ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Titre de l'article :

Les espèces rares contribuent de manière disproportionnée à la structure fonctionnelle des écosystèmes


Introduction à l'article :

Les écosystèmes sont tous soumis à des perturbations dont les premières victimes sont les espèces rares. La rareté est définie par la petite taille de leur population, la faible distribution géographique et le peu de variabilité au niveau des habitats. De nombreuses études montrent que les fonctions importantes pour l'écosystème sont assurées par quelques communautés d'espèces, et qu'elles n'ont aucun lien avec la richesse taxonomique. Contrairement à leur faible biomasse, les espèces rares contribuent grandement au fonctionnement de l'écosystème, par exemple en empêchant l'invasion de leur milieu par diverses espèces, ils sont ainsi un maillon important de l'écosystème (comme les poissons dans les récifs coralliens, les arbres tropicaux ou alpins). Dans cette étude, l'impact de leur extinction, qui n'a jamais été étudiée, a été analysé afin de savoir s'il pourrait être intéressant de concentrer les efforts de conservation sur les espèces rares plutôt que sur la richesse taxonomique.

Expériences de l'article :

Pour cette étude, les poissons ont été prélevés dans 320 forêts brésiliennes entre 2004 et 2012. 15 paramètres environnementaux ont été analysés permettant ainsi de définir la qualité des eaux.
Les arbres ont été échantillonnés entre 2009 et 2019 dans des forêts de Guinée française. 14 paramètres ont été analysés permettant de définir les conditions climatiques et les caractéristiques du sol. 15 traits fonctionnels ont été analysés, relatifs à la nutrition de l'arbre, le transport de nutriments, la quantité d'azote ou de phosphore.
Les oiseaux ont été échantillonnés entre 1992 et 2009 dans des forêts tropicales situées à 1600m d'altitude. Leur poids, leur activité, leur nutrition, leur reproduction ont été analysés.
L'extinction de ces espèces a été modélisée et la perte de fonction caractérisée. Trois scénarios ont été imaginés pour connaître l'impact que cela aurait sur l'écosystème, avec l'extinction des espèces les plus rares, des plus courantes ou l'extinction d'espèces aléatoires.

Résultats de l'article :

Les simulations montrent que lorsque les espèces les plus rares disparaissent, on observe une très forte diminution de la richesse fonctionnelle. Pour les oiseaux, l'extinction des 20% d'espèces rares entraîne 28% de fonctionnalités de moins par rapport à une extinction aléatoire. À l'inverse, lorsque ceux sont des espèces communes qui disparaissent, on observe souvent une augmentation du nombre de fonctions car les espèces communes laissent la place aux espèces rares.

Rigueur de l'article :

La rigueur de cet article ne peut être remise en cause. Par contre, cela reste des simulations et des modélisations et il faut rester méfiant car elles peuvent ne pas représenter la réalité très fidèlement.

Ce que cet article apporte au débat :

Cet article montre qu'une petite quantité d'individus peut réaliser un très grand nombre de fonctions dans l'écosystème. Cependant, bien que ces individus fassent partie de populations réduites, ils peuvent représenter un très grand nombre d'espèces et donc une forte richesse spécifique. Ici, il n'est donc pas facile de différencier la richesse fonctionnelle de la richesse spécifique. De par ces aspects, cet article n'apporte pas vraiment de réponse ni d'éléments à cette controverse.

Publiée il y a plus de 8 ans par R. Bouchali et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 8 ans.