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L'écotourisme réduit la survie et augmente le stress chez les juvéniles de hoazin huppé (Opisthocomus hoazin)
Figure :
Probabilité de survie cumulée en fonction du temps après l'éclosion pour l'année 1996 (haut), 1997 (centre) et 1998 (bas). Les probabilités de survie cumulées des zones sans touristes sont représentés en cercles noirs et les zones avec touristes en cercles blancs. On note une diminution de la survie dans les zones soumises à une pression touristique entre 3 et 6 semaines, ce qui correspond à la période de la vie où les jeunes hoazins sont sortis du nid mais ne sont pas encore capables de voler. Durant cette période, ces jeunes peuvent fuir, plonger dans l'eau lorsqu'un prédateur s'approche du nid. Lorsque cette menace disparaît, le jeune ne revient pas systématiquement près du nid. L'adulte hoazin doit alors trouver de lui même le juvénile. Un déplacement fréquent des juvéniles hoazins du à des arrivées fréquentes de touristes pourrait être à l'origine d'une surmortalité des hoazins pendant ce stade de vie.
Introduction à l'article :
Les forêts tropicales protégées font partie des destinations favorites pour les écotouristes en raison de la présence de nombreuses espèces animales endémiques. Depuis l'augmentation de la popularité de l'écotourisme, il est de plus en plus difficile de réguler cette activité et de nombreux touristes circulent quasi-librement dans ces forêts.
La Réserve de Cuyabeno située en Equateur est la forêt la plus visitée du pays. Une des attractions des écotouristes est le hoazin huppé (Opisthocomus hoazin), un oiseau de la taille d'un faisan au plumage très coloré. On trouve les hoazins huppés de manière clairsemée dans la forêt, seulement dans les parties inondées et près des lacs. Ces oiseaux établissent leurs nids sur les berges de rivière, juste au dessus de l'eau, et de nombreux bateaux s'approchent près des nids pour observer les oiseaux de près. Cette étude analyse l'impact de l'écotourisme sur la survie et les réponses hormonales des juvéniles de populations de hoazins huppés.
Expériences de l'article :
Le site d'étude est la Réserve de Cuyabeno qui est une forêt tropicale de 6000 km². Les données ont été recueillies durant la période de reproduction (entre Avril et Octobre) de 1996 à 1998. Chaque nid a été observé 1 à 3 fois par semaine pour étudier la survie et les distances de fuites des juvéniles. Un nid est considéré comme un succès reproducteur si au moins un juvénile a quitté le nid. Les distances de fuite ont été mesurées en s'approchant lentement par bateau pour simuler l'approche des touristes.
En 1998, il a été mesuré la concentration de corticostérone dans le plasma sanguin chez des jeunes âgés entre 8 et 18 jours, qui sont encore dans le nid, et d'autres âgés entre 40 et 57 jours, qui ont déjà quitté le nid mais qui ne se sont pas encore envolés. Les échantillons ont été récupérés 10, 20, 35 et 70 minutes après la capture.
Chaque nid a été considéré comme perturbé ou non perturbé par les touristes en fonction de sa location et de son accessibilité par les bateaux.
Résultats de l'article :
La survie des juvéniles est plus importante dans les sites non perturbés par les touristes. Notamment, la survie est beaucoup plus faible dans les sites perturbés lorsque les juvéniles sont âgés entre 3 et 6 semaines, lorsqu'ils quittent le nid mais avant qu'ils puissent s'envoler.
Les hoazins habitant des zones perturbées ont des distances de fuite très significativement plus courtes que les individus des zones non perturbées. Les hoazins fuient en moyenne lorsqu'un bateau est à 40 mètres alors que les oiseaux des sites perturbées fuient en moyenne lorsque ces bateaux sont à 15 mètres.
Le taux de corticostérone est deux fois plus élevé chez les juvéniles qui ont quitté le nid dans les sites perturbés. Aucune différence n'a toutefois été trouvée chez les juvéniles n'ayant pas encore quittés le nid.
Ce que cet article apporte au débat :
Une importante baisse de la survie et une augmentation du stress des juvéniles de hoazin pendant une certaine période de leur vie concorde avec la présence d'un grand nombre de touristes durant cette même période (Juillet-Août). Ceci peut être expliqué par le comportement atypique des juvéniles hoazins. Entre 3 et 6 semaines, ces jeunes sortent du nid mais ne peuvent pas encore voler : ils restent malgré tout très près du nid. Toutefois lorsqu'un prédateur ou un touriste s'approche, ces juvéniles fuient et peuvent s'écarter du nid. Une fois en sécurité, les juvéniles ne reviennent pas près du nid.
Une importante présence touristique peut induire d'importantes réponses de fuite chez les juvéniles qui sont très coûteuses et qui peuvent les isoler de leur parents et ainsi diminuer leur survie.
Cet article met l'emphase sur des réponses négatives de la faune sauvage du à une petite quantité de touristes sur des périodes spécifiques de la vie des oiseaux où ils sont plus fragiles.
