ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Titre de l'article :

Les plantes invasives ont un impact sur les communautés natives différent de celui des espèces natives


Figure :

La Fig. 2 montre l'impact de la suppression (gris) ou du maintient (blanc) des sp. cibles sur la biomasse des communautés natives (expérience 1)
La Fig. 3 montre l'impact moyen du CA sur la biomasse des communautés natives mise en contact avec des sp. invasives (blanc), natives dominantes (gris) ou natives (noir). (expérience 2).
La Tab. S1 récapitule le design expérimental de l'expérience 1.
La Tab. S2 récapitule le design expérimental (partiel car on ne montre pas les herbacées) de l'expérience 2.
Les figures sont issues de l'article principal, les tables des données supplémentaires.

Introduction à l'article :

Les plantes invasives sont reconnues pour avoir un impact négatif sur les espèces, communautés et écosystèmes natifs. La compétition pour l’accès à la ressource est l’explication la plus souvent invoquée mais n'est pas toujours vérifiée et on se demande si cet impact serait une conséquence (1) d’une plus grande biomasse ou densité d’espèces invasives (compétition), (2) de l’apparition de nouveaux traits fonctionnels avantageux, (3) de ces deux phénomènes (4) d'autres phénomènes (allélopathie, mutualisme).
Dans cette étude, on compare la compétitivité des espèces exotiques invasives avec deux groupes différents : les espèces natives en général et un sous-set d’espèces natives dominantes.
Est-ce que l’impact des plantes invasive sur leur voisinage natif diffère de celui des plantes natives dominantes? Est-ce que l’impact des plantes invasives sur les plantes natives est dû à une compétition pour la ressource ou à un autre mécanisme comme l’allélopathie ?

Expériences de l'article :

Suppression de la biomasse: On étudie 4 espèces cibles: 2 sp. invasives et 2 sp. natives dominantes (Tab. S1). On a 8 sites d’étude (2 par espèces cibles) dans lesquels on a 10 paires de plots où est présente la flore locale et une densité croissante de l’sp. cible, de la paire 1 (1 individu) à la 10 (densité maximale). Dans une paire, le premier plot est soumis à une suppression de biomasse, pas le deuxième. A travers cette expérience on souhaite voir l’impact de la biomasse invasive/dominante sur la biomasse native/.
Suppression de traits: On a 24 plots où on étudie le taux de croissance relatif de 3 herbacées natives (Arrhenatherum elatius, Festuca valesiaca, Koeleria pyramidata) qui sont mises en contact avec soit : une sp. invasive, une sp. dominante ou une sp. native. Dans un même plot, on essaie d’avoir un même genre,famille ou ordre pour avoir une interprétation des résultats plus fiable (Tab. S2). Chacun des 24 plots est dupliqué: dans l'un on ajoute du charbon actif (CA) et pas dans l'autre.

Résultats de l'article :

Suppression de la biomasse: Dans les plots de contrôle (sans suppression) la biomasse des sp. invasives est plus élevée que celle des sp. natives. Supprimer les sp. invasives n'a pas eu d'impact significatif sur la biomasse de la végétation native alors que la suppression des sp. natives dominantes donnée lieu à une augmentation significative de cette biomasse (Fig. 2).
Suppression de traits: En absence de CA, le taux de croissance relatif des sp. invasive est plus fort que celui des sp. natives. Le CA neutralise l'allélopathie et l'impact des sp. invasives sur les communautés natives diminuant fortement en présence de CA laisse penser que leur impact est dû à de l'allélopathie (Fig. 3).

L'étude suggère que les sp. natives cibles et les communautés natives sont en compétition pour les ressources. Les interactions avec les sp. invasives ne seraient pas dues au même mécanisme mais à de l'allélopathie.

Rigueur de l'article :

Les espèces utilisées dans la deuxième expérience ne sont pas les mêmes que celles de la première, peut-on alors lier et interpréter les résultats de façon fiable?
La normalité des résidus dans les analyses statistiques est définie en se fiant à des QQ-plots qui même si ils sont fiables ne remplacent théoriquement pas les tests statistiques prévus pour.
On n'explique pas dans l'article l'effet du charbon actif sur les plantes, ce que l'on s'attend à observer avec son ajout.

Ce que cet article apporte au débat :

Cet article ne répond pas directement à la question posée par notre sujet mais elle permet de se rendre compte de la nécessité (dans certains écosystèmes) d'éliminer les espèces invasives qui impactent considérablement les communautés natives. Il est aussi intéressant de voir qu'une espèce native dominante peut avoir un impact très fort sur les communautés environnantes et que la distinction entre espèces dominantes et invasives n'est pas si évidente d'un point de vue fonctionnel.

Remarques sur l'article :

Les méthodes mises en place sont assez mal expliquées à mon sens et se référer aux données supplémentaires est nécessaire pour comprendre ce qui a été fait au cours de l'étude.

Publiée il y a plus de 8 ans par F. Lachery.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.