ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Titre de l'article :

Le potentiel de création d'habitats des fermes d'éoliennes marines


Introduction à l'article :

Les fermes d’éoliennes offshore suscitent des questions quant à leur impact sur l’environnement. Ces impacts ont besoin d’être anticipés à travers des modèles conçus au préalable. Il y a une hausse des constructions de fermes d'éoliennes offshore au nord-ouest de l'Europe. Surtout au niveau du Royaume-Uni, des Pays-Bas, de l’Allemagne et du Danemark. Il y a 3 raisons principales :

  • Réduire la dépendance énergétique
  • S'émanciper des énergies fossiles et transiter vers les énergies renouvelables
  • Se servir de l'énergie éolienne offshore la plus importante d'Europe Les projets de ferme d'éoliennes sont soumis à une réglementation stricte soumise par l'Union Européenne et sont étudiés scrupuleusement afin de déterminer leur impact sur l'environnement. Cet article traite de leur impact sur les habitats avant et après la construction.
Expériences de l'article :

Cette étude rassemble des informations recueillies au niveau des fermes d'éoliennes marines déjà existantes au Royaume-Uni. Elles sont complétées par des données des zones alentours. En terme de potentiel de création d'habitat et de stabilité de la structure, il est judicieux de se concentrer sur la partie immergée de la ferme d'éolienne. A l'heure actuelle la forme structurale la plus répandue est celle du pylône unique. C'est pourquoi les études se concentrent sur ce modèle. Il est également conseillé de s'intéresser aux rochers de protection qui stabilisent l'éolienne mais qui altèrent également les fonds mains et peuvent représenter un nouvel habitat. L'étude se base sur 3 types de protections:

  • Le gravier
  • Les rochers
  • La pose de frondes synthétiques Pour des raisons techniques et logistiques, les fermes d'éoliennes sont situées sur des zones de substrat léger.
Résultats de l'article :

Les résultats permettent de déterminer la surface potentiellement disponible pour être utilisée comme habitat. La surface serait de 97m² en tenant compte du diamètre moyen du pylône et de la profondeur moyenne des eaux. Chaque type de protection va donner un habitat naturel spécifique. Grâce aux frondes synthétiques, un plancher de végétaux peut émerger grâce à l'espace libéré et protégé par les câbles. Cette zone peut servir d'habitat à de nombreuses espèces dont des espèces menacées (hippocampes), mais également de nurserie pour de nombreux poissons en plus de les nourrir et de les protéger. Grâce aux rochers, la zone sera colonisée par des bernacles, des vers tubicoles et des tuniciers.Cela va ensuite attirer des crustacés et des poissons de récifs ce qui augmentera la biodiversité. Les graviers de protection correspondent potentiellement à la technique la moins intéressante car la biodiversité sera moins importante et sera très variable selon les saisons.

Rigueur de l'article :

L'article se base sur des observations effectuées sur des fermes d'éoliennes déjà établies depuis quelques temps ce qui permet d'avoir un aperçu à court-terme. Leurs sources sont fiables et cohérentes. Les auteurs précisent que ce ne sont que des estimations à court-terme et qu'il faudra plus de temps pour avoir une idée plus précise.

Ce que cet article apporte au débat :

L'article nous donne des informations sur l'aspect potentiellement bénéfique de la construction de fermes d'éoliennes marines sur la biodiversité. On apprend notamment que les différentes protections utilisées ont un impact positif sur différentes espèces. Les auteurs proposent également des méthodes alternatives afin d'augmenter la biodiversité. Notamment de réduire la zone perturbée pour augmenter la complexité de la biodiversité en son sein. Une autre façon serait d'adapter la structure de la fondation à l'habitat naturel déjà présent afin de préserver la biodiversité présente et de l'augmenter par l'ajout d'un pylône. Il est également conseillé d'utiliser des matériaux alternatifs comme des blocs artificiels (dolos) ou des tétrapodes pour absorber l'énergie des courants et s'assembler au fil du temps afin d'obtenir une structure optimale. L'usage de ces matériaux augmente la surface disponible pour la colonisation.

Remarques sur l'article :

Cet article propose un regard intéressant sur les différents types de biodiversité que l'on peut obtenir. Il se démarque en proposant des solutions en faveurs de ceux-ci. Toutefois, la plupart des conclusions ont été tirées grâce à des informations provenant d'études qui sont encore à des stades précoces. Il faudra attendre plus de temps pour avoir une idée précise de l'impact des éoliennes. Il sera également nécessaire d'effectuer les mêmes études sur les autres types d'éoliennes marines.

Publiée il y a plus de 8 ans par J. Augier et S. Rigal.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.