L'écotourisme réduit la survie et augmente le stress chez les juvéniles de hoazin huppé (Opisthocomus hoazin)
Probabilité de survie cumulée en fonction du temps après l'éclosion pour l'année 1996 (haut), 1997 (centre) et 1998 (bas). Les probabilités de survie cumulées des zones sans touristes sont représentés en cercles noirs et les zones avec touristes en cercles blancs. On note une diminution de la survie dans les zones soumises à une pression touristique entre 3 et 6 semaines, ce qui correspond à la période de la vie où les jeunes hoazins sont sortis du nid mais ne sont pas encore capables de voler. Durant cette période, ces jeunes peuvent fuir, plonger dans l'eau lorsqu'un prédateur s'approche du nid. Lorsque cette menace disparaît, le jeune ne revient pas systématiquement près du nid. L'adulte hoazin doit alors trouver de lui même le juvénile. Un déplacement fréquent des juvéniles hoazins du à des arrivées fréquentes de touristes pourrait être à l'origine d'une surmortalité des hoazins pendant ce stade de vie.
Les forêts tropicales protégées font partie des destinations favorites pour les écotouristes en raison de la présence de nombreuses espèces animales endémiques. Depuis l'augmentation de la popularité de l'écotourisme, il est de plus en plus difficile de réguler cette activité et de nombreux touristes circulent quasi-librement dans ces forêts.
La Réserve de Cuyabeno située en Equateur est la forêt la plus visitée du pays. Une des attractions des écotouristes est le hoazin huppé (Opisthocomus hoazin), un oiseau de la taille d'un faisan au plumage très coloré. On trouve les hoazins huppés de manière clairsemée dans la forêt, seulement dans les parties inondées et près des lacs. Ces oiseaux établissent leurs nids sur les berges de rivière, juste au dessus de l'eau, et de nombreux bateaux s'approchent près des nids pour observer les oiseaux de près. Cette étude analyse l'impact de l'écotourisme sur la survie et les réponses hormonales des juvéniles de populations de hoazins huppés.
Le site d'étude est la Réserve de Cuyabeno qui est une forêt tropicale de 6000 km². Les données ont été recueillies durant la période de reproduction (entre Avril et Octobre) de 1996 à 1998. Chaque nid a été observé 1 à 3 fois par semaine pour étudier la survie et les distances de fuites des juvéniles. Un nid est considéré comme un succès reproducteur si au moins un juvénile a quitté le nid. Les distances de fuite ont été mesurées en s'approchant lentement par bateau pour simuler l'approche des touristes.
En 1998, il a été mesuré la concentration de corticostérone dans le plasma sanguin chez des jeunes âgés entre 8 et 18 jours, qui sont encore dans le nid, et d'autres âgés entre 40 et 57 jours, qui ont déjà quitté le nid mais qui ne se sont pas encore envolés. Les échantillons ont été récupérés 10, 20, 35 et 70 minutes après la capture.
Chaque nid a été considéré comme perturbé ou non perturbé par les touristes en fonction de sa location et de son accessibilité par les bateaux.
La survie des juvéniles est plus importante dans les sites non perturbés par les touristes. Notamment, la survie est beaucoup plus faible dans les sites perturbés lorsque les juvéniles sont âgés entre 3 et 6 semaines, lorsqu'ils quittent le nid mais avant qu'ils puissent s'envoler.
Les hoazins habitant des zones perturbées ont des distances de fuite très significativement plus courtes que les individus des zones non perturbées. Les hoazins fuient en moyenne lorsqu'un bateau est à 40 mètres alors que les oiseaux des sites perturbées fuient en moyenne lorsque ces bateaux sont à 15 mètres.
Le taux de corticostérone est deux fois plus élevé chez les juvéniles qui ont quitté le nid dans les sites perturbés. Aucune différence n'a toutefois été trouvée chez les juvéniles n'ayant pas encore quittés le nid.
Une importante baisse de la survie et une augmentation du stress des juvéniles de hoazin pendant une certaine période de leur vie concorde avec la présence d'un grand nombre de touristes durant cette même période (Juillet-Août). Ceci peut être expliqué par le comportement atypique des juvéniles hoazins. Entre 3 et 6 semaines, ces jeunes sortent du nid mais ne peuvent pas encore voler : ils restent malgré tout très près du nid. Toutefois lorsqu'un prédateur ou un touriste s'approche, ces juvéniles fuient et peuvent s'écarter du nid. Une fois en sécurité, les juvéniles ne reviennent pas près du nid.
Une importante présence touristique peut induire d'importantes réponses de fuite chez les juvéniles qui sont très coûteuses et qui peuvent les isoler de leur parents et ainsi diminuer leur survie.
Cet article met l'emphase sur des réponses négatives de la faune sauvage du à une petite quantité de touristes sur des périodes spécifiques de la vie des oiseaux où ils sont plus fragiles.
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