel que nous la connaissons aujourd’hui. Différentes échelles de temps sont distingués, se divisant en ères, périodes puis terminant en époque et âge dont chacune est déterminée par différentes caractéristiques. Pour ces dernières dont les intervalles de temps sont les plus courts, nous pouvons reconstruire l’apparence et les conditions de ces différentes tranches de temps grâce à une limitation claire de l’enregistrement des fossiles déposées dans les roches.
A la fin des années 1800, les scientifiques ont réalisé l’impact de l’influence humaine sur Terre, enclenché depuis la révolution industrielle. Un chimiste de l’atmosphère et météorologue, Paul Crutzen, a fait ressurgir le terme « Anthropocène » en 2002, signifiant l’échelle de temps actuel sur Terre dans lequel de nombreux processus majeurs sont dominés par l’influence humaine. Cette review veut contribuer au débat sur l’Anthropocène en examinant différents aspects du terme employé et surtout sur le phénomène qu’il englobe.
L'article de Steffen et al fournit un contexte historique au concept d'Anthropocène, et examine l'évolution rapide, voire l'accélération des tendances de nombreux facteurs qui peuvent définir cette nouvelle époque. L’extinction d’une partie importante de la méga-faune en est un exemple, semblant coïncider avec l’homme moderne. Un autre point à ressortir sont toutes les évolutions de l’humanité : allant de l’essor de l’agriculture, de l’urbanisation, de l’expansion de grandes villes, et de la révolution industrielle entrainant l’explosion démographique. Ceux-ci laissent des traces invisibles et immatériels plus graves, comme ceux analysée par Tyrrell, tel que le CO2 produit dont la dissolution dans l’océan entraine une baisse du pH, qui va stresser des organismes de la production primaire, à la base de la chaine alimentaire. Tyrrell montre comment la compensation du carbonate entraîneront probablement des changements continus dans l'océan pendant de nombreux millénaires, même après l'arrêt des émissions anthropiques de CO2.
Dans le cas du calcul des hausses de température, Haywood et al disent qu’il faut les évaluer en fonction de l'augmentation des concentrations de CO2 à plus long terme (sur plusieurs siècles), et travailler dans l'évaluation des capacités des modèles climatiques et du système terrestre à prévoir le climat futur. Au niveau des flux sédimentaires, Syvitski & Kettner montrent que l'impact des activités humaines a commencé il y a environ 3000 ans dans le bassin du fleuve Jaune et cette tendance s'est accélérée au cours des 1 000 dernières années, produisant un effet équivalent d'un événement climatique géologique, comme observé dans la transition entre le Pléistocène et l'Holocène.
La transformation de la biosphère terrestre est considéré par Ellis comme un biome anthropogénique, ou anthromes. Il analyse l'impact de cette transformation en comparant l'ampleur du changement à travers différentes tranches temporelles de l'Holocène. Depuis le siècle dernier, la majorité de la biosphère s'est transformée en anthromes utilisés intensivement, et ceux-ci sont caractérisés par de nouveaux processus écologiques, des modifications de plus en plus profonds d'écosystèmes entiers.
Il faut donc considérer le présent comme un passé lointain et inversement pour essayer de situer les changements contemporains de la Terre, néanmoins difficile à mettre en œuvre car les méthodes d'analyse et descriptive sont souvent différentes.
En résumé, les résultats de ces études indiquent que l'influence anthropique sur la Terre, même si elle n'est qu'à ce jour brièvement maintenue à des échelles de temps géologiques, est susceptible d'avoir des conséquences importantes et durables. D'après les données actuelles, l'Anthropocène semble montrer un changement global conforme à la suggestion selon laquelle une frontière à l'échelle de l'époque a été franchie au cours des deux derniers siècles.
L'auteur principal, Jan Zalasiewicz, a déjà travaillé avec Paul Crutzen, celui qui a fait ressortir le concept d'Anthropocène et lancer le débat. Je mets en garde sur la partialité de cette review qui va évidemment en faveur du changement d'époque.
Cette review permet de fonder les bases de cette controverse en lançant le débat sur le changement d'époque, causé par les activités humaines. Elle permet de lister quelques arguments affirmant les changements actuels pouvant favoriser cette nouvelle époque.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.