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Titre de l'article :

Utilisation de modèles pour estimer l’impact de parasitoïdes sur l’abondance d’espèces hôtes non ciblées


Introduction à l'article :

De nombreuses espèces ont été introduites en Nouvelle-Zélande en vu de contrôle biologique de plantes invasives. Parmi ces nombreuses espèces, quelques parasitoïdes ont été introduits. Or l’un des points noirs du contrôle biologique est les effets que peuvent avoir les agents de contrôle sur les espèces non cible. Dans cette étude, les auteurs construisent des modèles de croissances de populations appliqués à la parasitologie afin d’identifier les impacts des parasitoïdes sur les populations d’hôtes non cibles. Ils utilisent les modèles discrets et Ricker et les modèles logistiques pour estimer ces populations. Les auteurs paramétrisent leurs modèles dans le cadre de l’introduction de Microctonus aethiopoides introduit pour lutter contre la_ Sitona discoideus_ mais qui s’attaque aussi aux espèces natives Irenimus spp _et _Nicaeana spp. L’étude utilise les taux d’infection mesurables sur le terrain pour estimer les abondances en espèces colonisées par Microctonus aethiopoides.

Expériences de l'article :

Dans cette étude, les auteurs combinent une approche de terrain et la modélisation de dynamique des populations pour étudier les impacts de l’introduction d’agents de contrôle de parasitoïdes sur la dynamique des populations d’espèces hôtes de ce parasite. D’une part, des études de terrain permettent de calibrer le modèle en intégrant tant l’impact des parasitoïdes que la colonisation de ceux-ci dans la population hôte. D’autre part, les modèles construits sur les bases des modèles de Ricker et des modèles logistiques permettent le suivi des populations mais aussi de comparer les populations touchées à la même population si elle n’avait pas été touchée.

Résultats de l'article :

Les auteurs ont mis en évidence qu’une population d’hôtes natifs infectés à 30% par le parasite verrait sa densité diminuer de 8%. Ils prédisent dans les populations non touchées une perte de près de 30% de la population native. Dans les deux cas les auteurs montrent un impact de la lutte biologique mais ils tentent aussi de mettre en relief l’effet qu’aurait été la non lutte contre la plante invasive. Enfin les auteurs montrent que cette méthode qu’ils définissent eux-mêmes comme une simplification poussée du vivant permettrait d’estimer facilement l’impact des agents de lutte biologique sur les espèces non cibles.

Rigueur de l'article :

Même si l’ensemble de l’article montre un raisonnement cohérant et une logique clairement explicitée certains points méthodologiques sont à noter. Dans un premier temps, sur les modèles eux-mêmes. Les auteurs admettent une simplification poussée du vivant avec ces modèles. Par exemple, pas de structuration en âge des populations ou besoin de plus de données sur les phénologies des espèces considérées. Dans un second temps, de nombreuses hypothèses faites n’ont pas été testées par la suite et demanderaient des expériences supplémentaires comme les hypothèses du modèle de Ricker (équilibre des populations et croissance déterministe …). Enfin l’hypothèse selon laquelle l’effet du parasite sur une plante est constant et non densité dépendante.

Ce que cet article apporte au débat :

Cet article est important au débat car il apporte un exemple précis d’impacts des agents biologiques introduit au sein de populations locales. Les auteurs proposent ainsi une méthode d’estimation des coûts de la lutte biologique.

Publiée il y a plus de 8 ans par R. Beugnon et O. Tritto.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.