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Titre de la review :

Revue: Le contrôle biologique du vecteur de la Malaria


Résumé de la review :

La malaria est une maladie infectieuse cause d'un grand nombre de décès. Elle est due au parasite, plasmodium, qui est transmis par les moustiques Anophèle. Une centaine d’espèce du genre Anophèle sont connues comme vecteurs de cette maladie cependant seulement trente à quarante d'entre elles causent la transmission du parasite couramment. C'est pour cela que plusieurs moyens de lutte ont déjà été utilisés :

  • lutte chimique spécifique pour cibler le stade larvaire
  • utilisation d'insecticide pour cibler le vecteur adulte Mais ces méthodes ont conduit à l'apparition de résistances et des études ont montré la toxicité de certains produits pour l'homme et d'autres espèces.

C'est pourquoi d'autres moyens de lutte ont été mis en oeuvre :

  • Champignon anthomopathogène : l'utilisation des spores fongiques est prometteuse, puisqu'il n'induit pas une aussi forte pression de sélection et se trouve être plus efficace que les insecticides. Les spores fongiques vont pouvoir agir directement sur le vecteur en le tuant, ou en perturbant leurs habitudes alimentaires, ou diminuant le taux de transmission et en réduisant le taux de survie du parasite. C'est une approche très spécifique, avec des effets environnementaux négligeables. L'utilisation de transgènes est proposée pour augmenter l'efficacité mais il existe d’importantes difficultés pour contrôler des pathogène modifié sur le terrain.

  • Agent bactérien : cette méthode est intéressante car les bactéries Bacillus turegiensis et B. sphaericus sont vu comme les larvicides les plus efficaces. Les moustiques du genre Anophèles sont plus sensibles que les ceux du genre Aedes ou Culex, même s’il existe des différences de sensibilité entre les espèces du genre Anophèle. De plus une utilisation de symbiotes est également suggérée pour la capacité de transmission verticale , en utilisant des souches qui régulent l'immunité du vecteur et réduisent leur espérance de vie.

  • Les poissons larvivores, ont été utilisés sur de nombreuses campagnes de lutte biologique avant les années 70. L'efficacité de ces poissons est très nettement supérieure à celle des agents chimiques et insecticides utilisés. De plus, un faible nombre de poisson suffit à réguler efficacement les larves, ils n'ont pas d'effets néfastes sur l'homme et son peu coûteux. Cependant ils ont des effets sur la faune, avec des disparitions d'espèces indigènes. Et deux points négatifs à ce moyen de lutte ressortent, le premier est que si la végétation est trop abondante, les larves sont moins facilement détectables ce qui réduit l'efficacité, et deuxièmement, d'autres larves sont aussi ciblés.

En dehors de ces moyens de lutte, d'autres comme l'utilisation de parasites, de virus ou de nématodes sont utilisés. Les parasites peuvent cibler le vecteur directement, et induire des résistances aux parasites. Cependant, ce gain de résistance entraîne une diminution de la survie du vecteur, dû au coût de la résistance. Les virus quant à eux sont utilisés pour leur capacité à être transmit verticalement et à pouvoir exprimer des gènes exogènes comme des toxines ou des protéines anti-paludiques. Et finalement les nématodes, dont 23 espèces sont retrouvées dans les larves, permettent une castration biologique et une persistance dans le lieu de reproduction.

Pour un même cas de contrôle biologique, on peut utiliser différents organismes pour lutter, qui vont agir à différents stades et avoir différentes conséquences.

Ce que cette review apporte au débat :

Cette revue met en avant que les échecs de certains cas de lutte venaient de variations environnementales, ou alors de caractéristiques comportementales non prévues. Mais que malgré cela, ces méthodes ne présentaient que des effets secondaires négligeables sur l'homme ou l’environnement.

Publiée il y a plus de 8 ans par E. Fleouter et R. Beugnon.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.