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Les efforts de contrôle renforcent le problème des espèces invasives
Figure :
La Fig.1 montre le taux d'apparition dans les zones d'échantillonnage de différentes espèces exotiques et natives. Les données regroupent les parcelles traitées (H) ou non (N) à l'herbicide et celles pâturées (grazed) ou non (not grazed). Les données sont issues des comptages 4 et 16 ans après le traitement à l'herbicide.
La Fig.2 montre l'évolution de la biomasse de E. esula (gauche) et des herbacées (droite) après le traitement des parcelles à l'herbicide.
Les figures sont issues de l'article analysé
Introduction à l'article :
La diminution de la biodiversité est parfois associée à l’augmentation des espèces invasives. Si cela se vérifie par endroits, dans certains cas, la faune ou la flore native arrive à prospérer même en présence d’espèces invasives compétitrices. La plupart des pratiques utilisées pour éradiquer les espèces invasives ont souvent des effets secondaires négatifs sur les populations natives (produits chimiques, pièges, lutte biologique). La gestion des espèces invasives peut avoir des impacts positifs comme négatifs et c’est ce qui la rend difficile à mettre en place. Dans cette étude, les auteurs étudient l’effet des herbicides sur les espèces natives et exotiques.
Expériences de l'article :
L’étude se fait pendant 16 ans après une première exposition de 3 milieux à un herbicide. L’objectif de l’étude est d’évaluer la réponse des espèces natives à l’exposition à l’herbicide et à l’herbivorie. Le site d’étude se situe dans le Montana (U.S.A.) et est envahi par Euphorbia esula. 12 parcelles (4 parcelles en triplicat) sont soumises à un moyen de lutte différent (herbivorie, herbicide, les deux, aucun). La superficie occupée par chaque espèce est estimée visuellement avant le traitement, puis 1 mois après, puis 1,2, 4 et 16 ans après. En plus de cette estimation ils mesurent la biomasse de E. esula et des herbacées.
Résultats de l'article :
Dicotylédones exotiques:
L’herbicide seul a eu un effet négatif sur les herbacées (sauf l'invasive E. esula) et les populations n’ont commencé à recoloniser que 4 ans après. Après 16 ans, le paysage était semblable à celui des parcelles non traitées (seule une espèce n’a pas reparu). Dicotylédones natives:
3 herbacées suivent la même tendance, se régénérant complétement après 16 ans, 2 espèces ne se sont pas remise du traitement (présence réduite) après 16 ans et seule Androsace spp. n’est pas du tout affectée par l’herbicide.
On a au final au bout de 16 ans la disparition de 2 espèces natives et le maintien de l'espèce invasive E. esula et d'autres espèces exotiques.
Ce que cet article apporte au débat :
Comme le disent les auteurs, si le moyen de contrôle des espèces invasives peut possiblement impacter négativement les espèces natives, mieux vaudrait-il ne pas le mettre en place.
Remarques sur l'article :
Cet article traite d'un phénomène qu'il est important de comprendre dans le cadre de cette controverse, à savoir que l'impact d'un contrôle peut être plus néfaste pour les communautés natives que la présence de l'espèce à éliminer. L'étude est menée aux U.S.A. mais reste applicable aux écosystèmes insulaires
Publiée il y a plus de 8 ans
par
F. Lachery.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Les efforts de contrôle renforcent le problème des espèces invasives
La Fig.1 montre le taux d'apparition dans les zones d'échantillonnage de différentes espèces exotiques et natives. Les données regroupent les parcelles traitées (H) ou non (N) à l'herbicide et celles pâturées (grazed) ou non (not grazed). Les données sont issues des comptages 4 et 16 ans après le traitement à l'herbicide.
La Fig.2 montre l'évolution de la biomasse de E. esula (gauche) et des herbacées (droite) après le traitement des parcelles à l'herbicide.
Les figures sont issues de l'article analysé
La diminution de la biodiversité est parfois associée à l’augmentation des espèces invasives. Si cela se vérifie par endroits, dans certains cas, la faune ou la flore native arrive à prospérer même en présence d’espèces invasives compétitrices. La plupart des pratiques utilisées pour éradiquer les espèces invasives ont souvent des effets secondaires négatifs sur les populations natives (produits chimiques, pièges, lutte biologique). La gestion des espèces invasives peut avoir des impacts positifs comme négatifs et c’est ce qui la rend difficile à mettre en place. Dans cette étude, les auteurs étudient l’effet des herbicides sur les espèces natives et exotiques.
L’étude se fait pendant 16 ans après une première exposition de 3 milieux à un herbicide. L’objectif de l’étude est d’évaluer la réponse des espèces natives à l’exposition à l’herbicide et à l’herbivorie. Le site d’étude se situe dans le Montana (U.S.A.) et est envahi par Euphorbia esula. 12 parcelles (4 parcelles en triplicat) sont soumises à un moyen de lutte différent (herbivorie, herbicide, les deux, aucun). La superficie occupée par chaque espèce est estimée visuellement avant le traitement, puis 1 mois après, puis 1,2, 4 et 16 ans après. En plus de cette estimation ils mesurent la biomasse de E. esula et des herbacées.
Dicotylédones exotiques:
L’herbicide seul a eu un effet négatif sur les herbacées (sauf l'invasive E. esula) et les populations n’ont commencé à recoloniser que 4 ans après. Après 16 ans, le paysage était semblable à celui des parcelles non traitées (seule une espèce n’a pas reparu).
Dicotylédones natives:
3 herbacées suivent la même tendance, se régénérant complétement après 16 ans, 2 espèces ne se sont pas remise du traitement (présence réduite) après 16 ans et seule Androsace spp. n’est pas du tout affectée par l’herbicide.
On a au final au bout de 16 ans la disparition de 2 espèces natives et le maintien de l'espèce invasive E. esula et d'autres espèces exotiques.
Comme le disent les auteurs, si le moyen de contrôle des espèces invasives peut possiblement impacter négativement les espèces natives, mieux vaudrait-il ne pas le mettre en place.
Cet article traite d'un phénomène qu'il est important de comprendre dans le cadre de cette controverse, à savoir que l'impact d'un contrôle peut être plus néfaste pour les communautés natives que la présence de l'espèce à éliminer. L'étude est menée aux U.S.A. mais reste applicable aux écosystèmes insulaires
Dernière modification il y a plus de 8 ans.