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Réponses différentielles des populations de rongeurs indigènes et exotiques à un prédateur invasif, altération de l'habitat.
Figure :
Possible structure trophique de la petite mangouste indienne, du rat épineux Amami, du rat à poils longs Ryukyu et du rat noir sur l'île d'Amami.
Les flèches unidirectionnelle (noires) et bidirectionnelle (grises) indique respectivement les interactions proie-prédateur et de compétition.
Introduction à l'article :
Des études théoriques ont indiqué que l'éradication des prédateurs non indigènes aboutit à l'apparition de proies non indigènes et induit des déclins sévères dans les populations de proies natives (si les proies non indigènes sont soit des compétiteurs supérieurs, soit des mésopréateurs de la proie native). Il n'y a peu ou pas d'études empiriques démontrant le résultat de l'éradication des prédateurs.
Objectif : Examiner un système prédateur-proie multiple de 2002 à 2010.
Prédateur invasif opportuniste: la petite mangouste indienne, Herpestes auropunctatus (en cours d'éradication)
Proies omnivores: le rat noir (Rattus rattus) non indigène et de 2 espèces endémiques : le rat épineux Amami (Tokudaia osimensis) et le rat à poil long Ryukyu (Diplothrix legata)
Le rat noir est associé au déclin ou à l'extinction d'autres espèces le plus souvent natives (oiseaux, reptiles etc...).
Lieu: île d'Amami, au sud du Japon au climat subtropical.
Expériences de l'article :
Les mangoustes indiennes ont été introduites en 1979 et en 1993 un projet de contrôle a été décidé. En 2000, le ministère de l'environnement du Japon a mis en place un programme d'extermination par capture à l'aide de pièges.
Les rats endémiques de l'île d'Amami sont forestiers contrairement aux rats noirs qui sont assez anthropophiles. Durant la surveillance de l'étude (2004 - 2005), il y a eu une raréfaction des noix de _Castanopsis sieboldii_, arbres dominants du paysage de l'île et principale source de nourriture des rats en hiver. Les rats natifs ont une fécondité plus faible que celle du rat noir.
Les prises accessoires de rats natifs et d'espèces exotiques surviennent accidentellement, et ces données ont été utilisées pour estimer les abondances relatives des espèces de rats. Tous les rats (natifs ou non) ont été relachés.
Des modèles ont été réalisé à partir de l'approche Bayesienne.
Résultats de l'article :
Fukasawa et al. ont estimé la population de mangoustes à 6 141 individus en 2000 et 196 en 2011.
L'altération de l'habitat a affecté positivement le rat noir alors qu'un effet négatif est ressenti chez les 2 espèces de rats indigènes.
Les populations de rats endémiques augmentent avec l'éradication des mangoustes, contrairement aux populations de rat noir. En effet, de part sa niche écologique, le rat noir n'était que très peu impacté par la présence des mangoustes.
Collecte 2002 - 2010 : 6056 rats noir, 1320 rats épineux Amami et 177 rats à poils longs Ryukyu.
Lors d'éradications d'espèces invasives, la surveillance de ces espèces mais aussi des autres espèces indigènes et non indigènes est essentielle pour évaluer le rétablissement de l'écosystème. Cette étude montre qu'il est possible d'estimer, d'après des données de surveillance, la force des interactions interspécifiques et des facteurs extrinsèques. C'est une des clés de la réussite dans la gestion de l'environnement.
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article s'intéresse à l'impact de l'éradication d'une espèce invasive sur un "écosystème", contrairement à beaucoup d'articles jusqu'ici.
Il n'est donc ni pour ni contre l'éradication mais plus pour un contrôle des populations d'espèces dites nuisibles ou invasives. En effet, éradiquer une espèce invasive, peut bien évidemment permettre l'amélioration des populations touchées, mais également cela peut permettre l'invasion d'une autre espèce invasive.
C'est dans le but d'éviter cela qu'il est nécessaire de mettre en place des programmes de gestion.
Réponses différentielles des populations de rongeurs indigènes et exotiques à un prédateur invasif, altération de l'habitat.
Possible structure trophique de la petite mangouste indienne, du rat épineux Amami, du rat à poils longs Ryukyu et du rat noir sur l'île d'Amami.
Les flèches unidirectionnelle (noires) et bidirectionnelle (grises) indique respectivement les interactions proie-prédateur et de compétition.
Des études théoriques ont indiqué que l'éradication des prédateurs non indigènes aboutit à l'apparition de proies non indigènes et induit des déclins sévères dans les populations de proies natives (si les proies non indigènes sont soit des compétiteurs supérieurs, soit des mésopréateurs de la proie native). Il n'y a peu ou pas d'études empiriques démontrant le résultat de l'éradication des prédateurs.
Objectif : Examiner un système prédateur-proie multiple de 2002 à 2010.
Prédateur invasif opportuniste: la petite mangouste indienne, Herpestes auropunctatus (en cours d'éradication)
Proies omnivores: le rat noir (Rattus rattus) non indigène et de 2 espèces endémiques : le rat épineux Amami (Tokudaia osimensis) et le rat à poil long Ryukyu (Diplothrix legata)
Le rat noir est associé au déclin ou à l'extinction d'autres espèces le plus souvent natives (oiseaux, reptiles etc...).
Lieu: île d'Amami, au sud du Japon au climat subtropical.
Fukasawa et al. ont estimé la population de mangoustes à 6 141 individus en 2000 et 196 en 2011.
L'altération de l'habitat a affecté positivement le rat noir alors qu'un effet négatif est ressenti chez les 2 espèces de rats indigènes.
Les populations de rats endémiques augmentent avec l'éradication des mangoustes, contrairement aux populations de rat noir. En effet, de part sa niche écologique, le rat noir n'était que très peu impacté par la présence des mangoustes.
Collecte 2002 - 2010 : 6056 rats noir, 1320 rats épineux Amami et 177 rats à poils longs Ryukyu.
Lors d'éradications d'espèces invasives, la surveillance de ces espèces mais aussi des autres espèces indigènes et non indigènes est essentielle pour évaluer le rétablissement de l'écosystème. Cette étude montre qu'il est possible d'estimer, d'après des données de surveillance, la force des interactions interspécifiques et des facteurs extrinsèques. C'est une des clés de la réussite dans la gestion de l'environnement.
Cet article s'intéresse à l'impact de l'éradication d'une espèce invasive sur un "écosystème", contrairement à beaucoup d'articles jusqu'ici.
Il n'est donc ni pour ni contre l'éradication mais plus pour un contrôle des populations d'espèces dites nuisibles ou invasives. En effet, éradiquer une espèce invasive, peut bien évidemment permettre l'amélioration des populations touchées, mais également cela peut permettre l'invasion d'une autre espèce invasive.
C'est dans le but d'éviter cela qu'il est nécessaire de mettre en place des programmes de gestion.
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